C’est à Codognan que cette rocambolesque histoire de mésentente entre propriétaire et locataire s’est jouée, entre octobre 2023 et avril 2024. En cause, le retard de paiement d’un loyer, selon le propriétaire, ou encore le projet d’augmentation déraisonnable de ce même loyer, selon la famille de locataires. Une histoire pourtant banale, mais qui a pris des proportions telles, qu’une mère et son fils sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce mardi 10 mars. Ils sont tous deux absents, certificat médical à l’appui. Plusieurs scènes d’intimidation absurdes ont eu lieu, notamment à partir du mois de mars 2024. Pneus crevés, coupures d’eau et l’électricité, surveillance, voire vol de bien possédée par la locataire, à l’intérieur même du logement de cette dernière. La mère célibataire et ses deux filles ont tout subi, jusqu’à se retrouver à la rue.
La fille aînée, âgée de 19 ans au moment des faits, a dû sacrifier une partie de sa vie étudiante, honteuse de ne pas pouvoir se laver ou encore manger des repas chauds tous les jours à cause de cette situation. En-dehors des coupures inopinées de courant et d’approvisionnement en eau, les trois membres de la famille ont également vécu de multiples cambriolages au cours du mois d’avril 2024. Valérie et Amaell, la mère et le fils prévenus, seraient entrés dans le logement familial pour y dérober des appareils électroménagers comme le lave-linge, mais aussi des souvenirs de famille. « Ils m’ont pris mes derniers souvenirs de mon père », lance la fille aînée de la famille victime. La mère de famille s’est également retrouvée à la porte de son propre logement, après un changement de serrure effectué par ses propriétaires.
Ses affaires retrouvées dans un box
Le 20 avril 2024, suite à une plainte de la famille lésée, un box loué au nom des deux prévenus a été ouvert. De nombreux biens appartenant à la famille y ont été trouvés. La mère isolée a ensuite tenté de récupérer ses dernières affaires restées chez elle. Sa surprise a été grande à son arrivée sur place. « Tout le reste de mes affaires ont été jetées dans le jardin », raconte la victime, émue aux larmes. Se délectant de cette scène, la mère prévenue observe sa locataire depuis un étage supérieur. Le lendemain, la victime s’est de nouveau déplacée à son domicile de Codognan, pour tenter de récupérer ses derniers souvenirs. « Il n’y avait plus rien », se désole-t-elle. Ces différents cambriolages ont eu des effets indésirables sur l’ensemble de la petite famille, notamment sur la fille aînée. Étudiante à l’université, son ordinateur portable contenant ses cours, mais aussi ses vêtements et sous-vêtements lui ont été dérobés. Logée pendant 1 mois dans un hébergement d’urgence, la famille tente désespérément de passer à autre chose.
« Je pense qu’on est face à deux escrocs », lance David Malicot, procureur de la République, relatant que le projet du couple état de passer le loyer de plus de 800 € à 1 200 €. Une augmentation qu’il qualifie « d’illégale ». D’autant que c’est le sort que ces deux prévenus ont réservé à une famille d’Ukrainiens, logés dans un autre de leurs appartements loués à prix d’or. D’autant que la mère de ce duo est connue défavorablement pour d’autres faits de violations de domicile. L’avocate intervenant aux intérêts des parties civiles fait état d’ « un foyer méthodiquement détruit » et d’une « habitation rendue invivable par des prédateurs ». Après délibération, le tribunal présidé par Geoffroy Toilie, a déclaré les deux prévenus comme étant coupables des faits leur étant reprochés. En répression, la mère et son fils ont écopé respectivement de 4 et de 8 mois de prison ferme.