La montée du niveau de la mer, les inondations et les submersions marines se font déjà sentir sur le littoral camarguais. La Communauté de communes Terre de Camargue a réuni ses partenaires pour dresser un état des lieux des réponses engagées et des stratégies à construire pour préparer l'avenir du territoire.
En ouverture de la matinée, Thierry Féline, président de Terre de Camargue et maire de Saint-Laurent-d'Aigouze, a rappelé, aux côtés de Philippe Brousses, vice-président délégué aux Politiques environnementales et au développement durable, la nécessité d'une réponse collective. "Notre responsabilité est de transmettre une véritable culture du risque, sans céder à la dramatisation", a-t-il souligné, posant une question de fond : quel territoire les élus souhaitent-ils transmettre aux générations futures ?
Le PCAET, un plan d'action déjà bien engagé
Adopté le 8 février 2024, le Plan climat air énergie territorial est obligatoire pour toute intercommunalité de plus de 20 000 habitants depuis la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) d'août 2015. Il a été construit à travers une large concertation associant élus, partenaires, socioprofessionnels et habitants.
Marion Eyssette, cheffe de projet Transition écologique à Terre de Camargue, est revenue sur la méthodologie et les objectifs du plan : diviser par deux les consommations d'énergie du territoire et multiplier par six la production d'énergies renouvelables afin d'atteindre un point d'équilibre à l'horizon 2050.
En 2025, le PCAET a accompagné ou initié une trentaine de projets sur l'ensemble du territoire. Parmi les actions menées : accompagnement à la rénovation de logements dans le cadre du Pacte territorial signé avec l'État, poursuite du dispositif "Coup de pouce logement" qui a permis de financer les travaux d'une vingtaine de ménages, installation de nouveaux composteurs collectifs ou encore validation, en novembre 2025, du Plan local de prévention des déchets ménagers et assimilés.
Les communes membres ont également porté leurs propres initiatives : livraison d'un parking à sol perméable à Aigues-Mortes, aménagement de pistes cyclables et déploiement d'une navette urbaine électrique au Grau-du-Roi, ou encore travaux de sécurisation de la station de pompage sur le Vidourle à Saint-Laurent-d'Aigouze. Désormais, l'adaptation au changement climatique irrigue l'ensemble des politiques publiques locales, de l'aménagement aux mobilités en passant par le tourisme, avec un objectif partagé : renforcer la résilience du territoire.
La matinée s'est poursuivie par une table ronde rassemblant les principaux acteurs de la prévention des risques naturels sur le territoire : l'EPTB Vistre-Vistrenque, l'EPTB Vidourle, le SYMADREM et l'Entente du golfe d'Aigues-Mortes.
Alexandre Richard est intervenu pour la région Occitanie, sur le Plan littoral 21 et sa déclinaison, le plan d'adaptation au changement climatique du littoral d'Occitanie (PACCLO), adopté en 2024 avec l'État et la Banque des Territoires. Ce dispositif régional accompagne les collectivités, via une offre d'ingénierie technique et financière, dans l'élaboration de stratégies locales de gestion intégrée du trait de côte, en lien avec les Programmes d'actions de prévention des inondations (PAPI).
En conclusion de cette matinée d'échanges, Thierry Féline a rappelé que la construction d'un territoire plus résilient repose sur la complémentarité des compétences, la coopération entre les acteurs, le partage des connaissances et une vision de long terme. L'adaptation au changement climatique en Terre de Camargue ne pourra reposer sur une seule institution, mais bien sur l'ensemble des forces vives du territoire.