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Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 06.12.2022 - Corentin Corger - 3 min  - vu 2144 fois

FAIT DU JOUR Du pistolet à la mitraillette, plus de 1 800 armes abandonnées dans le Gard

Différents types d'armes ont été déposés 

- Boris de la Cruz

Du 25 novembre au 2 décembre, l’État a organisé une opération exceptionnelle d’abandon simplifié d’armes. La mobilisation a été grande et notamment dans le Gard avec 1 839 armes déposées et plus de 44 000 munitions. En majorité des fusils de chasse, mais aussi des mitraillettes de la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agit d’une mobilisation sans précédent. Chaque année par an, environ 30 000 Français viennent déposer les armes qu’ils ont chez eux. Fin novembre, lors d’une opération nationale visant à simplifier pour les citoyens la procédure d’abandon d’armes, près de 150 000 armes ont été récoltées. Soit cinq fois plus en seulement une semaine ! Une initiative inédite qui intervient après un constat général observé par le Service central des armes et explosifs. La vieillissante application Agrippa a été remplacée par le système d’information sur les armes (SIA) pour permettre aux possesseurs d’armes de les enregistrer et donc d’être en règle.

Ce portail a été lancé en février 2022 pour les chasseurs et est désormais accessible au grand public. Avec ce transfert, les autorités compétentes se sont rendues compte que sur Agrippa, 20 % des personnes enregistrées étaient décédées. Il était temps de changer de logiciel ! Mine de rien, cela représente plus de deux millions d’armes dont l’État ne sait pas à qui elles appartiennent maintenant ni où elles se trouvent. Cette opération était alors vouée à établir une traçabilité. Pour une première, c’est réussi avec 150 000 armes abandonnées et 50 000 déclarées, on peut ainsi dire que 10% du chemin a été fait.

Deux millions d'armes non enregistrées

« Cela a permis de dire aux gens : vous avez des armes chez vous, mais que souhaitez-vous en faire ? Vous ne pouvez pas rester dans cette situation-là. Légalement, vous êtes tenu de les déclarer. On vous propose de régulariser votre situation soit en les abandonnant à l’État, soit en faisant la déclaration », résume Pierre Behaeghel, chef du bureau des polices administratives et référent armes pour le département du Gard qui a coordonné cette opération. Dès le vendredi 25 novembre, les personnes ont pu se mettre en règle en ligne avec une dématérialisation de la procédure. Les agents de la préfecture étaient également mobilisés pour accompagner les personnes âgées, public majoritaire.

L'école de Police de Nîmes a servi de lieu de collecte  • Objectif Gard

Au total, 296 comptes de détenteurs ont été créés et 684 armes héritées ou trouvées ont été déclarées dans le Gard. Les Gardois se sont encore plus mobilisés dans l’abandon d’armes avec un chiffre de 1 839 dont 1 387 armes longues, 421 armes de poing et 31 armes blanches. Les administrés ont pu les déposer dans trois points de collecte : le club de tir de Vézénobres, la compagnie de gendarmerie du Vigan et l’école nationale de police, pour Nîmes. La mobilisation des Gardois a été importante et au-delà de la moyenne des autres départements, établie autour de 1 500 armes abandonnées.

"On a récupéré quelques armes de la Seconde Guerre mondiale"

« On est plutôt bien représenté, mais de façon générale, le Gard est le 10e département français en nombre de détenteurs d’armes. Ce n’est pas rien », tient à préciser Pierre Behaeghel. Il ne faut pas oublier aussi les 44 447 munitions récoltées. Avec cet appel, les Gardois ont fait la démarche de rendre des armes qu’ils n’utilisaient pas et qui se retrouvaient rangées dans un placard ou accrochées sur un mur pour les mieux loties. «Pour beaucoup, on voit qu’elles ne servent plus et qu’elles sont dans un état pitoyable, pas entretenues, rouillées, la crosse mangée par les vers en partie », reprend notre interlocuteur.

Même inactives, l’État souhaite qu’elles soient mises en conformité. Lorsqu’on regarde dans les détails, la plupart des armes déposées sont des fusils de chasse. Les pistolets et revolvers représentent un quart de la marchandise collectée. « C’est plus anecdotique, mais on a récupéré quelques armes de la Seconde Guerre mondiale, des mitraillettes allemandes MP 40 et quelques mitraillettes anglaises, des Sten », poursuit le référent armes du Gard. Des armes qui s’apparentent à de véritables pièces de collection, mais sur cette salve, face à l’ampleur de la collecte, l’État a prévu de tout détruire. Une opération du même type est déjà envisagée pour fin 2023 et cette fois-ci les armes qui ont une valeur historique et patrimoniale devraient être conservées et finir dans un musée.

Un abandon possible toute l'année

En attendant, il est possible toute l’année d’abandonner des armes en se rendant au commissariat ou dans une brigade de gendarmerie. Pour la déclaration et la création d’un compte, tout se fait en ligne mais à la vue de la dynamique, la préfecture du Gard a décidé de maintenir un accompagnement directement dans ses locaux sur rendez-vous pour les personnes éloignées du numérique. Pour prendre rendez-vous, il suffit d’appeler au 04 66 36 40 22.

Corentin Corger

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