Publié il y a 1 h - Mise à jour le 05.02.2026 - François Desmeures - 4 min  - vu 94 fois

BARJAC Municipales : par "passion", Édouard Chaulet vise un septième mandat

Édouard Chaulet est maire de Barjac depuis 1989

- François Desmeures

Le maire sortant est candidat à sa succession dans la plus ardéchoise des communes gardoises. Par "passion de mon village, pour le tenir au niveau" et avec l'ambition d'être un "amortisseur des chocs sociaux", Édouard Chaulet postule pour un septième mandat de maire de Barjac. Avec, cette fois-ci, une liste d'opposition, ce que le sortant n'a pas connu depuis 2001.

Édouard Chaulet est maire de Barjac depuis 1989 • François Desmeures

Il est un peu chez lui dans ce bureau du château qui abrite la mairie rénovée au fil de ses mandats, à la faveur des 37 années passées aux destinées de la commune. Alors que la campagne bat son plein, Édouard Chaulet est détendu, baskets aux pieds et sourire inscrit dans la continuité. "J'ai une passion de la société, avec la volonté farouche de la revoir, de la corriger et de la réformer", explique-t-il pour justifier une septième candidature à la fonction municipale. 

"J'ai la passion, aussi, de mon village, pour le tenir au niveau de notre temps dans un monde complexe. Parce qu'il est un peu isolé." Le maire s'est appliqué - notamment à travers le film Nos enfants nous accuseront - à mettre son village "sur la carte. Mais pas tout seul. Avec les organisateurs de la foire aux antiquités, du festival de la chanson française, de la fondation Kiefer, etc." D'une fratrie de sept enfants, le communiste atypique qu'est Édouard Chaulet dit s'être "formé au collectif, au bien commun". Même si cela ne "passe pas avant la vie personnelle"

"Les maires, quels qu'ils soient, sont des palliatifs, des amortisseurs de chocs sociaux"

Sur la fonction de maire, qu'il pratique depuis 1989, il a sans doute moins d'illusions qu'à ses débuts. "Les maires, quels qu'ils soient, sont des palliatifs, des amortisseurs de chocs sociaux. Ils essaient de protéger les gens et de faire des progrès pour l'école, la culture, la vie associative, etc. Pour les 40 associations du village, on donne d'ailleurs 84 000 € de subventions. Mais si vous mettez un euro dans une association, elle vous en rend 100...", s'enthousiasme Édouard Chaulet, en pensant à l'activisme de celles de son bourg. 

Car l'homme ne veut pas qu'on dévalorise la fonction qu'il assume depuis si longtemps. "Ils ont tort, au plan national, de ne pas passer plus souvent par l'effervescence communale", regrette celui qui fut aussi conseiller général pendant 18 ans. "35 000 conseillers municipaux, ça en fait des gens dévoués à la France ! Les gens veulent de la proximité, qu'elle soit industrielle, agricole ou politique. En somme, ils veulent de la patrie !" Sa septième candidature "n'est pas du masochisme, insiste-t-il, mais de la joie."

La liste d'Édouard Chaulet est sans étiquette. "Mais si je fais un communiqué pour dire que je ne suis pas communiste, qui me croira ?, rigole l'édile. Je n'ai pas à me cacher." Le maire sortant n'apparaîtra pourtant pas en tête de sa liste "Continuons Barjac", il y a mis "ceux qui sont motivés par la communauté de communes". Lui est en quatrième position d'une liste renouvelée "à 50 %, comme à chaque élection". Mais avec une équipe solide, dont certains ont déjà partagé trois mandats avec le maire sortant. "Nous sommes bien équipés, salue Édouard Chaulet, les gens sont bien formés et on fait beaucoup de choses nous-mêmes."

Sur les dix hectares permis par la loi ZAN (zéro artificialisation nette), on en a déjà consommé quatre

Côté programme, les idées ne sont pas taries, insiste Édouard Chaulet. "Des choses s'imposent, comme reprendre le clocher et le toit de l'église, qui seront un incontournable du prochain mandat. C'est un bâtiment public, qui n'est pas l'affaire que des croyants, et qui sert de plus en plus aux chorales, aux spectacles, etc." Un crowdfunding serait lancé par la mairie pour financer une partie des travaux. Édouard Chaulet pense aussi à installer un terrain de padel supplémentaire, ainsi qu'un city-stade et un pump-track.

Après un mandat marqué par la réfection de l'école, le maire sortant loue sa politique envers l'enfance, en rappelant que le centre de loisirs "fut l'un des premiers du territoire, en 1989. Aujourd'hui, il est florissant". Pour la cantine, "désormais un maraîcher municipal produit des légumes. Il fait aussi pousser des gamins, qui apprennent que la terre est basse, qu'il faut du travail et que tout ne vient pas tout de suite." Alors que les repas reviennent désormais à 1 € aux familles, le maire sortant rêve de gratuité. "L'école doit être gratuite".

En matière de logement, Édouard Chaulet constate qu'il ne reste "pas grand chose à rénover dans le centre de Barjac". Et que, "sur les dix hectares permis par la loi ZAN (zéro artificialisation nette), on en a déjà consommé quatre". Sans être en désaccord avec le fond de la loi, le maire plaide pour que l'État fasse davantage confiance aux maires. "Aujourd'hui, le prix des terrains a flambé. Les jeunes d'ici devraient pouvoir faire leur petit rêve de maison, j'ai envie de les y aider." Notamment, en maîtrisant la vente des lots de deux lotissements en projet.

Interrogé sur son envie d'égaler les sept mandats du maire d'Uzès, Jean-Luc Chapon - qui en brigue un huitième ! - Édouard Chaulet se souvient avoir connu son homologue "au conseil général, du temps de Baumet, à la commission économique. Il s'en sortait très bien. Je pense que si Uzès marche bien, c'est qu'il a une bonne équipe. C'est mon cas. On est dix-neuf, répartis de façon à ce que chacun ait une délégation."

Et si c'était l'élection de trop pour Édouard Chaulet ? L'homme de culture en sourit. "Si je quitte ce bureau, j'ai déjà mon billet d'avion pour l'Algérie. J'ai fait quatre ans là-bas, j'y ai eu vingt ans, je suis attaché à ce pays et je n'y ai pas remis les pieds depuis 55 ans. J'ai toujours voulu y retourner." Ce qui arrivera peut-être en 2026... ou 2032.

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