Les alliés utiles, le Rassemblement national et La France insoumise, n’ont pas obtenu gain de cause. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a résisté hier à deux motions de censure déposées par ces formations, grâce au soutien des députés Les Républicains et du Parti socialiste. Pour le RN et LFI, cette attitude relèverait d’une trahison des électeurs de 2024. En réalité, il n’en est rien. LR et PS sont des partis de gouvernement. Ils ont exercé le pouvoir et connaissent la difficulté de gérer les aléas du réel. Dans le contexte économique actuel, marqué par de fortes incertitudes internationales, il aurait été irresponsable de laisser la France sans budget voté. Certes, ce budget n’est pas idéal. Il est le fruit de compromis — parfois de compromissions — et plusieurs représentants de la nation ont dû avaler des couleuvres. Mais après plus de 350 heures de débat parlementaire, un texte a émergé. Le déficit public demeure élevé, autour de 5 % du PIB, sans toutefois exploser, afin de préserver la confiance des marchés financiers. Des mesures ciblées sont prévues : gel du barème de l’impôt sur le revenu, reconduction d’une taxe exceptionnelle sur les hauts revenus, création d’une taxe sur le patrimoine financier et instauration d’une taxe sur les petits colis importés pour lutter contre la concurrence déloyale. Ces efforts permettent de préserver — voire d’augmenter — les crédits des ministères jugés prioritaires : défense (+6,7 milliards d’euros), sécurité intérieure, justice, éducation et recherche. Il en résulte un budget sans majorité claire, étroit, laissant un goût d’inachevé. Il révèle surtout une réalité préoccupante : sous la Vᵉ République, l’Assemblée nationale peine à fonctionner durablement sans majorité stable. Pour le Premier ministre, le pari est gagné. Pour LR et le PS, il s’agit d’un accompagnement responsable d’une situation politique dégradée. Les grands perdants, à court terme, sont les formations de la contestation permanente. Pour le RN et LFI, c’est une occasion manquée. Même si leur posture nourrit déjà les stratégies électorales de demain.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 28.01.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Un budget : mieux que rien
Sébastien Lecornu, le Premier ministre
- Photo DRDans le contexte économique actuel, marqué par de fortes incertitudes internationales, il aurait été irresponsable de laisser la France sans budget voté.
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Abdel Samari