« J’aurais pas dû accepter ça », lance Benjamin, le prévenu, entendu pour détention illégale d’une arme de catégorie C. C’est un flash-ball et ses munitions qui ont été découvertes à l’occasion d’une perquisition au domicile du prévenu. Se dédouanant partiellement de sa responsabilité, il explique ne pas être le propriétaire de l’arme. Interpellé par un ami pour garder un sac à dos, le prévenu aurait accepté, non sans mal. « Comme il était agressif, je lui ai dit "vas-y" », raconte-t-il.
Mais, surprise, à l’intérieur du sac se trouvait un flash-ball et des munitions permettant de l’utiliser. Un élément compromettant, d’autant que l’arme aurait servi dans le cadre d’un assassinat, pour lequel le prévenu, ainsi que son ami, vont prochainement comparaître. C’est sur la contrainte de garder ce sac à dos que le prévenu axe sa défense. « Il a été contraint de garder l’arme », souligne l’avocate de la défense. Un argument qui peine à convaincre le Ministère public : « Le fait est qu’il avait connaissance du contenu du sac à dos », lance Salomé Jacob, procureur de la République. Elle a ensuite requis à son encontre la peine de 10 mois d’emprisonnement assorti d’un sursis simple, une amende de 400 € et l’interdiction de détenir ou de porter une arme pendant 5 ans.
Dans sa décision, le tribunal a été plus clément. Le prévenu a été condamné au versement d’une amende de 400 € et à l’interdiction de détenir ou de porter une arme pendant 5 ans. Aucune peine d’emprisonnement n’a été prononcée à son encontre. Malgré tout, il devra répondre de ses agissements en matière criminelle aux côtés de son ami, devant la Cour d’assises.