Publié il y a 1 h - Mise à jour le 14.04.2026 - Propos recueillis par Yannick Pons - 3 min  - vu 80 fois

L'INTERVIEW Etane : « La meilleure décision de ma vie a été de partager ça avec mon petit frère »

etane bjt paloma

Etane

- @Yannick Pons

La finale de la Bourse aux jeunes talents de la Ville de Nîmes s’est tenue samedi soir à Paloma. Cinq artistes émergents ont présenté leur univers au club de Paloma plein comme un œuf. C’est Etane, 26 ans, qui l’emporte, récompensée par une bourse de 10 000 euros à la suite d’une prestation très remarquée. Le prix espoir est attribué à Yuhna Foster.

Originaire d’Alès, auteure et interprète, Etane développe une pop et un hip-hop nourris de textes intimes sur le doute, la santé mentale ou la quête de sens. Sur scène, présence du beatmaker et musicien Last. Deux jours après l’annonce du prix, l’artiste gardoise évoque son parcours, ses racines et la suite de l’aventure.

Objectif Gard : Vous venez d’Alès et vous avez longtemps navigué entre plusieurs villes. Ce territoire compte pour vous ?

Etane : Je suis originaire d’Alès. Nîmes, c’était la grande ville d’à côté, où j’ai fini par vivre. Par intermittence, parce que je ne fais que naviguer partout depuis quelques années. Je suis née à Alès et j’y suis restée jusqu’au lycée. On peut dire que j’ai eu une scolarité classique, plutôt réussie même, même si je me suis souvent sentie un peu seule et peu comprise.

La musique ne faisait pas vraiment partie du quotidien familial. Comment c’est arrivé ?

Mes parents sont bien loin de la musique. Anciennes familles de mineurs et de peintres en bâtiment. Mon papa travaille en usine, ma maman en comptabilité. Mais elle a toujours écrit des poèmes, posé ses émotions sur le papier afin de remercier ses proches lors de fêtes de famille, par exemple. Mon papa a toujours construit de ses mains de façon artisanale. Je pense que ça a développé chez moi une sensibilité à l’écriture et aux arts plastiques. Et la danse aussi. J’ai longtemps dansé, sur plein de styles différents. Qui dit danse dit musique…

Quels ont été les premiers déclics musicaux ?

Mes parents écoutaient très peu de musique. Renaud, Mylène Farmer et un peu de pop française ou internationale à la radio dans la voiture. Au quotidien on parlait beaucoup, on n’écoutait pas vraiment de son. Un peu avant le collège, j’ai eu mon premier téléphone sans carte SIM pour télécharger des titres et faire des playlists. J’ai découvert les Black Eyed Peas puis Booba. C’est là que j’ai découvert ce qu'étaient l’auto-tune et le rap. Après, il y a eu ma période Casseurs Flowters et Joke, un rappeur de notre région. Puis ma curiosité m’a emmenée vers plein d’univers différents. Dub, pop, électro, chanson.

Votre frère a joué un rôle important dans votre passage à l’écriture

La meilleure décision de ma vie a été de partager ça avec mon petit frère. Après avoir quitté le lycée pour des études de communication, je suis revenue vivre chez mes parents en pensant me diriger vers le théâtre et tenter un conservatoire. Mon frère avait commencé à rapper en secret. Pour l’encourager à oser partager son art, j’ai écrit avec lui. Et je n’ai jamais arrêté. On a monté un groupe ensemble puis l’aventure s’est terminée en 2023. J’ai alors décidé de développer mon esthétique et un projet sous le nom d’Etane. Au départ, ce blaze répondait à celui de mon frère, Éther. Deux gaz inodores, incolores mais hautement inflammables. Ça m’allait bien, moi qui étais timide mais tout d’un coup très confiante et explosive sur scène.

Vous venez de remporter la Bourse aux jeunes talents. Qu’est-ce que cette victoire change ?

La soirée s’est super bien déroulée. On a rencontré les autres artistes et l’ambiance était vraiment belle malgré le trac de chacun. Chaque projet était impressionnant sur scène. Avant l’annonce des résultats, j’ai dit à mon musicien que je pensais qu’il n’y aurait pas de prix pour nous. Lui pensait pareil mais il m’a dit qu’on avait encore amélioré notre spectacle et bien travaillé. On était déjà fiers de ça. Donc la victoire reste une très belle surprise. Cet argent va permettre d’organiser des résidences de création pour composer un nouveau projet et préparer une belle release party à Nîmes et ailleurs. On pense aussi à une captation live session, peut-être des cours de chant ou un clip. En ce moment je finalise un EP qui s’appellera Batailles sans épées. La musique prend toute la place dans ma vie. Cet art me permet de réunir tout ce que j’aime. La scène, la danse, la vidéo, l’expression théâtrale ou les créations manuelles. Et j’ai surtout hâte de continuer à partager ma musique sur scène à Nîmes et dans la région.

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Propos recueillis par Yannick Pons

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