Publié il y a 1 h - Mise à jour le 13.01.2026 - Yannick Pons - 3 min  - vu 82 fois

NÎMES Vanessa Gilles présente Sara la mémoire de l'eau, une exposition aux accents sacrés

Vanessa Gilles

- Photo Yannick Pons

Au musée des Beaux-Arts de Nîmes, l'exposition de Vanessa Gilles ouvre le Festival flamenco. Elle présente les capes de Sara la noire ainsi que des moments intimes de femmes tsiganes et d'enfants immergés dans les eaux rituelles de la plage des "Saintes". Moments sacrés.  

Sa proximité avec les tsiganes a permis à Vanessa Gilles d’apporter une dimension émotionnelle particulière à ses photos. Il y a dans son travail une dimension artistique et émotionnelle particulière, une profondeur narrative. En réussissant à approcher ces femmes dans des moments intimes, ses clichés relèvent du sacré.

Mémoire de Sara

C’est l’histoire du peuple tsigane qui traverse les mers depuis le nord de l’Inde. Celle des saintes qui fuient la Palestine. Avant d’accoster aux Saints-Maries-de-la-mer par l’eau. Depuis, la mémoire de Sara est transmise par les gestes, par les processions, et par la matière. Les capes protectrices propres au peuple tsigane, portées par Sara, transmettent cette histoire au fil des siècles.

« Cette exposition me tient vraiment à cœur. Elle parle de l'histoire de Sara la noire. Il y a deux versions, la tradition écrite et la tradition orale. C’est une histoire de migrants, de mémoire collective et ce travail parle d'exil, de foi et de guérison », indique Vanessa Gilles.

Le projet s’ancre dans cette dualité et pose une question centrale. Qui est Sara, appelée sainte mais jamais canonisée ? Était-elle présente dans la barque des Saintes Maries comme les écrits le disent ou était-elle celle qui l’accueillit avec son voile bleue comme le raconte la version orale tsigane ? Et ce voile bleu serait devenu cape et guide, un manteau de protection, devenu une offrande. « Il y a une toute petite photo de Sara dans l’expo, j’ai fait moi-même une cape ornée de photos. C’était mon ex-voto pour dire merci à Sarah de m’avoir offert ce merveilleux cadeau », confie l’artiste.

Quelques photos sont exposées au sol dans l'Atrium, en introduction à l'exposition • Photo Yannick Pons

Capes de soie

Comme des sanctuaires textiles, les tirages de soie exposés au musée des Beaux-Arts reprennent les capes cérémonielles de la procession du 25 mai, confiées à Vanessa Gilles par l’église des « Saintes ». Des capes qui ont toutes vécu des processions. Elles ont été portées lors du pèlerinage. Vanessa Gilles les a photographiées puis imprimées en grand format sur soie. À taille réelle. Présentées comme des sanctuaires textiles, elles sont des présences vibratoires, au fil de l'air…

Un travail construit en binôme avec Philippe Moyen, artisan d’art installé à Nîmes face au musée. Ensemble, ils ont transformé la photographie en matière habitée. La soie donne corps aux capes. Le coton accueille les figures des saintes. Et puis des portraits exposés dans la première salle montrent des femmes et des enfants tsiganes immergés dans les eaux rituelles de la plage. Parmi eux, Esmeralda Romanez, présidente de l’Association Européenne des femmes romanis et Voyageuses, une femme engagée contre la déportation notamment, présente au vernissage.

« C’est vrai que cette année, ça avait particulièrement du sens de travailler avec Vanessa, puisqu’en Espagne, il y a eu des fêtes anniversaires par rapport à l’arrivée du peuple gitan dans le pays. En fait, c’est 600 ans. C’est pour ça qu’au moment du Festival flamenco, on voulait faire écho à cette histoire, parce que c’est l’histoire du flamenco, des gitans et des Espagnols », indique Amélie Casasole, directrice du Théâtre de Nîmes.

Peuple tsigane

Depuis longtemps, Vanessa Gilles travaille auprès du peuple tsigane. Son exposition s’inscrit dans une continuité, elle a présenté les prémices en septembre à la galerie Anne Clergue à Arles. La fille de Lucien Clergue, ce photographe arlésien qui a porté le peuple gitan à la lumière. Le prêtre des Saintes-Maries était venu bénir cette exposition, qui a été étoffée de quelques ajouts en arrivant à Nîmes.

Sa proximité avec les tsiganes a permis à Vanessa Gilles d’apporter une dimension émotionnelle particulière à ses photos. Elle présente ici sa sensibilité. Il y a dans son travail une dimension artistique et émotionnelle particulière, une profondeur narrative. En réussissant à approcher ces femmes dans des moments intimes, ses clichés relèvent de l’ordre du sacré.

À noter à l’agenda, jeudi 16 à midi, au bar du théâtre, une conférence de José María Velázquez-Gaztelu, historien, journaliste, poète, sur l’histoire de l’arrivée du peuple gitan en Espagne, il y a 600 ans, et tout ce que cela a déclenché par rapport au flamenco.

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