Avec la promesse d'augmenter la cadence des trains sur la ligne Nîmes - Le Grau-du-Roi, Vauvert devrait rentrer dans une nouvelle dimension. Le Pôle d'échange multimodal, promis par le maire Jean Denat et le vice-président régional délégué au Transport Jean-Luc Gibelin, se construit progressivement. Une fois finalisé, il aura pour but de développer les mobilités sur sa commune, de rendre le train plus accessible et de faire en sorte que les passants puissent circuler de manière plus sécurisée à pied ou à vélo.
Ce lundi soir sur les coups de 21h, une quinzaine de travailleurs œuvrait sans relâche sur la voie D, dans des conditions loin d'être optimales. Jusqu'à 3h du matin, ils découpent, transportent et participent à la modernisation des infrastructures, avant de tout remettre au propre pour que le premier train à quai pour 5h30 puisse circuler sans encombre. Accompagnés par les équipes de la SNCF et de leur association des usagers, Jean-Luc Gibelin, Jean Denat et Katy Guyot ont pu observer l'évolution de ce chantier d'1,2 million d'euros, financé aux deux tiers par la région Occitanie, puis par l'État (25 %) et SNCF Réseaux (8,5 %).
Il s'inscrit dans la continuité de ce qui fut réalisé en 2024, représentant près de 11 millions d'euros investis sur cette ligne. L'objectif des travaux qui se déroulent actuellement et jusqu'à la fin du mois de février est de remplacer la voie, de traiter un passage à niveau et une traversée piétonne. Il s'agissait d'une priorité, comme vu avec le vice-président régional : "Ça va permettre de passer d'une offre de huit trains à douze sur la ligne Nîmes - Le Grau-du-Roi, et même jusqu'à 14 les week-end d'été", assure Catherine Trevet, directrice régionale SNCF Réseaux. Un enjeu fort en termes de service proposé.
Les équipes SNCF Réseaux et leur partenaire s'emploient pour que le chantier soit terminé le 27 février, jour de restitution attendu de la voie. Autre aspect à prendre en compte : le caractère éco-responsable et durable de l'opération, qui permet de réemployer 1 200 mètres de rail provenant d'Aigues-Mortes, 1 500 tonnes de ballast et 1 150 traverses de béton. "C'est quelque chose de très important pour nous, et qui permet de réduire l'empreinte carbone de nos chantiers", affirme Catherine Trevet.
Quand la Région remplace l'État
Même si l'infrastructure est une compétence régalienne, la région Occitanie a souhaité prendre la responsabilité d'effectuer quelques chantiers prioritaires, d'abord pour augmenter l'offre, déjà promise pour l'été 2025, mais aussi parce que la ligne représente un emblème pour la présidente de la région Occitanie Carole Delga. "Elle sera d'innovation, puisqu'elle va accueillir le train à batterie, permettant d'être une ligne de développement. On ne pouvait pas augmenter cette offre sans résoudre le problème d'infrastructure", souligne Jean-Luc Gibelin. "C'est une ligne dont la fréquentation ne cesse de croître d'années en années", glisse Emmanuelle Arnaud, responsable du chantier.
Jean Denat, maire de Vauvert, se réjouit de voir ce projet naître, saluant par la même occasion Jean Tournecuillert, membre de l'association des usagers du Gard et fervent défenseur de cette ligne. "Il y a 25 ans, on annonçait sa fermeture, depuis, beaucoup de chemin a été parcouru. Je veux vraiment remercier la Région de son écoute. Ce qui était ici il y a quelques années une image du passé, est aujourd'hui porteur d'avenir". Voulue comme un lieu central et multiservice, la gare de Vauvert va voir passer une voie verte dans les prochains jours, permettant une liaison jusqu'à Vergèze.
La Région continue de faire pression sur l'État pour qu'il y ait des financements sur le reste du réseau, puisque des besoins importants sont d'actualité pour les années à venir. "Il faudra trouver des financements, parce que l'infrastructure reste une question centrale pour demain", poursuit l'élu régional.
Et le week-end à un euro, instauré par Carole Delga pour tous les premiers week-ends de chaque mois, continue d'attirer toujours autant de monde, avec plus de 100 000 billets vendus. Un pari réussi face à certaines inquiétudes du ministère de l'Économie à Bercy.