L’Observatoire national de lutte contre l'islamophobie a recensé 326 actes antimusulmans en 2025, soit une augmentation de 88 % par rapport à l’année 2024. Une progression jugée préoccupante par ses responsables, qui estiment toutefois que ces chiffres ne reflètent pas pleinement la réalité.
Selon Abdellah Zekri, président nîmois de l’Observatoire, de nombreux responsables de lieux de culte choisiraient de ne pas porter plainte, estimant que les procédures aboutissent rarement. Cette réticence contribuerait à une sous-évaluation du nombre réel d’actes.
L’organisation relie également cette hausse à un climat politique qu’elle juge tendu, notamment à l’approche des prochaines échéances électorales. Elle dénonce une stigmatisation croissante des musulmans dans certains discours publics. « Les musulmans de France en ont assez d’être considérés comme les lépreux de la République », déclare Abdellah Zekri, évoquant un « racisme banalisé ».
Par ailleurs, l’Observatoire affirme être régulièrement saisi pour des situations de discrimination dans différents secteurs : enseignement, forces de l’ordre, collectivités locales, transports ou encore médias. Son président appelle au respect du principe d’égalité et s’interroge sur la réalité du « vivre-ensemble » en France.
Enfin, l’organisation alerte sur la montée de la cyberhaine, estimant que les réseaux sociaux favorisent la diffusion de propos hostiles et de désinformation visant les musulmans et l’islam. Elle appelle à ce que la religion musulmane et l’exercice de son culte soient traités selon les mêmes principes que les autres religions présentes en France.