« Je ne l’ai pas touché », clame Mehdi face au tribunal correctionnel de Nîmes, ce mardi 10 février, à l'occasion d'une audience houleuse. Prévenu au côté de son codétenu de la maison d’arrêt de Nîmes, il comparaît pour des violences ayant entraîné cinq jours d’interruption totale de travail à un détenu nîmois. La victime aurait changé de cellule la veille des faits, le conduisant à se trouver dans celle de Mehdi et Ayoub. Cellule, où l’altercation aurait eu lieu.
L’épisode de violence aurait pris place à cause d’une sombre dette de stupéfiants. Les deux codétenus se seraient associés pour racketter ce nouveau codétenu, en lui assénant notamment plusieurs gifles et en le ligotant sur une chaise à l’aide d’un drap. L’objectif aurait été de se faire remettre des fonds. C’est d’ailleurs pour des faits de tentative d’extorsion qu’ils ont d’abord été entendus par les enquêteurs. Une version que Mehdi, le seul prévenu extrait et présent à l’audience, conteste corps et âme. En colère, il hurle son innocence dans cette affaire.
Un précédent passage à tabac
Examiné par un médecin, la victime présente notamment une fracture de la mâchoire. Une blessure nécessitant qu’il se nourrisse à l’aide d’une paille. Pourtant, Mehdi soutient qu’il ne serait pas à l’origine de ces blessures. D’autant qu’une altercation a eu lieu entre la victime et d’autre détenus, la veille des faits aujourd'hui présentés devant le tribunal correctionnel. Malgré tout, aucun certificat médical lié à ce premier passage à tabac n’a été versé en procédure. Au vu des éléments du dossier, le procureur de la République a requis 8 mois d’emprisonnement à l’encontre des deux prévenus, détenus pour autre cause. « Je ne peux qu’aller vers une peine ferme », souligne la représentante du ministère public.
Les deux avocates représentant les prévenus ont toutefois plaidé la relaxe. Maître Djefaflia, intervenant pour la défense d’Ayoub, a notamment souligné l’existence de l’équivalent de 20 minutes d’échanges téléphoniques entre la prétendue victime et son frère, survenus au moment des faits dénoncés. « Comment il a pu avoir ces échanges, s’il se faisait battre ? », se questionne son conseil. « On a une victime qui ment », conclut-elle. Maître Coriatt, elle, déplore l’absence de certificat médical permettant de démontrer que Mehdi, son client, n’est pas à l’origine de ces violences. Face à la complexité d'établir les responsabilités dans cette affaire, Geoffrey Toilie, président à l’audience, a prononcé un délibéré différé. La décision sera donc rendue mardi 31 mars prochain. Sans cette nouvelle condamnation éventuelle, Mehdi sera libérable en 2029 et Ayoub le sera dans quelques mois.