Fondée en 1925 par 40 paysans déterminés à maîtriser leur destin, la coopérative a su traverser les crises et se réinventer, génération après génération. « Nous fêtons ce soir 100 ans d’amour, de valeurs et de terroir », a souligné Romain Rigon, président de Piémont Causses et Cévennes, devant une assemblée émue. Aujourd’hui, ce sont 267 vignerons et 25 collaborateurs qui perpétuent cette aventure collective, sur un territoire s’étendant du Gard à l’Hérault, des Causses aux Cévennes.
Un siècle d’histoire coopérative
Romain Rigon a rappelé les défis actuels de la filière viticole : « Nous sommes confrontés à des facteurs multiples qui dégradent l’avenir de nos exploitations. » Malgré ces difficultés, il a insisté sur la nécessité de rester unis et innovants, citant la diversification des revenus, l’accompagnement des jeunes vignerons et la qualité des produits comme piliers de la coopérative. « Seul, on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin », a-t-il résumé, reprenant un proverbe cher aux coopérateurs.
Christophe Rivenq, maire d’Alès et président d’Alès Agglomération, a salué « la force de la terre et la passion des vignerons », tout en alertant sur les menaces pesant sur la viticulture : « Si demain, ce produit n’est plus mis en avant, il y aura des conséquences dramatiques pour les familles et les territoires. » Il a réaffirmé le soutien des élus locaux et la volonté de promouvoir le vin comme élément clé de l’identité cévenole.
Laurent Durif, directeur général, a rappelé les chiffres clés de la coopérative : 2 400 hectares de vignes, 15 millions de litres produits chaque année, et une démarche RSE engagée depuis 2014. Il a aussi annoncé l’ouverture d’une quatrième boutique, à Vilavigne, sur Alès, au 436 Impasse de Saint-Alban.
Le rugby et la coopération : un parallèle inspirant
La soirée a également mis à l’honneur les valeurs du sport collectif, avec l’intervention de Laurent Labit, actuel manager de l’USAP et ancien champion de France en tant que joueur puis entraîneur. « Le rugby et la vigne partagent les mêmes valeurs : l’engagement, la solidarité et la transmission », a-t-il expliqué, soulignant l’importance du collectif et de la remise en question permanente pour assurer la durabilité de la performance. « Si la cave est là après 100 ans, c’est qu’il y a de très belles choses et de très bonnes personnes », a-t-il ajouté, encourageant les vignerons à poursuivre sur cette voie.
La remise des maillots de rugby aux membres du conseil d’administration, du comité de direction et aux anciens présidents a symbolisé l’unité et la cohésion de la coopérative. « Ce maillot, c’est notre équipe, nos valeurs et notre engagement », a expliqué le présentateur, avant de lancer la projection du film.
Un court-métrage pour célébrer la transmission
La projection du court-métrage « Le Bazar de mon Père », réalisé par Luc Plissonneau, a marqué un temps fort de la soirée. Tourné au cœur des Cévennes, ce film raconte l’histoire de Thomas, déchiré entre l’héritage familial et sa liberté. « Ce film incarne la richesse viticole et humaine de notre territoire », a expliqué le réalisateur, qui a salué l’énergie collective ayant permis sa réalisation. Avec plus de 50 vignerons en figuration et une équipe de 25 personnes, le film est le fruit d’une collaboration étroite entre la coopérative, l’agglomération d’Alès, le Conseil départemental du Gard et la région Occitanie.