« On est sur un record », lance Alexia Diot, présidente de l’audience du tribunal correctionnel devant laquelle ce prévenu multirécidiviste comparaît, ce jeudi 12 mars. C’est pour deux faits de vol que l’homme de 58 ans se trouve pour une énième fois confronté au tribunal correctionnel de Nîmes. Son casier fait état de près de 60 mentions, dont 46 pour des faits de vol. Pourtant, les larcins pour lesquels il est poursuivi ne portent que sur de très faibles sommes. Il s’est notamment rendu dans un bar de Bouillargues pour y dérober 50 €, en passant le bras derrière le comptoir. Selon le propriétaire des lieux, c’est plutôt 300 € qui auraient été subtilisés.
À Remoulins, il s’est également rendu responsable d’un fait de vol. L’homme, installé à la terrasse de l’enseigne « La mie câline », s’est rendu à l’arrière du bâtiment pour, semble-t-il, se rendre aux toilettes. Une fois sorti, il n’a pas pu s’empêcher de rentrer dans un des bureaux administratifs de l’enseigne. S’adonnant à une fouille minutieuse, le prévenu a trouvé des tickets-restaurant, déjà tamponnés par la boulangerie. Un vol représentant un préjudice de 230 € pour « La Mie Câline ». Pourtant, ces documents n’ont aucune valeur pour le prévenu au moment du vol, les tickets-restaurant ayant déjà été validés. Reconnu sur la vidéosurveillance lors des deux faits, le quinquagénaire maintient ne pas avoir participé au vol de tickets-restaurant : « S’ils étaient tamponnés, pourquoi je les aurais pris ? »
Un cas de cleptomanie ?
« Seul l’emprisonnement ferme permet de protéger la société », dit Nathalie Welté, procureure de la République, avant de requérir 12 mois d’emprisonnement à l’encontre du quinquagénaire. Déjà incarcéré pour d’autres faits depuis mars 2025, le prévenu est libérable en juin 2030. « Il est malade et il doit être traité comme un malade », plaide maître Khadija Aoudia, intervenant pour l’homme de 58 ans. L’avocate a alors fait reposer le comportement de son client sur la cleptomanie, justifiant ses dires par le fait qu’il vole des biens « sans aucune valeur marchande ». En cas de condamnation, maître Aoudia a demandé la confusion des peines.
À l’issue du délibéré, le tribunal présidé par Alexia Diot a suivi les réquisitions du procureur de la République. Le prévenu, condamné à de multiples reprises, voit donc son casier judiciaire s’allonger et sa date de sortie de détention reculer d’une année supplémentaire. D’autant qu’il va de nouveau passer devant cette juridiction qu’il connaît bien en avril prochain.