Sous un ciel ensoleillé du "toit du Gard", élus, représentants de l'État et acteurs du territoire se sont retrouvés au sommet du mont Aigoual pour célébrer deux événements qui témoignent du dynamisme du massif cévenol.
La matinée a débuté devant la sculpture monumentale réalisée par l'artiste gardois Bernard Amasse. Installée depuis août 2024, l'œuvre immortalise l'arrivée de la 6e étape du Tour de France 2020, remportée par le Kazakh Alexey Lutsenko, une première historique au sommet de l'Aigoual.
Une sculpture née de deux années de travail
Réalisée dans un imposant bloc rocheux de trois tonnes, la stèle n'a pas été un long fleuve tranquille pour son créateur. « Cela a été une belle aventure qui a duré deux ans, avec des hauts et des bas », raconte Bernard Amasse. Le premier rocher sélectionné s'étant brisé, l'artiste a dû revoir entièrement sa copie avant de donner naissance à cette œuvre représentant à la fois un vélo et le tracé de l'étape historique. « Je remercie tous ceux qui m'ont aidé, les élus et les personnes qui ont participé à ce projet », a-t-il confié, ému, devant les nombreux invités.
Pour Michel Monnot, 1ᵉʳ vice-président au Tourisme et cinquième adjoint de Val-d'Aigoual, cette sculpture est aussi le symbole d'une ambition plus large. « Le Tour de France a marqué l'intérêt de venir pratiquer le vélo dans notre région. Nous voulons être une destination vélo », rappelle-t-il, évoquant le développement des circuits cyclables reliant les villages des Cévennes, de la Lozère, du Gard et de l'Hérault.
Un héritage durable du Tour de France
Président de la Communauté de communes Causses Aigoual Cévennes, Christophe Boisson est revenu sur les retombées de l'événement sportif. Depuis le passage du Tour, le nombre de cyclistes gravissant le mont Aigoual a sensiblement augmenté.
« Cette sculpture est déjà devenue un point de rencontre privilégié des cyclistes qui s'y photographient pour immortaliser leur ascension », souligne-t-il.
Le président de la Communauté de communes du Pays Viganais et conseiller régional, Régis Bayle, a rappelé le travail de longue haleine nécessaire pour convaincre les organisateurs du Tour de France de retenir le mont Aigoual comme arrivée d'étape. Un lobbying mené auprès de la présidente de Région Carole Delga et de Christian Prudhomme, directeur du Tour, qui a fini par porter ses fruits.
Il n'exclut d'ailleurs pas un retour de la Grande Boucle dans les Cévennes. « Quand on voit les retombées que cela peut avoir, c'est quand même intéressant », glisse-t-il, tout en rappelant l'investissement financier et organisationnel que représente un tel événement.
Une première étoile Michelin pour le Climatographe
Quelques centaines de mètres plus loin, place à un autre motif de satisfaction : la première étoile décernée au Climatographe du mont Aigoual par le Guide Michelin Voyages & Cultures.
Ouvert en juillet 2023 dans l'ancien observatoire météorologique, ce lieu immersif consacré au climat et au changement climatique a été récompensé parmi les 149 sites touristiques français distingués cette année.
« Cette distinction signifie que notre site vaut la visite », rappelle Christophe Boisson. Le Guide Michelin évalue les destinations selon neuf critères, parmi lesquels la qualité de l'accueil, la richesse patrimoniale, l'authenticité ou encore l'expérience de visite.
Pour Michel Monnot, cette récompense vient confirmer la montée en puissance du site. « Le Climatographe est en pleine ascension depuis 2023. Sa fréquentation augmente et cette première étoile est une véritable reconnaissance de la qualité du lieu », se réjouit-il, espérant déjà voir un jour le site décrocher une deuxième, voire une troisième étoile.
Un lieu unique pour comprendre le climat
Après les discours, Marion Angelini, médiatrice scientifique du Climatographe, a guidé les visiteurs à travers l'exposition interactive.
Ancienne chercheuse en biologie et écologie, elle fait aujourd'hui le lien entre la science et le grand public dans ce lieu chargé d'histoire. Le bâtiment, construit à la fin du XIXᵉ siècle pour accompagner le vaste programme de reboisement du massif lancé par Georges Fabre, possède aujourd'hui plus de 130 ans de relevés météorologiques, ce qui en fait la plus ancienne série de mesures en altitude en Europe.
Au fil de la visite, elle rappelle l'importance de distinguer météo et climat, explique les mécanismes du réchauffement climatique et présente les scénarios élaborés par le GIEC. Sans catastrophisme mais avec pédagogie. « Le but n'est pas de faire peur. Si on comprend d'où viennent les problèmes, cela signifie que l'on sait aussi où agir », explique-t-elle devant les visiteurs.
Une reconnaissance pour tout un territoire
Présente lors de l'inauguration, la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, a salué une récompense « bien méritée » pour un équipement qu'elle avait inauguré trois ans plus tôt.
« Le Climatographe fait partie des 149 lieux touristiques français récompensés cette année. Ce n'est pas une mince affaire », souligne-t-elle, rappelant que le site propose « une expérience immersive autour des enjeux climatiques » particulièrement pertinente dans un contexte marqué par la multiplication des épisodes de canicule.
Elle a également salué la sculpture de Bernard Amasse, estimant qu'elle permet d'immortaliser un moment fort de l'histoire sportive locale tout en confortant l'ambition des Cévennes de devenir une destination de référence pour le tourisme à vélo.
Entre mémoire du Tour de France et reconnaissance touristique du Guide Michelin, cette double inauguration vient conforter le mont Aigoual comme l'un des sites majeurs du tourisme cévenol, à la croisée du sport, de la culture scientifique et de la préservation de l'environnement.