À l’occasion de l’écriture de son nouveau projet scientifique et culturel, le musée Réattu à Arles a pris le temps de réfléchir à ce qui fait son identité propre, aux forces et aux lacunes de ses collections, aux perspectives qu’il va tracer pour les années à venir. Il propose depuis le 6 décembre et jusqu'au 29 mars, une nouvelle exposition "Réattu réinventé" avec cinq grands axes.
Réinventer l'accrochage
Des questions stratégiques se sont alors posées : quelle trame adopter pour le parcours permanent ? Quelles orientations prendre pour les futures acquisitions et les restaurations ? Quels sujets aborder pour les prochaines expositions ? Et, surtout, quel rôle le musée doit-il jouer dans l’écosystème culturel et artistique arlésien, toujours plus riche et varié ? Privilégiant toujours l’approche expérimentale, le musée se réinvente donc aujourd’hui sous la forme d’un accrochage spécial qui vient réaffirmer, en près de 100 artistes et 300 œuvres, son statut de musée d’art de la Ville d’Arles, sensible à son héritage patrimonial tout en restant ouvert à toutes les formes de création artistique.
Le nouveau parcours ne suit plus une trajectoire chronologique allant de l’art ancien à l’art contemporain, mais une logique thématique, nourrie par le dialogue entre les époques et embrassant pleinement la diversité des collections, les genres artistiques et les imaginaires. Au fil des salles, 5 thèmes se déploient successivement : l’Histoire, le Portrait, le Corps, le Paysage, l’Image. Dans un mouvement de va-et-vient permanent, la collection d’art ancien, représentante d’une tradition académique qui privilégie l’Histoire comme sujet, trouve des résonances dans la collection photographique, d’art vidéo ou sonore, tandis que la collection d’art moderne et contemporain, composée d’œuvres d’artistes ayant participé à contester cet académisme pour promouvoir de nouvelles manières de représenter et de créer, retisse des liens avec les œuvres du passé, qui deviennent de véritables sujets de recherche pour les artistes d’aujourd’hui. Régulièrement, un emprunt ou une acquisition récente vient s’insérer dans le parcours et faire écho aux œuvres emblématiques des collections, à l’image de la nymphe éprise de Narcisse se mirant dans les eaux de la fontaine Liriope, sujet de l’ultime grand tableau de Jacques Réattu, tout juste restauré, qui sera dévoilé pour la première fois au public depuis plus de 80 ans.
Les grandes thématiques
Revisiter l’Histoire cette section s’intéresse donc à la manière dont les artistes, du XVIIIᵉ siècle à nos jours, illustrent ces histoires, mettent en scène ces personnages réels ou fictifs, ces épisodes historiques ou ces récits mythologiques, et usent du pouvoir de l’allégorie pour traduire des idées, des valeurs et des concepts en image, à des fins d’éducation, de discours politique ou d’ornementation.
Réfléchir le Portrait : cette section traverse donc l’histoire du portrait du XVIIᵉ siècle à nos jours, dans toutes ses variations et subtilités : portrait individuel ou de groupe, intime ou officiel, réaliste ou fictionnel.
Représenter le Corps : cette troisième section illustre ainsi l’omniprésence dans les collections du corps comme objet de représentation : viril et conforme aux canons antiques dans les nus de Réattu ; tout en courbes et sensualité lorsqu’il s’agit de représenter Bethsabée ou des odalisques ; torturé, décharné, comme dans la figure du Christ en croix ou du Griffu de Germaine Richier ; enfin absent, parabolique, comme dans le genre de la vanité, où le corps tend à être remplacé par des objets symboliques – miroirs, crânes, fruits gâtés – venant exprimer notre finitude.
Réinventer le Paysage : dans le fonds ancien du musée, les paysages se rattachent à deux traditions picturales : d’un côté, celle des paysages composés en atelier, représentant des environnements fictionnel servant à mettre en scène des personnages dans leurs activités quotidiennes ou aux prises avec les forces de la nature (tempêtes, naufrages) ; de l’autre côté, des « vues » s’attachant à représenter des environnements identifiables qui sont encore le plus souvent réalisés en atelier, à partir de croquis pris sur le motif.
Repenser les Images : le musée Réattu est le premier musée d’art en France à avoir créé un département consacré à la photographie, en 1965, grâce à des dons concédés par les plus grands photographes. Pour ce nouvel accrochage, c’est une sélection d’images revendiquant une approche expérimentale ou conceptuelle de la photographie qui est présentée.
Plus d'informations sur le site du musée d'Arles.
Informations pratiques
Dates : Du 1er mars au 31 octobre : 10h-18h et du 2 novembre au 28 février : 10h-17h
Ouvertures : Ouvert du mardi au dimanche. Fermé le lundi. Fermé : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre.
Tarifs : Plein : 8 €/ Réduit : 6 €
Arlésiens : gratuit (gratuités et réductions sur justificatif