Dans la nuit du 16 au 17 février, vers 3h du matin, le kebab Hünkar, situé à Alès, dans le quartier de Tamaris, a été la cible d’un incendie volontaire. Les images de vidéosurveillance, partiellement récupérées, montrent deux individus en train de déverser un produit inflammable à l’intérieur du local. L'un d'entre eux, pressé de tout embrasé, allume le feu alors que son complice se trouve encore à l'intérieur du local. Ce dernier sort, les chaussures en feu, en insultant son partenaire de crime. Le sinistre a été maîtrisé par les pompiers, arrivés rapidement sur place, mais le commerce, ouvert depuis seulement deux ans, est totalement détruit.
Le gérant, Recep Guven, sous le choc, raconte une nuit de terreur : « Ils sont venus à 3 heures du matin, ils ont d’abord essayé de forcer la porte avec un tournevis, puis avec une masse pour briser la vitre. Comme ils n’y arrivaient pas, ils ont caillassé les lieux. Ensuite, ils ont mis le feu en versant de l’essence partout. » Le week-end d'avant, les malfaiteurs avaient déjà tenté d’incendier sa voiture, mais sans réussite : ils ont finalement décidé de brûler sa poubelle devant son domicile.
Des menaces mafieuses et une extorsion de 50 000 €
Depuis plusieurs semaines, la famille du gérant subit des menaces explicites. Des nouveaux messages de menaces ont été envoyés au lendemain de l'incendie : « On va brûler ta maison, et chaque jour, on va égorger quelqu’un. » Ces messages, envoyés notamment via Snapchat à son fils, s’accompagnent d’une demande de rançon de 50 000 €. « Où je trouve une telle somme ? Ils disent que c'est la DZ Mafia, mais on sait pas qui c'est exactement », s’indigne le propriétaire, qui se dit abandonné par les autorités : « On a porté plainte, on a tout expliqué, mais personne ne fait rien pour le moment. Maintenant, on veut plus dormir chez nous, cette nuit on a loué une maison mais ce soir je ne sais pas comment on va faire, on n’ose plus rentrer chez nous. »
Le parquet d’Alès confirme avoir pris très au sérieux ces menaces et assure que l’enquête, menée en collaboration avec la police, est en cours pour identifier les auteurs. Les images des caméras de surveillance pourraient fournir des pistes.
Un commerce en cendres
Le kebab Hünkar, entièrement équipé de matériel neuf, représente un investissement de 250 000 €, selon le gérant. « Tout est parti en fumée. On ne sait même pas comment on va rebondir », confie-t-il, désespéré. Les assurances vont venir évaluer les dégâts, mais la peur persiste : « On vit dans l’angoisse. »