Le 30 décembre dernier, une simple tournée de livraison de colis s’est transformée en drame. Une femme de 68 ans a perdu la vie dans de tragiques circonstances, en plein centre-ville de Nîmes, dans le secteur de la rue de la République. Au volant d’un Kangoo, l’employé d’une société de livraison Beaucairoise est pressé. Arrivé au niveau de l’adresse de livraison, il ne trouve pas de place. Le livreur s’est alors positionné sur la voie de bus-tram. C’est la décision suivante qui lui a coûté cette comparution devant le tribunal correctionnel de Nîmes, présidé par Anne-Carine David. « Je voulais qu’elle porte le colis le moins possible », explique le prévenu à la barre, décrivant le colis comme volumineux et particulièrement lourd. C’est alors que le prévenu s’est mis à reculer en direction du logement de sa cliente.
« J’ai entendu le choc, il y avait cette dame, c’était choquant », lance le jeune homme. Des témoins de la scène, présents au moment de l'impact, ont décrit le véhicule responsable comme reculant à allure lente. « 5 km/h », selon le prévenu. Traversant sur un passage clouté à proximité, la sexagénaire a été percutée, avant de tomber la tête sur le trottoir. Prise en charge par les secours, elle n’a pas survécu à ses blessures. « J’ai voulu faire vite et ne pas déranger », explique le jeune homme, la voix tremblante. « Il y a une disproportion totale entre la gravité de la faute et ses conséquences », dit Arnaud Massip, procureur de la République, à l’occasion de ses réquisitions. Le ministère public a ensuite requis 5 mois d’emprisonnement avec sursis contre le livreur et une annulation de son permis de conduire avec l’interdiction de le repasser pendant 4 mois.
Maître Abdelghani Merah, intervenant pour la défense du prévenu, a souligné le fait que le jeune livreur n’a pas tenté de fuir et a même contacté les pompiers pour permettre la prise en charge de la sexagénaire. À l'issue de son procès, le livreur a été condamné à 8 mois d’emprisonnement avec sursis et à l’interdiction de repasser son permis de conduire pendant 4 mois. Dans l’attente, il travaille toujours dans la société de livraison, mais au tri des colis.