En 1926, 80 agriculteurs avaient mis la main à la pâte, en regroupant leurs récoltes de blé, afin de fabriquer leur propre pain. Pour l'anecdote : le 11 juin 1926, un premier boulanger a été employé pour faire cuire la baguette des adhérents et de leur famille. 100 ans plus tard, la boulangerie de Pujaut tourne toujours à plein régime. Franck Beau est fidèle au poste et continue de pétrir la pate, depuis 7 ans, avant de l'enfourner dans son four à bois. Un savoir-faire que le président veut perpétuer coûte que coûte. En gardant les mêmes valeurs : "proximité, partage et authenticité".
Une gamme de pains : du céréale au diététique
Derrière les vitrines, les grands gourmands saliveront d'avance. Différents types de pain sont vendus, comme la perle noir, du pain complet, du pain aux céréales, du pain au maïs ou encore au seigle. Une nouvelle gamme de pain a été ajoutée. Pour alier goût, plaisir, tout en restant affuté, des pains diététiques sont aussi disponibles.
Pour le salé, des fougasses au choix sont preparées. Au rayon sucré, des viennoiseries, comme des muffin, brioches pains au chocolat et compagnie, patientent sagement d'être choisies et dégustées. Côté nouveauté, des pâtisseries ont été ajoutées. Préparées la veille, les produits trouvent vite preneurs, en fonction de l'affluence. Toutefois, la boulangerie traverse une phase financière délicate. Le président sait qu'il lui reste du pain sur la planche, pour redresser la situation.
Christian Seignez : "Préparer les 100 suivantes"
Joyeux mais soucieux, Christian Seignez ne masque pas sa préoccupation : "Célébrer un centenaire, c'est regarder la réalité en face", pose le président, avant de donner une explication : "La principale difficulté est ailleurs : elle tient au nombre insuffisant d'adhérents. Cette situation nous invite à une réflexion simple : quel avenir voulons nous pour cette boulangerie", s'interroge t-il, conscient que la gestion de cette boulangerie coopérative demande de se réinventer pour évoluer : "Le plus bel hommage que nous puissions rendre à ceux qui nous ont précédé n'est pas seulement de célébrer ses 100 années, c'est de préparer les 100 suivantes", arrangue t-il, dans son discours.
"Il y a de la proximité avec le client"
Attirer de nouveaux membres est la principale piste envisagée : "Nous devons maintenant convaincre de nouvelles personnes de nous rejoindre, de partager notre projet et de devenir les acteurs de cette aventure collective", pousse-t-il, pour redonner un nouvel élan à la "coopé" du village. La transmission et le contact avec le client, c'est ce qui anime aussi Christine Serre, qui enfile son tablier et sert les clients avec dévouement depuis 20 ans. "J'aime bien le côté familial de cette boulangerrie. On discute, il y a de la proximité avec le client. J'ai revu des enfants qui ont aujourd'hui 20 ans", confie-t-elle, épanouie dans son métier-passion.
Cette boulangerie incarne un pant du patrimoine de Pujaut, que les acteurs de ce projet souhaitent préserver, avec moins de mais et plus de mie.
Mode d'emploi d'une boulangerie coopérative
L'adhérent paye une cotisation annuelle, ici de 15 euros. Vous ne payez pas en caisse à chaque passage. Vos achats sont enregistrés et alimentent votre compte. En fin de mois, une facture vous est adressée par mail ou remise en main propre. Interessé(e) pour rejoindre la "Coopé" ? Il vous suffit de proposer votre candidature lors de l'assemblée générale.