C’était la décision qui était sur toutes les lèvres et au cœur de toutes les discussions des fans de l’OAC. Qu’on soit supporter ou non du club alésien, difficile de ne pas reconnaître la formidable partition menée par les joueurs de Jean-Marie Pasqualetti lors de cette première partie de saison. Avec un excellent bilan de huit victoires, deux nuls et une seule défaite sur le terrain, les Cévenols se trouvaient en tête du classement au moment de la trêve hivernale. Mais tous savaient qu’une épée de Damoclès planait au-dessus de leurs têtes.
Des réserves lourdes de conséquences
En cause, les réserves déposées par l’OM le 22 août et par Lyon-La Duchère le 30 août. L’Olympique d’Alès en Cévennes a été reconnu coupable d’avoir aligné plus de quatre joueurs mutés lors de deux rencontres, alors qu’une décision disciplinaire reçue en juin l’en empêchait. Sanctionné en octobre dernier par la commission fédérale des règlements et contentieux, Alès avait donc perdu les trois points glanés face à Marseille et les trois points pris contre Lyon-La Duchère, auxquels s’ajoutait un point de pénalité par match. Soit huit points envolés au classement.
Pour rappel, le problème trouve son origine dans une méconnaissance des règles encadrant les mutations de joueurs et la gestion des arbitres. L’un des cas les plus marquants concerne des joueurs arrivés en septembre 2024, dont le statut de joueur muté n’avait pas été correctement identifié. Celui-ci dure en effet 12 mois, et non le temps d’une saison sportive. En parallèle, des sanctions ont également été appliquées pour non-respect du quota d’arbitres par l’ancienne direction lors de la saison 2024-2025.
Un manque de communication dénoncé par le club
Une information que le club n’a découverte qu’à la veille du premier match, via un site internet officiel, faisant passer le nombre de joueurs mutés autorisés de six à quatre cette saison. Contacté par nos soins, le président Jean-Christophe Lafont déplorait en octobre :
« Le district ne nous a envoyé ni courrier ni information. On l’a découvert par hasard, la veille du match de Marseille, sur un logiciel où ils publient tous les arrêtés qu’ils mettent en place sur une multitude de clubs différents », soulignant un manque de communication flagrant des instances encadrantes. Le club a été immédiatement sanctionné, sans avertissement préalable, malgré des démarches rapides pour régulariser la situation dès la prise de connaissance des infractions.
Si le club a bien déposé un recours auprès de la fédération, il s’est même défendu en personne dans les bureaux parisiens, le jeudi 6 novembre dernier. Une audience qui n’aura duré qu’une dizaine de minutes. Durant toute l’audition, les membres de la commission fédérale n’ont pas prononcé un mot, se contentant d’un laconique : « On va vous envoyer le retour le plus rapidement possible. » Un retour finalement arrivé plus d’un mois et demi plus tard.
Un verdict négatif
Le site internet de la FFF a été mis à jour ce mercredi 17 décembre, et le verdict est tombé. L’OAC, voit son appel rejeté, le club qui était leader chute à la sixième place du classement, tandis que Bourgoin-Jallieu s’empare de la tête de la poule avec sept points d’avance sur Alès. Sur le site de la fédération, les rencontres face à Marseille et Lyon-La Duchère apparaissent désormais comme des défaites 3-0, accompagnées de la mention « pénalité ».
Contacté, le club, confirme que cette fois-ci il a été prévenu par mail par la commission qui a donc rejeté son appel « Pour une fois ils nous ont informés. Il va falloir désormais les récupérer sur le terrain, déclare le personnel administratif du club. On s'attendait pas spécialement à quelque chose, même si on espère toujours une clémence de la part des instances, mais apparemment ça suffit pas pour récupérer des points. Ça va être une deuxième partie de championnat encore plus intéressante, et on en saura plus fin janvier avec un gros calendrier qui arrive. »
Un défi immense pour écrire l’histoire
Du côté de la présidence, Jean-Christophe Lafont regrette le manque de communication des instances au moment de la sanction : « En résumé, on n’avait qu’à savoir, en fait. On n’a été informés par personne, mais c’est à nous de nous débrouiller pour savoir. Il faut tout savoir avec eux. » Si le club, alors premier de la poule, connaissait la potentielle sanction, il n’y avait toutefois pas vraiment de surprise au sein des dirigeants et du staff au moment du verdict. D’ailleurs, l’OAC ne contestera pas la décision et ne fera pas appel devant le CNOSF.
Malgré le retrait des huit points, le président se veut optimiste pour la fin de saison, au regard d’une première partie de championnat quasiment parfaite sur le terrain : « On verra ça au fil de l’eau. Il ne faut pas non plus s’enflammer ni trop se projeter. Il faut faire comme le staff le fait depuis le début de la saison : prendre les matchs un par un, tranquillement, et on fera les comptes à la fin. Je suis d’un optimisme positif, donc pour moi, il n’y a pas de raison qu’on n’aille pas titiller Bourgoin pour passer devant en fin de saison. »
Même si la sanction est appliquée, le club se sent plus que jamais soutenu par le bassin alésien, qui a senti le renouveau d’un club, aussi bien dans les infrastructures que dans les mentalités, et sur le terrain, avec un esprit cévenol retrouvé. Un investissement des entreprises du territoire qui fait chaud au cœur du président, lequel souhaite les remercier pour cette première partie de saison : « Merci à elles pour leur investissement et leur soutien, et surtout aux bénévoles et à toutes les personnes qui gravitent autour du club. On veut faire une belle année 2026 pour eux. »
En octobre dernier au moment de la sanction, le président Jean-Christophe Lafont déclarait : « Il reste 22 matchs. Si on les gagne, on aura 68 points et on sera de nouveau premiers. Montrons à tout le monde qu’on mérite notre place. » Il reste désormais 15 matchs et 45 points à aller chercher pour les Alésiens, avec l’espoir d’écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du club et du territoire cévenol.