Ils se sont réunis pour "une cause commune" à la résidence Soubeiran, l'Ehpad situé derrière la gare où deux services civiques ont fini leur mission il y a peu. En attendant les suivants. "Nous avons vocation à trouver une vraie dynamique entre nous", entame Jean-Pierre Riso, président de la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées (FNADEPA) et directeur de l'ADMR (aide à domicile en milieu rural) du Gard.
Présidente de l'Association nationale pour le déploiement du service civique solidarité seniors, Marie Trellu-Kane vante les "tant de choses à faire" pour les jeunes, en donnant "six mois ou douze mois à la société. Aujourd'hui, c'est une classe d'âge de 800 000 jeunes qui peut postuler. On peut prendre 10% d'une génération." Sans surprise, Marie Trellu-Kane a constaté, avec le Covid, "une recrudescence de l'isolement social chez les jeunes et les seniors".
"Un tiers des jeunes engagés se dit, ensuite, qu'il peut travailler dans le secteur médico-social, constate la présidente de l'association nationale pour le déploiement du service civique solidarité seniors. Cela leur ouvre les portes d'un monde." Une statistique qui se vérifie à la résidence Soubeiran même, qui reçoit des services civiques depuis huit ans et en a finalement embauché trois.
Et dans la "ville amie des aînés", seule commune du Gard labellisée en décembre, a rappelé le maire Pierre Aiguillon, on a "donné l'exemple" en prenant deux services civiques auprès du centre communal d'action sociale. L'une d'entre elles, Cassandra, assistait ce mardi à la signature. "Je n'étais pas dans une bonne phase avant de commencer le service civique, a témoigné la jeune majeure, tatoueuse par ailleurs. Le contact des aînés et des seniors m'a rendue plus joviale. J'ai des discussions avec eux que je n'ai pas avec ma famille. Ils viennent d'une France qu'on n'a pas connue, ça nous fait sortir de notre zone de confort. Cela m'a appris à laisser le temps au temps, et qu'il ne fallait pas que je me presse dans mes choix de vie."
"L'objectif est de porter le service civique à l'ensemble de nos adhérents", reprend Jean-Pierre Riso. Même si ce sont plutôt les établissements qui en reçoivent, pour l'instant, car la mise en place étant plus compliquée pour les associations et organismes de services de maintien à domicile. "Comme le dit le nom ADMR, on est en milieu rural. Et cela peut être un problème pour un jeune, la question des transports ajoute de la complexité". Cette signature de convention avec la FNADEPA doit tout de même inciter les organismes de maintien à domicile à réfléchir au sujet.