Publié il y a 1 h - Mise à jour le 18.01.2026 - Propos recueillis par Abdel Samari - 5 min  - vu 246 fois

NÎMES Municipales 2026 Manuel Bompard (LFI) : "Au 2e tour, on organisera le rassemblement avec Vincent Bouget"

Manuel Bompard

Manuel Bompard, député LFI et coordinateur national du parti.

- Photo MaxPPP

Le coordinateur national de La France insoumise, député des Bouches-du-Rhône rappelle que la liste LFI est "une gauche qui reste fidèle à ses valeurs et à ses principes."

Le député Manuel Bompard (LFI) était à Nîmes ce samedi pour rencontrer les Nîmois et soutenir la tête de liste des Insoumis à Nîmes dans le cadre des municipales, Pascal Dupretz. Il a accepté un entretien avec Objectif Gard.

Objectif Gard : Qu'êtes-vous venu dire aux Nîmois ?

Manuel Bompard : Que la possibilité à Nîmes d'une alternance existe. Il faut faire en sorte que la droite arrête de gouverner cette ville. Pour cela, ils ont un bulletin de vote, c’est celui de La France Insoumise. Il permet de porter un certain nombre de priorités en mesure de répondre aux besoins des Nîmoises et des Nîmois. Je pense à l’accès, par exemple, au transport, à la gratuité des cantines scolaires pour nos enfants à l'école, en matière de tranquillité publique, en matière de logement. Moi, je les invite à consulter ce programme, ses propositions, et à faire leur choix en connaissance de cause.

Ce programme, il est national et sera décliné dans toutes les villes. Ou alors, il y a un programme spécifique pour Nîmes ?

Il y a un programme national, évidemment, avec des grandes priorités programmatiques de La France Insoumise, dans toutes les listes dans lesquelles on est engagé. Des listes sont d'ailleurs parfois portées seulement par les Insoumis, et puis parfois par des Insoumis et d'autres formations politiques, des militants associatifs et syndicalistes. En outre, il y a précisément une déclinaison locale de ce programme national, parce que les priorités ne sont pas toutes à la même échelle en fonction des territoires.

"Il faut rétablir à Nîmes en urgence la présence des médiateurs"

Vous connaissez bien Nîmes, vous y êtes venu à plusieurs reprises. Quelles sont les priorités pour Nîmes ?

Faciliter l'accès à ces transports et, en même temps, des réponses en termes de pouvoir d'achat. Deuxièmement, malheureusement, c'est la question de la sécurité et de la tranquillité publique. Sur ce sujet spécifique, on a des propositions à formuler, en rupture avec les logiques très spectaculaires et communicationnelles de celles et ceux qui sont au pouvoir depuis des années et des années. Je pense qu’il faut rétablir à Nîmes en urgence la présence des médiateurs, un travail de prévention pour que tout le monde puisse vivre en paix et en sécurité. Enfin, le dernier sujet est de faire en sorte de sortir un peu de ces monarchies municipales où il y a des élections et ensuite, le maire décide tout seul dans son coin. C’est très clair dans notre programme : il faut mettre au cœur du projet, la démocratie à travers notamment le référendum d'initiative citoyenne. Pour que les Nîmoises et les Nîmois puissent décider des politiques qu'ils ont envie de voir mises en œuvre à l'échelle de leur commune.

Le Rassemblement national a présenté son candidat. Député européen, ex-maire de Beaucaire. On parle d’un parachutage. Qu'en pensez-vous ?

Moi, c’est le programme du Rassemblement national qui m'inquiète beaucoup. Et je pense qu'il devrait inquiéter les Nîmoises et les Nîmois parce qu'il se trouve que quand le Rassemblement national a été en responsabilité dans des communes, on voit ce qu'ils ont fait. Ils ont supprimé les subventions ou les locaux des associations comme le Secours populaire qui viennent en aide à des habitants qui ont des problèmes de précarité et de précarité alimentaire en particulier. Quand ils ont été au pouvoir, par exemple à Perpignan, ils ont privatisé un certain nombre de services publics, par exemple les piscines, les funérariums. Et quand ils sont au pouvoir et en responsabilité, pas très loin de Marseille, dans le Var à Fréjus, ils ont eu des démêlés avec la justice. Parce que bien souvent, ils ont surtout essayé de se servir eux-mêmes plutôt que de servir la population.

"Il y a aujourd’hui des divergences politiques avec l'union autour de Vincent Bouget."

Parlons de l'union de la gauche. Elle est en dynamique aujourd’hui. On ne comprend pas très bien votre choix de faire cavalier seul…

Vous savez, aux élections municipales, le mode de scrutin, il est simple. Il y a deux tours et il faut faire plus de 10 % pour être en mesure d'être qualifié au second tour. À Nîmes, il n'existe pas d'hypothèse ou de scénario dans lequel au moins une liste de gauche ne serait pas qualifiée au second tour. Dans ce cas, ça permet aux Nîmoises et aux Nîmoises, au premier tour, de choisir quelle gauche ils veulent avoir à la municipalité. La gauche représentée par la France insoumise, une gauche de rupture, une gauche qui reste fidèle à ses valeurs et à ses principes. Et la gauche que représente l'autre liste de gauche à Nîmes. Il y a aujourd’hui des divergences politiques. Mais évidemment, au deuxième tour, face au Rassemblement national, comme on l'a toujours fait, on organisera le rassemblement. Autour des propositions politiques qu'on met sur la table et qui permettront non seulement de battre l'extrême droite, mais aussi de faire basculer la ville à gauche.

"Au deuxième tour, les listes, elles se rassemblent, donc elles fusionnent."

Et si la France Insoumise réussit son pari de dépasser les 10 %. Est-ce que vous vous maintiendrez pour rentrer au Conseil municipal même dans l’opposition ?

Vous avez l'air d'ignorer qu'il existe une troisième possibilité, qui est d'ailleurs la tradition des élections municipales à gauche depuis plus d'un siècle. C'est qu'au premier tour, il peut y avoir des listes différentes, et puis qu'au deuxième tour, les listes, elles se rassemblent, donc elles fusionnent.

Mais si Vincent Bouget ne souhaite pas fusionner avec vous ?

Si le parti socialiste ou le parti communiste par l'intermédiaire de Vincent Bouget considèrent désormais que face à l'extrême droite, au deuxième tour, il ne faut pas rassembler la gauche, alors ce serait une rupture extrêmement grave. Avec ce qu'est la tradition politique de la gauche dans ce pays depuis plus d'un siècle. Je ne crois pas une seconde que quelqu'un comme M. Bouget, dont je connais les engagements contre l'extrême droite, prenne le risque que la ville de Nîmes puisse basculer. Pour moi, cette hypothèse n'existe pas.

Un mot pour terminer sur le plan national. À l’Assemblée nationale, on s’achemine vers un 49.3 pour faire voter le budget. La faute à qui ?

On en est arrivé là parce qu'il y a eu des élections législatives en 2024, qu'il y a une coalition qui s'appelle le Nouveau Front Populaire qui est arrivée en tête et vous avez un président de la République qui s'entête à continuer à essayer d'imposer une politique minoritaire. Et comme il tente d'imposer une politique minoritaire, évidemment il se heurte à des obstacles et il n'arrive pas à faire voter son budget. Et je regrette, pour vous le dire franchement, qu'un certain nombre de partis qui se disent de gauche ont abandonné à cette occasion les engagements, la parole qu'ils ont donnée devant les électrices et les électeurs et qu'ils fassent le choix, en quelque sorte, de devenir des points d'appui ou des béquilles du Macronisme. Comme le Parti Socialiste a décidé de le faire.

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Propos recueillis par Abdel Samari

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