« C’est la première boutique de la marque, celle dans laquelle nous faisons tous nos tests, de produits, de concepts, comme nos bureaux sont à côté, ça nous permet d’être très agiles », explique l’ancien rugbyman. Cette marque, il l’a créée en 2009 avec l’entreprise textile Norprotex, basée au Pontet près d’Avignon. D’égérie, il en deviendra le propriétaire en 2019 avec deux associés, Tony Mathis et Eric-Marie Groetz.
C’est donc l’histoire d’une reconversion réussie avant tout. « J’ai arrêté le rugby en 2014, et j’ai pris le temps, essayé de découvrir le monde professionnel, l’entrepreneuriat, rejoue-t-il. Je suis très curieux, et au bout de trois, quatre ans, je me suis posé la question de ce que j’avais envie de faire, et Ruckfield est arrivée en haut de la pile, il y avait des bases solides et du potentiel. » Sept ans plus tard, il l’affirme : « On ne s’est pas trompés, nous avons trouvé notre place, les clients sont contents. »
La niche des grandes tailles
Ruckfield affiche « une progression chaque année, nous faisons un peu plus de 20 millions de chiffre d’affaires par an », précise Tony Mathis, le directeur exécutif opérationnel de la marque. Avec une telle croissance, « nous essayons de créer des emplois chaque année, et aujourd’hui nous sommes une quarantaine aux Angles », rajoute-t-il, et la marque revendique 250 revendeurs, des livraisons dans 41 pays et une trentaine de boutiques, notamment à Nîmes et Uzès en plus des Angles pour le Gard.
Sur un marché, le « rugbywear », où des acteurs, comme Eden Park ou Serge Blanco, sont implantés de longue date. Alors Ruckfield a joué sur un autre terrain : « Nous sommes une marque provinciale, de bord de terrain, avec des valeurs de proximité, de convivialité, de bien-vivre ensemble, de plaisir partagé », affirme Sébastien Chabal. Avec un atout clé dans ce secteur : des grandes tailles.
« On s’est rapidement aperçu que ce créneau était inoccupé par la majorité des marques textiles, rejoue l’ancien rugbyman international. Ce sont nos clients d’origine, mais ça nous permet aussi de sortir aussi du rugby, aujourd’hui nous sommes une marque grandes tailles. » La marque a lancé l’année dernière du 6XL, une rareté sur le marché.
Bien que petite à l’échelle des mastodontes du secteur, Ruckfield a donc réussi à se faire sa place. Avec une recette inhérente à son agilité : « Nous travaillons à l’instinct, affirme Tony Mathis. On s’amuse avec des collaborations, comme Astérix et Obélix, Haribo, 2CV, Méhari, l’année prochaine Monsieur Madame… Et aujourd’hui, ce sont les licences qui viennent nous chercher. »
Et aussi
Sébastien Chabal reste un observateur avisé du rugby, lui qui commente régulièrement les matchs du championnat de France de Top 14. Sur l’équipe de France, qui vient de remporter le Tournoi des 6 nations, il loue « une génération incroyable, avec de la profondeur, de la qualité, dans laquelle on a vu lors du tournoi des nouveaux talents. » Et prévient : « même si d’autres nations sont performantes, la Coupe du Monde arrive vite. »