Publié il y a 1 h - Mise à jour le 19.01.2026 - Yannick Pons - 5 min  - vu 266 fois

FAIT DU JOUR Vincent Bouget, Julien Plantier et Franck Proust auditionnés au Mas Merlet

Bouget, Plantier, Proust

- Illustration YP

Jeudi dernier, alors que Julien Sanchez (RN) n’avait pas encore annoncé sa candidature à la mairie de Nîmes, le journaliste Hubert Vialatte animait le grand oral de trois candidats, personnalités importantes du paysage politique nîmois, Vincent Bouget, Julien Plantier et Franck Proust, sur les grands thèmes des travaux publics.

Eau, urbanisme, mobilités, enjeux climatiques... À l’initiative de la la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), Vincent Bouget, Julien Plantier et Franck Proust ont été entendus par ordre alphabétique au Mas Merlet sur les grands thèmes des travaux publics. Les trois candidats à la mairie de Nîmes sont apparus relativement alignés.

Mêmes constats, posture différente

Tous trois s’attardent sur les mêmes constats : la voirie est à reprendre, les mobilités doivent progresser et mieux connecter les zones d’activité. L’eau, l’assainissement et la prévention des inondations restent prioritaires. Et l’adaptation au réchauffement climatique impose plus de végétalisation et des aménagements dans la ville. C’est sur le « comment » que les trois candidats se distinguent.

Posture pédagogique, dans l’explication et la mise en contexte, Vincent Bouget, tête de liste de la gauche et des écologistes Nîmes en commun, parle de “vision globale”, coopération institutionnelle et méthode. Il axe son discours sur la gouvernance, l’articulation Ville-Agglo, la vigilance budgétaire et le réalisme des grands projets. Il met l’accent sur la planification. Un « choc de l’offre » sur les mobilités, le PLU bio-climatique, et une ville pensée « à hauteur d’enfants ».

Le discours de Julien Plantier, tête de liste de l’Avenir Nîmois, est technique et opérationnel, orienté action et terrain. Il martèle des formules fortes comme « plan Marshall » et défend une logique de rééquilibrage entre l’hypercentre et les quartiers de la ville. Investissement massif sur la voirie, gratuité ciblée des transports et plan de végétalisation pensé via une étude thermique dans l’une des villes les plus chaudes de France, Nîmes.

Franck Proust met l’accent sur le bilan, le sien et celui de Jean-Paul Fournier, la continuité, les chiffres et la mutualisation des forces de la Ville et de l’Agglo, en duo. Son discours de gestionnaire revendique des chiffres et des résultats concrets. Il met en avant le réseau trambus, la plateforme multimodale de Saint-Césaire, l’extension des vélos électriques et une stratégie à long terme, « 30 places, 300 rues, 3 000 arbres ». Le premier adjoint au maire et président de l’agglo a présenté un film, Nîmes 2035, qui présente la ville où la végétalisation prend le pas sur le béton afin de « redonner à Nîmes cette âme de la Rome française ».

Mobilités du quotidien et transports en commun

Les trois candidats placent les déplacements domicile-travail au centre. Vincent Bouget insiste sur l’idée d’un renforcement global de l’offre, en rappelant que son camp « participe de l’idée qu’il faut un choc de l’offre » et en défendant une approche nuancée de la gratuité.

Julien Plantier vise une gratuité ciblée, cadrée comme mesure de pouvoir d’achat, en avançant sa proposition : « L’ensemble des personnes de moins de 18 ans ainsi que les plus de 70 ans doivent bénéficier d’une gratuité. » Franck Proust met en avant le bilan et l’ossature du réseau d’agglomération et rappelle aussi un enjeu opérationnel : « Il faut regarder la gestion du dernier kilomètre », en reliant trambus, plateformes multimodales et extension des services.

Voirie

Sur la voirie, Vincent Bouget conteste le mode d’arbitrage actuel, puis répète l’expression qu’il veut garder au cœur du sujet : « Ce n’est pas au maire de décider » avant de détailler sa demande, « il faut avoir une vision d’un plan d’investissement à long terme ». Julien Plantier parle d’un effort massif, structuré sur la durée du mandat, en posant sa formule « plan Marshall » de la voirie, et en demandant « un plan prévisionnel à moyen et long terme sur les six années du mandat ». Franck Proust veut programmer la réfection de 300 rues sur 10 ans.

Intermodalité et 3ᵉ voie et déplacement de la gare de Saint-Césaire vers le marché-gare

Le raccordement à la troisième voie à quai permettrait de rallier Nîmes centre à la gare TGV Nîmes Pont du Gard à Manduel. Le trio se retrouve sur un même nœud, mieux relier les gares et rendre l’intermodalité plus fluide. Vincent Bouget place la contrainte budgétaire au premier plan, en chiffrant et en cadrant les conditions : « Le déplacement de la gare de Saint-Césaire, c’est presque 25 millions d’euros. Le seul levier possible, c’est des moyens d’État », évoquant le financement du SERM (Service express régional métropolitain) Montpellier-Nîmes.

Julien Plantier présente la 3ᵉ voie comme indispensable au sens pratique : « Il faut qu’on réfléchisse à une connexion entre Nîmes centre et Nîmes TGV Pont du Gard. » Franck Proust lie le dossier au projet de déplacement de la gare en expliquant que Saint-Césaire deviendrait « une véritable plateforme multimodale ». Et martèle qu’il est important d’offrir aux entreprises un service de mobilité pour les salariés.

Eau, assainissement et prévention des inondations

Les trois candidats affichent un consensus sur la poursuite des investissements. Vincent Bouget parle d’un consensus et d’une continuité assumée : « La prévention des inondations, ça a fait un large consensus politique. » Puis insiste sur l’ampleur du travail : « Ce qui s’est fait est une prouesse technique ». Julien Plantier parle d’« union sacrée » avant de pousser un axe spécifique sur les quartiers non raccordés : « Une grande partie n’est pas connectée à un assainissement collectif » et son engagement d'« intégrer potentiellement des travaux d’assainissement » dans les années à venir. Franck Proust évoque un montant d’investissement de 44,6 millions d’euros effectué sur l’eau et l’assainissement et insiste sur la poursuite nécessaire des chantiers.

Ressources en eau, sobriété, réutilisation et gestion

Même constat de tension sur l'eau, mais des réponses distinctes. Vincent Bouget insiste sur la sécurisation et la sobriété, « comment demain on travaille la sobriété dans la consommation d’eau » et en affirmant que « l’eau est un bien commun ». Julien Plantier veut faire de l’eau un axe structurant d’innovation et d’attractivité, en annonçant « la création de la cité de l’eau » et en explicitant l’objectif que « Nîmes soit pionnière sur la question de l’eau ». Franck Proust annonce une hausse probable des prix en citant « la réutilisation » comme chantier à accélérer.

Adaptation au changement climatique, îlots de fraîcheur et urbanisme

Vincent Bouget pose la révision du document d’urbanisme comme pivot. « Je suis assez favorable à l’idée que ce plan local soit bio-climatique » et évoque un « grand plan de végétalisation » partagé avec la ville à hauteur d’enfant dans la partie urbanisme. « Imaginer une ville à hauteur d'enfants, c'est repenser nos espaces urbains pour qu'ils soient adaptés aux besoins des plus jeunes, tout en améliorant la qualité de vie de l'ensemble des habitants », indique le candidat.

Julien Plantier part d’un diagnostic thermique et propose un programme opérationnel, « Nîmes est une des villes les plus chaudes de France » puis « un plan massif de végétalisation » adossé à « une étude thermique de l’ensemble des îlots de chaleur », espérant gagner « entre 4 et 6 degrés ».

Franck Proust ancre sa réponse sur des solutions techniques. Il évoque des brumisateurs, des couleurs d’enrobés en ajoutant sa proposition foncière « de la préemption végétale afin de créer des forêts végétales dans le milieu urbain ». Une idée qu’il illustre dans son film, dans lequel on voit la place de l'Écluse, envahie par des voitures, devenir un jardin magnifique.

Plan de circulation, rocade et grands contournements

Vincent Bouget relativise les grands projets routiers et avertit sur l’horizon : « Personne ne peut imaginer que le contournement ouest de Nîmes se réalise à l’échelle de moins de 50 ans. » Julien Plantier assume un besoin de rocade tout en distinguant les niveaux de responsabilité : « On est une des rares villes à ne pas avoir de rocade. » Franck Proust acte la fin d’une option : « Le contournement de Nîmes à la Calmette, c’est terminé. »

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