Ce mardi soir, quatre des six candidats à l'élection municipale arlésienne étaient sur le plateau d'Objectif Gard & Arles pour le premier débat des municipales arlésiennes. Autour de la table, Jean-Michel Jalabert, Nicolas Koukas, Jecilla Regad et Anne Testut ont débattu pendant plus d'une heure autour des thèmes de la sécurité, du développement économique, du pouvoir d'achat et de la propreté.
Patrick de Carolis, entre réunions publiques et démission fracassante
Absent de ce débat, Patrick de Carolis. Le maire a enchaîné les réunions à bon rythme ces derniers jours. À Mas-Thibert, Griffeuille, Trébon, Salin-de-Giraud... Patrick de Carolis, à l'image de ses adversaires, ne chôme pas. À Barriol, vendredi soir, il est rapidement revenu sur les réalisations de son mandat, développant davantage ses ambitions pour un deuxième, "celui des grands projets". À ses côtés, Eric Souque, mais aussi Mandy Graillon et Cyril Juglaret, "le Département et la Région seront les deux bras armés du deuxième mandat", a lâché Patrick de Carolis. Car, a-t-il ajouté "l'avenir sera économique ou ne sera pas". Il a ainsi présenté les grandes lignes de son programme en termes de sécurité, de santé, pour la jeunesse et les écoles, et bien évidemment l'économie. Et, il est revenu sur le grand chantier de rénovation urbaine qui devrait transformer Barriol. Un chantier "compliqué". "Mais le quartier, dans quelques années, sera un lieu paradisiaque", a déclaré Patrick de Carolis.
Le lendemain, samedi, le maire sortant organisait son désormais apéro thématique. Cette fois-ci sur le thème de la Culture, des Traditions et du Patrimoine. Grande absente, son adjointe au patrimoine, Sophie Aspord. Laquelle avait appris la veille qu'elle ne serait pas reconduite sur la liste de Patrick de Carolis. "Alors qu'il me l'avait assuré lors de la cérémonie des voeux de Pont-de-Crau (le 12 janvier dernier, Ndlr)", affirme l'ex-adjointe qui, dans la foulée de cette annonce, a démissionné. "La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est quand Patrick de Carolis a avancé l'idée d'acheter mon silence, accuse-t-elle. Cela m'a mis hors de moi, je suis quelqu'un de droit, je n'accepte pas ces méthodes, ce ne sont pas mes valeurs. J'avais confiance en lui, mais il n'est pas loyal, il m'a trahi." "Abordée par plusieurs personnes", elle l'assure : "je vais rester sur la scène politique". Et Sophie Aspord d'ajouter : "Au regard de mon travail, de mon engagement, des chantiers que j'ai mis en route, j'estime que le maire a bien caché son jeu avec moi, comme il cache son jeu aux Arlésiens." Les mots sont durs. Reste encore à savoir quel impact aura cette nouvelle démission sur la campagne de Patrick de Carolis.
À relire : Sophie Aspord, adjointe démissionnaire, égratigne sérieusement Patrick de Carolis
Ce dernier s'est expliqué, via un communiqué, sur son "choix de ne pas reconduire Mme Sophie Aspord au sein de l’équipe municipale pour le prochain mandat". Sans remettre en cause l'engagement de son adjointe durant ces six années, le maire sortant évoque "des difficultés dans les méthodes de travail et dans la conduite de la concertation avec les habitants et les acteurs locaux, notamment sur les demandes d’urbanisme et de permis de construire. De nombreuses remarques et plaintes d’habitants m’ont été remontées, indique-t-il. Or, la capacité à associer, à dialoguer et à construire collectivement est, à mes yeux, un élément essentiel de l’action municipale. Ces considérations ont naturellement pesé dans ma décision de ne pas la reconduire."
Réunions publiques d'Arles au coeur : jeudi 19 février, 18h30, Raphèle (salle Gérard-Philipe). Vendredi 20 février, 18h30, présentation de la liste et du programme, au Patio de Camargue. Dimanche 22 février, 16h, Albaron (école primaire). Lundi 23, 18h30, au local de campagne. Mardi 24, 18h30, Sambuc (salle polyvalente).
Christian Pancioni rejoint la liste de Nicolas Koukas
L'ancien entraîneur adjoint de l'AC Arles du temps de la Ligue 1, Christian Pancioni, 58 ans, employé chez Auchan, délégué syndicat et représentant national au niveau de la grande distribution, sera en charge d'une délégation délicate en cas de victoire de la liste "L'Union pour Arles" : celle de la propreté. Lui est un aguerri au dialogue social. La concertation, il connait bien.
"La propreté, c'est l'un des principaux sujets qui revient à chaque réunion publique", admet Nicolas Koukas. Qui fut lui-même à cette fonction il y a quelques années. "La propreté c'est le devoir d'un maire. Aujourd'hui, malgré les annonces faites il y a six ans, cette question est toujours présente. Dans toutes les rues, on voit les marques de l'échec de ce mandat", a-t-il lancé à l'encontre du maire sortant lors d'une conférence de presse thématique vendredi matin.
Parmi les mesures phares annoncées à cette occasion, la création d’une brigade anti-graffiti qui permettra d’effacer les tags sous 48 heures. "Les rues seront nettoyées toute l’année grâce à des poubelles vidées régulièrement et des opérations coup de poing mensuelles pour cibler les zones critiques. Une attention particulière sera portée aux points noirs de collecte, notamment pour les restaurateurs, et un plan 'poubelles de rues' sera lancé, incluant des éteignoirs à mégots et leur recyclage." Pour lutter contre les dépôts sauvages, Nicolas Koukas veut fixer un délai de 48 heures pour leur retrait, assorti de sanctions dissuasives. Et le candidat d'insister sur la mise en place d'un plan de nettoyage équitable pour chaque quartier et village, avec un passage quotidien aux abords des écoles et un renforcement des équipes de nettoyage. "Les Arlésiens pourront signaler les problèmes via une application mobile et un numéro unique, avec une intervention garantie sous 48 heures." Enfin, le programme de L'Union pour Arles veut encourager la participation citoyenne avec des composteurs collectifs, des conteneurs de tri pour chaque habitation, et des campagnes de sensibilisation. Prévoyant, par souci de transparence et d'efficacité, l'intervention d'un conseil d’évaluation indépendant pour suivre la mise en œuvre de ces mesures et publier des rapports réguliers.
Réunions publiques de L'Union pour Arles : jeudi 19 février, 18h30, Mouleyres (école). Samedi 21 février, 11h30, présentation publique du programme au local de campagne. 17h30, Saliers (salle polyvalente). Lundi 23 février, 18h30, Plan du Bourg (école Louis-Aragon). Mardi 24 février, 18h30, Gimeaux (école).
Le nouveau communalisme au coeur du programme de la liste "Arles populaire, digne et solidaire"
Jeudi soir, la liste "Arles populaire, digne et solidaire" a été audacieuse. Emmenée par Jecilla Regad (LFI), elle proposait ce soir-là une réunion thématique autour du "communalisme" en présence d'Allan Popelard, co-auteur de Pour un nouveau communalisme. Terme plutôt méconnu mais qui a suscité un certain intérêt, puisque son questionnement a réuni plus d'une centaine de personnes en salle Jean et Pons Dedieu. Ce concept qui vise à redonner le pouvoir aux citoyens et à organiser la vie locale de manière collective et participative est au centre du projet de la liste Arles populaire, digne et solidaire. "Notre programme est un programme de rupture, nous prônons un changement dans les pratiques, lance Jecilla Regad. Le mépris de classe doit cesser."
La candidate, ainsi que deux de ses colistiers (Aïcha Karim et Patrick Gianfaldoni), ont profité de l'occasion pour avancer quelques propositions du programme. Dans leur viseur, entre autres, les privilèges et la corruption -- "nous nous engageons sur la signature de la charte Anticor pour tous les élus ainsi que la publication de la déclaration de patrimoine du maire" ou bien encore la vision austéritaire, "qui restreint la capacité d'actions des communes". La liste emmenée par Jecilla Regad souhaite ainsi aller chercher des financements européens -- "non exploités par De Carolis" --, mais surtout de nouvelles recettes municipales avec une compensation à 100% de la taxe d'habitation, et l'augmentation de la dotation globale de fonctionnement, quitte "à mener des actions de désobéissance civile si besoin". Au programme aussi : un audit de la dette communale et intercommunale "pour dénoncer les emprunts toxiques", la création de commissions citoyennes pouvant être saisies à des moments-clés du mandat, la suppression des avantages des élus -- "voiture et chauffeur notamment" --, la mise en place des RIC (référendum d'initiative citoyenne) "en rupture avec la fausse culture de la démocratie participative" mais aussi la possibilité de référendum révocatoire. Le message : aucun élu n'est intouchable. "Cette surveillance fait obligation. Les élus sont là pour l'intérêt de tous !"
Prochaines réunions de la liste "Arles populaire, digne et solidaire" : samedi 21 au Mas Clairanne (Trébon) à 15h et dimanche 22 février à l'école Jean-Buon (Roquette) à 15h également, la liste "Arles populaire, digne et solidaire" tiendra des réunions publiques sur le thème de la lutte contre le logement indigne et la gentrification.
Jean-Michel Jalabert à la rencontre des agents
Du centre-ville à Mas-Thibert, en passant par Salin, Sambuc ou bien encore Saliers, la J'Mobile -- permanence mobile du candidat Jean-Michel Jalabert, a continué à silloner les routes de la plus grande commune de France cette semaine. Mardi matin, c'est sans son van rouge qu'il est allé à la rencontre des agents municipaux. La gestion des ressources humaines au sein de la ville est un vrai sujet de campagne. Jean-Michel Jalabert a profité d'une rencontre avec le syndicat UNSA pour dresser un bilan sévère "des dérives observées ces dernières années" -- et "qui ont contribué à son propre départ" -- tout en proposant une feuille de route pour redresser la situation. La méthode Jalabert ? "Elle est fondée sur le dialogue régulier avec les agents, la concertation avec les organisations syndicales et une approche responsable des enjeux de ressources humaines au sein de la collectivité", dixit le candidat.
Prochaines réunions publiques de "Plus proche d'Arles" : Dimanche 22 février à 17h, Semestres / Plan du Bourg – École Louis Aragon. Lundi 23 février à 18h30, salle polyvalente de Saliers. Mardi 24 février à 18h30, Moulès – Salle polyvalente.