À Nîmes, c'est sans doute autour de la Maison Carrée que la situation est la plus difficile. Les cafés qui bordent ce monument emblématique dépendent presque entièrement de leurs terrasses, leur plus grand atout face à l'un des plus beaux panoramas de Nîmes. Mais la configuration de la place se retourne contre eux dès que le vent se lève. « On ne peut pas servir malheureusement les terrasses. On est en plein vent et quand il y a des rafales, la terrasse s'envole. Il y a des périodes comme ça où vous voyez les tables et les chaises s'envoler », raconte le gérant du Café Latin.
Tous les établissements de la place ont constaté une nette baisse de fréquentation. Certains disposent d'un espace intérieur, mais cela ne compense pas. « Les gens vont venir à l'intérieur, mais on recherche plus facilement les terrasses exposées devant la Maison Carrée que d'être enfermé entre quatre murs », témoigne une employée du Café Carré.
Au café La Maison d'Arthur, le bilan est identique. « C'est inédit, j'ai jamais vu autant de pluie. Quand on est une équipe de quatre employés, qu'on se regarde dans le blanc des yeux et qu'on attend un client, c'est fatiguant », confie un barista. L'établissement a néanmoins trouvé une parade. « On a pu se rattraper parce qu'on a fait énormément de privatisations, donc on a pu mettre en valeur la salle », explique un serveur.
Place de l'Horloge et ailleurs : même combat
Place de l'Horloge, le Bistrot de l'Horloge, qui possède l'une des plus grandes terrasses nîmoises, ressent lui aussi de plein fouet l'impact de ces mois de mauvais temps. « C'est la première année où on a deux mois et demi quasiment de pluie complète. Quand il pleut ou quand il fait pas beau, la consommation diminue selon le climat, c'est une certitude, surtout chez nous », raconte un salarié. Seule consolation : une clientèle fidèle qui tient bon. « Heureusement on a une clientèle de fidèles et de professionnels qui bossent dans le secteur. » Mais l'attente des beaux jours se fait longue, surtout avec ce vent qui ne s'arrête pas.
Un peu plus loin, au bar Le Victor Hugo, Maureen, serveuse, résume bien le sentiment général. « Quand on a du soleil et pas de vent, pas de pluie, il y a beaucoup plus de monde. » Si l'arrivée des premiers touristes, notamment espagnols, redonne un peu de vie aux terrasses, l'optimisme reste mesuré. « On attend quand même le soleil et les beaux jours pour qu'il y ait plus de monde. »
Au Café Olive, Delio, cuisinier, nuance. La pluie a bien sûr impacté la terrasse, mais l'établissement a pu s'appuyer sur une salle intérieure conséquente pour tenir. « Ça joue sur le moral, ça joue sur plein d'aspects. » Désormais, c'est le vent qui prend le relais. « Le vent, c'est pas non plus super, mais le vent anime, c'est une donnée constante, donc il passera. » Avant d'ajouter avec philosophie : « S'il s'installe pour un mois comme la pluie, on en reparlera à ce moment-là. »
Le mot d’ordre : optimisme !
Plus loin, Marine, Aurèle et Julie, gérantes d'un autre établissement du centre-ville, mettent les choses en perspective. La pluie, finalement, n'a pas tout arrêté. « Tout le monde est obligé d'aller travailler, donc on a quand même des clients. » Mais l'impact sur les terrasses est réel. « Quand il fait beau, tu peux déjeuner avec un casse-croûte aux Jardins de la Fontaine, à l'Esplanade. Par contre ce qui est sûr, c’est que l’on garde le sourire avec un bel été qui arrive. »
Sur la question de savoir si 2026 sera une meilleure année que 2025, la réponse est unanime : l'optimisme, coûte que coûte. « On ne s'attend pas à une révolution, mais que ce soit bien. On verra... » En attendant la feria et les beaux jours, les terrasses nîmoises retiennent leur souffle.