Fin octobre 2025, les dirigeants de l’AS Bas Rhône Nîmes Tennis Club tiraient la sonnette d’alarme concernant des problèmes financiers. Ce club historique fondé par le groupe BRL qui fêtera ses 70 ans en 2027 était menacé de disparition. Au même moment, une candidature spontanée était faite par l’entrepreneur nîmois Xavier Severan pour porter un projet privé important sur ce site. La municipalité de l’époque lançait alors un appel à projets mais personne d’autre n’y répondait. Le 23 janvier 2026, le bureau démissionne. « Le soir on nous explique que le Bas Rhône est mort, il n’y a plus d’argent. Que l’on ne peut plus rien faire. Et on nous dit bon courage ! », raconte celui qui devient président de l’association quelques jours plus tard.
« Je suis né dans ce club. J’avais ma maison juste derrière la haie à côté des terrains. Cette association c’est ma vie. Ce sont mes plus beaux souvenirs ici. On ne pouvait pas laisser le club dans cet état. Il y a un vrai côté sentimental dans ce projet. Tout le monde est ravi. Les anciens m’ont connu gamin et les gens prennent plaisir à revenir », justifie le père de famille de 41 ans, en montrant la piscine du site fermée depuis 2013 où il a appris à nager. Dès le changement de direction, les finances sont remises à l’équilibre, la terre battue est refaite sur plusieurs terrains et un premier grand nettoyage des espaces verts est réalisé. « Cela fait cinq mois que je suis ici tous les jours. J’ouvre la buvette, j’arrose les terrains et je fais des petits travaux. Le club renait de ses cendres. Mon souhait le plus cher c’est qu’il redevienne un grand club sur un site qui deviendra exceptionnel », confie le quadragénaire qui veut se consacrer à plein temps pour l’AS Bas Rhône.
« J’ai respecté le cahier des charges qui n’autorise aucune construction »
Au-delà de gérer l’association, Xavier mène un grand projet de réhabilitation de ce site supérieur à deux hectares, qui en a bien besoin, à hauteur de deux millions d’euros via sa SCI Sporting Bas Rhône. Un projet privé qu’il finance entièrement. Depuis les années 1980, la ville de Nîmes est propriétaire du foncier. Lors du dernier conseil municipal, le 4 juillet, les élus ont voté à l’unanimité la création d’un bail emphytéotique pour une durée de 25 ans entre la Ville et la SCI Sporting Bas Rhône. Comme c’était déjà le cas jusqu’en 2023. « C’est en attente de signature chez le notaire », confie l’intéressé, espérant que cela soit officialisé dans l’été. Un contrat qui rapportera 15 000 euros par an à la ville de Nîmes. « On avait de très bons rapports avec l’ancienne équipe municipale et la nouvelle est à fond avec nous », se réjouit Xavier Severan. « L’essentiel aujourd’hui c’est la survie d’un club et d’un site », a déclaré lors de ce conseil, Bruno Ferrier, adjoint aux Sports.
Il y a trois ans, la Fédération Française de Tennis et le comité départemental ont tenté de mener un projet de réhabilitation sur ce site situé route d’Arles et classé en zone PPRI (plans de préventions des risques inondations) mais il a essuyé plusieurs refus de la préfecture du Gard avant d’être abandonné : « j’ai respecté le cahier des charges qui n’autorise aucune construction. On ne peut pas toucher aux bâtiments existants. » Le porteur de projet espère démarrer les travaux dès fin juillet avec une première tranche jusqu’à mi-septembre qui consiste à rénover entièrement le club house pour en refaire un bar restaurant ouvert sept jours sur sept avec la possibilité même pour des personnes extérieures de venir y déjeuner et permettre aux adhérents d’avoir un véritable lieu de convivialité pour se retrouver avant et après les matchs. Cela comprend aussi la création de huit terrains de pickeball au fond sur les terrains en dur abîmés. Juste à côté, sur un terrain totalement abandonné, deux courts de beach tennis en sable vont voir le jour. Un food truck sera installé à proximité pour créer une zone de détente sur cette partie du site.
Six terrains couverts et des tribunes
À l’automne, place à la deuxième phase avec la réfection complète des vestiaires et bureaux. L’ancien local de 22m2 qui accueillait jadis les pompes de la piscine sera transformé en une petite salle de sport. L’objectif est aussi de couvrir six terrains de terre battue avec des ombrières photovoltaïques. Le dernier court à l’air libre va devenir un court central doté de tribunes pour accueillir notamment des finales de tournoi. Concernant les trois terrains déjà couverts, il pourrait accueillir à terme du padel mais rien n’est encore acté. Le terrain de foot à côté va retrouver sa fonction initiale. Une importante végétation envahissante a été déjà enlevée sur l’ensemble du site et reste encore à nettoyer. La dernière partie des travaux sera de refermer l’immense trou de la piscine pour agrandir le parking et passer à une capacité de 110 places avec des bornes de recharge. « À l’heure actuelle, au moindre gros événement, on est saturé. »
Un tout nouveau visage dont l’entretien sera géré par la SCI Sporting Bas Rhône. « Une part sera à la charge de l’association mais ça reste supportable, ce qui n’était pas le cas avant », explique le président. Une réhabilitation de grande ampleur pour redynamiser l’un des principaux clubs de tennis de Nîmes. À la rentrée de septembre, de nouvelles formules vont être mises en place pour l’école de tennis. « On va relancer le mythique tournoi d’été en 2027 et faire de nombreux tournois multi chances », prévoit Xavier Severan qui souhaite que le club vive toute l’année. Le prix global de l’adhésion devrait rester autour de 300 euros. Le Bas Rhône a fini la saison avec 220 licenciés et espère doubler d’ici ou deux ans. « Avec les infrastructures que l’on va avoir, on va y arriver », conclut Xavier Severan, impatient de voir son projet sortir de terre.