Publié il y a 4 ans - Mise à jour le 12.02.2020 - philippe-gavillet-de-peney - 2 min  - vu 1671 fois

NÎMES "Je suis écœurée" : les proches des personnes handicapées font entendre leur colère

De nombreux manifestants étaient réunis devant la MDPH pour dénoncer le manque de considération de l'État envers les personnes handicapées (Photo : Romane Grignon)

À l'occasion des 15 ans de la loi Chirac sur le handicap de nombreux parents et aidants se sont réunis devant la MDPH (la maison départementale des personnes handicapées) pour faire entendre leur colère et leur détresse.

Ce mardi 11 février, pour les 15 ans de la loi Chirac et à l'occasion de la CNH (conférence nationale du handicap) organisée à l’Élysée, nombreuses étaient les personnes réunies pour défendre les droits des personnes handicapées et des aidants. Les sujets abordés par les manifestants qui ont pris la parole pendant le rassemblement étaient variés, comme le manque de considération et le droit à l'éducation pour les enfants.

Un accès à l'éducation comme les autres enfants mis à mal selon les membres de l'APF France handicap, les AESH (accompagnant des élèves en situation d'handicap) et les enseignants. Tous déplorent un manque de moyen et de temps consacré à chaque enfant, réduisant ainsi cette "égalité des chances" prônée par la loi de 2005. "On constate un manque de moyens effarant, nous confie une des AESH présente. Du coup, les effectifs sont moindres et nous n'arrivons pas à nous occuper suffisamment de chaque enfant tout au long de la semaine."

Un manque d'équité et de considération pour les familles

Pour les personnes handicapées et leurs proches, le problème majeur est le manque de considération des institutions face à leurs problèmes et leurs besoins. "De nombreuses aides pour les soins et les équipements ont été fortement baissées, explique un membre de l'APF. Quand on voit qu'un fauteuil coûte plus de 15 000€ et qu'il faut le changer tout les cinq ans, ça fait peur."

Un manque de soutien financier donc mais aussi psychologique pour Liliana Allègre, mère d'un enfant handicapé. "Les familles sont usées, dit-elle. Usées physiquement et mentalement et on ressort avec de nombreuses séquelles. On ne pense pas assez aux familles des personnes handicapées qui sont là pour les soutenir, pour les aider à vivre."

La MDPH au cœur du problème

Et si la MDPH doit couvrir les frais nécessaires, elle a engendré ces dernières années beaucoup de retard sur le traitement des dossiers, freinant encore plus les démarches pour améliorer la vie des personnes handicapées. "Cela fait un an que j'ai déposé un devis pour le fauteuil roulant de mon fils qui a déjà sept ans, constate Liliana Allègre. On est censé le changer tous les cinq ans, donc on a du retard et le fauteuil n'arrête pas de tomber en panne. On a appris il y a seulement quelques jours qu'il fallait reprendre le dossier depuis le début parce que le fauteuil n'est plus produit."

De nombreux problèmes donc étaient mis en avant lors de cette après-midi. Et pour Jean-Paul, handicapé depuis plus de 30 ans, l'accès handicapé de la MDPH symbolise à lui seul les problèmes exposés : "Quand ils ont fait le nouveau bâtiment, ils ont choisi de mettre un ascenseur pour permettre aux personnes handicapées d'y accéder. Seulement il est en panne et c'est impossible pour moi de rentrer. Ce genre d'aménagement ne fonctionne jamais et s'ils avaient demandé aux personnes concernées, les choses auraient pu être différentes." Une journée d'anniversaire pour la loi handicap bien sombre donc pour les personnes réunies.

Romane Grignon

Philippe Gavillet de Peney

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