Parce qu'une grande partie de notre environnement aquatique regorge encore de mystères et ne demande qu'à être analysée et protégée, le Seaquarium du Grau-du-Roi a décidé d'agir concrètement. Depuis 2023, les expéditions sont annuelles mais surtout fortement utiles. Cette nouvelle mission en mer aura pour but de récolter de nouveaux éléments d'analyse pour enrichir les connaissances scientifiques et faire avancer la recherche, mais également de transformer le modèle de l'aquarium.
L'objectif sera de devenir un support technique et logistique grâce au matériel à disposition. Mais également de sensibliser aux bonnes pratiques grâce aux nombreux retours d'expérience. "On n'a pas besoin d'être extraordinaires pour mener une mission. L'océan a besoin de connaissances et d'images pour émerveiller et faire comprendre", assure Jean-Marc Groul, directeur du Seaquarium du Grau-du-Roi.
Ce parcours de cinq semaines, du littoral gardois jusqu'aux côtés espagnoles et en rotation de cinq équipes, a été minutieusement préparé. Il débutera dès samedi matin à 10h, au Spot de Port Camargue. Un session de questions-réponses et un moment convivial précèdera le largage des amarres sur les coups de midi. Jusqu'au 16 mai, le voilier circulera entre le Grau-du-Roi et Barcelone. S'enchaîneront successivement des départs entre Barcelone et Ibiza, puis Ibiza et Minorque, ensuite Minorque et L'Estartit, avant de rentrer en terres gardoises.
Et chaque journée, une série de mission protocolaire devra être respectée, validée par les partenaires scientifiques associés (MNHN, CEFE, Aquasearch) :
- L'observation visuelle de la mégafaune : sur six heures à une vitesse stabilisée entre cinq et huit noeuds ; toutes les données sont enregistrées de manière numérique.
- La bioacoustique : à certains endroirs, le moteur est à l'arrêt pour enregistrer les paysages sonores sous-marins à l'aide d'un hydrophone.
- Le prélèvement d'ADN en filtrant l'eau de mer, grâce à des traces laissées par plusieurs espèces.
- Le suivi du Phytoplancton, réalisé avec le laboratoire Hydreco, indispensable pour comprendre la base de la chaîne alimentaire.
Équipage
Le capitaine et sa seconde, seront accompagnés chaque semaine par un trinome différent de collaborateurs du Seaquarium. La place des femmes est prépondérante dans cette expédition. Émilie part ce samedi avec la première équipe, et n'a manqué aucune des éditions depuis la première : "J'ai hâte d'être en mer, c'est toujours très agréable. Nos journées seront bien occupées, avec trois heures d'observation le matin et le même nombre l'après-midi. Il va aussi falloir rentrer les données et faire les prélèvements", raconte-t-elle.
Manon, fait partie de la dernière étape : "J'ai voulu rejoindre l'expédition pour la première fois dans le but d'expliquer plus facilement ce que l'on fait dans le cadre de la médiation. C'est aussi pour permettre de faciliter l'accès aux données scientifiques pour tout le monde", commente-t-elle. Rendez-vous ce samedi pour le debut de la grande aventure.