Publié il y a 51 min - Mise à jour le 21.05.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 46 fois

AU PALAIS Droneurs et burgers : trois prétendus livreurs jugés à Nîmes

Étape Gruissan-Nîmes Tour de  France 16 juillet 2024 (Photo Anthony Maurin)

Une nouvelle affaire de tentative de livraison de colis touche la maison d'arrêt de Nîmes.

- Photo d'illustration - Anthony Maurin

Retrouvés en possession d’un drone et à deux pas de la maison d’arrêt de Nîmes, ces trois prévenus nient leur implication dans toute tentative de livraison de colis à des détenus.

« On devrait livrer trois burgers », explique l’un des trois prévenus aux enquêteurs. Retrouvés aux abords de la maison d’arrêt de Nîmes, ils sont alors cinq, nichés dans une Renault Clio avec un sac cabas au contenu peu ordinaire. Batteries, boîte de rangement, et drone qui va avec, sont entreposés au niveau des jambes du passager arrière gauche du véhicule, dans un joli sac de courses. Ce sont des agents de la police nationale nîmoise, en véhicule banalisé, qui se sont rendus sur le secteur de la maison d’arrêt lundi 18 mai dernier, peu avant 1h du matin. Suite à un signalement décrivant la présence de droneurs dans un champ avoisinant, les fonctionnaires de police rapportent avoir observé plusieurs aller-retours d’un drone, notamment un au bout duquel une corde permettait de soutenir un colis.

Interpellés par les forces de l’ordre, les trois majeurs se trouvant dans la voiture sont inquiétés pour une tentative de transmission d’un colis à l’intérieur de la maison d’arrêt, au moyen d’un drone. Au cours de leurs auditions, les trois hommes âgés entre 18 et 19 ans, se sont avérés peu loquaces. L’un d’eux a raconté avoir été appelé tard dans la soirée pour conduire des amis dans le secteur, en échange de 50 €. « On m’a appelé, je suis venu », dit simplement le conducteur de la Clio. Une autre version a été rapportée par un autre des prévenus : « On devait droner pour quelqu’un, mais le drone n’a pas décollé », le tout en échange, cette fois encore, de 50 €. Le dernier individu fait état d’une livraison de burger à effectuer, pour « un ami en prison ». Mais la nuit n’a pas eu l’issue escomptée. Conduit au commissariat de Nîmes, ils ont ensuite été déférés et placés en détention.

« Dans ce champ, il y a des drones partout »

« On parle de trois burgers », lance maître Hugo Ferri, intervenant pour la défense de l’un des prévenus. Revenant sur la prétendue existence d’une corde, il soutient qu’elle n’a pas été retrouvée dans le véhicule. « Dans ce champ, il y a des drones partout », souligne-t-il. Maîtres Carmelo Vialette et Isabelle Viremouneix se sont ensuite succédé pour défendre les deux autres jeunes adultes. « Avoir un drone et se trouver dans un champ ne constituent pas les éléments d'un commencement d’exécution de cette infraction », dit maître Vialette. Un élément important compte tenu de la qualification de tentative, retenue par le ministère public. Cette dernière implique l’existence d’un commencement d’exécution, ayant manqué sa fin pour des raisons extérieures à la volonté des prévenus. Dénonçant une « opération drones », le conseil ajoute avec ironie que la mission des policiers intervenant est de « revenir avec des droneurs ».

Malgré les casiers judiciaires vierges des prévenus, Cécile David-Barilleau, procureure de la République, a requis la condamnation des trois hommes à des peines allant de l’exécution d’un travail d’intérêt général à du sursis simple. « Vous osez à peine demander une condamnation », lance maître Carmelo Vialette. Lors de leurs plaidoiries, les trois avocats ont demandé la relaxe de leurs clients au bénéfice du doute. Faute d’éléments permettant de caractériser une telle tentative de livraison, les trois hommes ont été relaxés par le tribunal. La salle, comble, a explosé de joie dans des applaudissements sonores. Une indélicatesse qui n’a pas manqué d’irriter le tribunal, réclamant un rapide retour au calme.

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