Objectif Gard : Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois de mandat ?
Pascale Eugène : J'ai bien vécu les choses, c'est un début très chargé. Il y a une multitude d'informations qui m'arrivent. J'ai beaucoup de choses à apprendre, à comprendre et à retenir. Il y a d'abord toute la mise en place qui a été faite à la mairie, puis à l'agglomération, en plus d'un déplacement sur Paris car j'ai été invitée par le président.
Quels vont être les grands projets des années à venir ?
Nous allons suivre notre feuille de route et tenter de réaliser tout ce qui a été dit pendant la campagne municipale.
Comment ces premiers mois ont changé les choses pour vous ?
Ces premiers mois ont forcément changé pour moi car je n'étais pas du tout à la même position. J'apprends tous les jours et me repositionne systématiquement.
Qu'avez-vous tiré de votre passage à l'Élysée, à l'invitation du président de la République ?
C'était une expérience exceptionnelle. Nous n'étions pas nombreux, six maires du Gard, tout comme dans les autres départements. Il y avait quatre groupes de travail dans l'après-midi d'à peu près 200 personnes par groupe.
Pourquoi vous avoir choisie vous pour ce déplacement ?
Je ne sais pas du tout la raison pour laquelle La Grand'Combe a été choisie. Peut-être parce que je suis une femme, ma couleur politique, ou alors parce que la ville est en difficulté. Il y avait une parité dans le choix des maires gardois : trois hommes et trois femmes, dont les présidents de Nîmes Métropole et d'Alès Agglo.
En parlant d'Alès Agglomération, vous en êtes la 8ᵉ vice-présidente. Quelle vision et quels projets voulez-vous apporter à cette agglomération ?
Je travaille pour la délégation de la culture, en suivant les pas de M. Malavieille. J'ai travaillé à l'Agglo lorsque nous avons fusionné avec cette dernière en 2017. J'étais en charge du secteur tourisme pour le Pays Grand'Combien, puis j'ai changé de domaine à l'Agglo. J'étais dans le service de Patrick Cathelineau, actuel Directeur général des services. J'ai notamment travaillé sur la station thermale des Fumades. J'avais une vision en tant qu'agent, et maintenant cette vision est en tant que maire, donc ça change beaucoup de paramètres pour moi.
Une fermeture de classe a été annoncée par le rectorat pour l'école Victor-Hugo à Trescol, que va-t-il se passer dans les prochaines semaines pour vous ?
Cette fermeture de classe est la raison pour laquelle je me suis permise d'accoster le président de la République. Ce n'était pas facile d'arriver à l'atteindre car on était très nombreux. Il est resté très à l'écoute de tous. Puis j'ai réussi à poser cette question concernant l'école Victor-Hugo. C'était pour moi la question la plus importante à lui poser parce que le CDEN (Conseil départemental de l'Éducation nationale) avait lieu le lendemain et que c'était ma chance de peut-être empêcher cette fermeture de classe. Je lui ai parlé de l'urgence de la situation. Le ministre de l'Éducation nationale n'étant plus là, j'ai été redirigé vers une adresse mail. J'ai pu envoyer un mail expliquant la situation le lendemain matin. Ils ont dès lors transmis ma demande au ministère de l'Éducation, mais pour l'instant, je n'ai rien. J'ai des doutes quant à l'aboutissement positif de cette démarche, mais j'ai rempli mon rôle de maire, cela ne dépend plus de moi malheureusement.
Un an après ce terrible drame, le square Aboubakar Cissé a été inauguré ce dimanche 3 mai. Quelle a été la démarche de cette volonté d'inauguration ?
Nous y avions pensé durant la campagne. J'habite à Trescol et quand je passe devant la mosquée, je pense à Aboubakar et à cette horreur qu'il a vécue. Ce meurtre fait malheureusement partie de notre histoire. Inaugurer un square à son nom me semble être une belle manière de lui rappeler qu'on pense à lui. Sa famille est bien évidemment au courant et a accepté cet hommage.
Vous étiez la seule liste à vous présenter pendant la campagne électorale, quelles conclusions en tirez-vous ?
Je reste positive. Quand Mme Baldit nous a annoncé qu'elle ne se présenterait pas, pour des raisons qui lui sont personnelles, nous avons dû être réactifs et ne pas laisser s'installer le doute. Un travail en amont a été fait. Notre liste représente vraiment La Grand'Combe, je le crois. Je pense que c'est de ce fait que les autres candidats n'ont pas réussi à se présenter face à nous. Parce que nous représentons toutes les sensibilités, les identités et les manières de penser des uns et des autres. Notre liste est belle car nous, les anciens, nous nous retrouvons avec des colistiers beaucoup plus jeunes que nous, et des gens très motivés.
Pourquoi vous avoir choisie en tête de liste ? Vous êtes-vous proposée ?
Non, je ne me suis pas proposée parce que je n'aime pas me mettre en avant. J'aime travailler dans l'ombre, j'y suis habituée. Au sein de notre parti politique s'est posée la question de qui devrait être en tête d'affiche. M. Malavieille ne voulant pas se représenter, nous voulions que ce soit le "tour des femmes". Nous nous sommes mis autour de la table, et le choix s'est porté sur moi.
Vous présentez un tandem avec Karine Montenez, qui s'occupe maintenant des finances, comment se passe cette collaboration ?
Tout se passe très bien, nous nous connaissons avec Karine depuis longtemps. Mme Montenez est une personne très ouverte, qui n'a pas besoin de briller. Nous travaillons bien ensemble. Nous avons monté un cabinet pour prendre les décisions les plus importantes. Ce cabinet est composé de moi-même, Mme Montenez et de plus anciens élus comme M. Malavieille et M. Perez. Il ne faut pas se passer des personnes les plus expérimentées. Nous nous appuyons beaucoup sur leurs expériences et leurs savoirs pour ces décisions.
Où en est le projet de la zone Humphry Davy, qui a pour but de créer une nouvelle zone d'activité économique à la Grand'Combe?
Ce dossier est géré par la région Occitanie. Les parcelles ont été vendues et la zone va se mettre en place. De notre côté, nous avons commencé les travaux sur l'avenue Nelson Mandela qui mène à cette zone d'activités. Les travaux vont durer jusqu'à fin juillet pour la première tranche. Puis, nous les continuerons pour avoir une belle entrée et sortie de ville.
Le conseil municipal alésien ne compte plus d'élus communistes, qu'en pensez-vous ?
La liste de Paul Planque a eu une attitude responsable. Se désister pour lutter contre l'extrême droite au second tour était une décision responsable.
Comment vivez-vous le climat général de l'Agglomération d'Alès, qui voit se réunir des élus de partis opposés et de visions très différentes ?
D'une manière générale, ce climat m'inquiète pour l'avenir. Je pense que l'Histoire est oubliée. Peut-être qu'il n'y a pas assez d'enseignement et de rappels à cette mémoire. Nous n'allons pas dans le bon sens, notamment chez les jeunes, me semble-t-il. Il y a quelque chose qui s'est mal passé au niveau local, national et même mondial.