Jacques, un des douze apôtres du Christ, est le fils de Zébédée, patron-pêcheur sur le lac de Tibériade, et le frère de Jean le futur évangéliste. Peu après la Pentecôte, où il reçoit le don des langues, il part christianiser la terre d’Espagne.
Son discours doit être peu convaincant, puisqu’il revient en Palestine quelques années plus tard, ayant à peine converti à la foi nouvelle une dizaine d’Ibères. Comme Jacques se montre peu enclin au compromis avec les Juifs traditionalistes comme avec les Romains, parvenant même à convertir ses ennemis, Hérode Agrippa le fait arrêter et décapiter.
Ses compagnons embarquent alors sur un vaisseau avec le corps de Jacques et prennent le large pour revenir enterrer leur ami en Terre d’Espagne. Porté par les courants et les vents, le vaisseau s’échoue sur une plage de Galice, près de la ville d’Iria Flavia, actuellement Padrón.
La reine du pays, qui porte le joli nom de Louve, contraint ces étrangers à faire des choses moult dangereuses, comme de chasser le dragon, ou d’atteler le char transportant le cercueil à des taureaux sauvages, avant de leur accorder enfin l’autorisation d’enterrer le malheureux à cinq lieues de là. Louve se convertit devant les miracles accomplis.
À cette période, sous administration romaine, il est fait interdiction aux chrétiens, sous peine de mort, d’aller honorer les sépultures de leurs martyrs. Alors, peu à peu, la mémoire du tombeau se perd, d’autant que de nombreuses invasions font régner en Hispanie une insécurité permanente : les Wisigoths venus du nord, puis les Maures venus du sud. Huit siècles s’écoulent ainsi, et Jacques repose en paix près du Cap Finisterre. Il repose même tellement que tout le monde a oublié sa tombe.
Il y a quatre routes qui, menant à Saint-Jacques, se réunissent en une seule, à Puente la Reina en territoire espagnol. L’une passe par Saint-Gilles, Montpellier, Toulouse, et le Somport.
Aujourd’hui, ce chemin est long de quelque 785 km d’Arles au col du Somport (sans oublier les 161 km entre le Somport et Puente la Reina) soit de 28 à 36 jours (plus cinq à sept jours. Labellisée par la FFRandonnée sous le nom de GR®653, la voie d’Arles, aussi appelée Via Tolosana, est celle qui est la plus intéressante pour les Gardois.
Elle rencontre d’autres lieux forts de l’histoire et de la géographie comme l’abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard, l’ancienne abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert ou encore le seuil de Naurouze ou encore le col du Somport.
Quoi qu’il en soit, Saint-Gilles inaugurait un nouveau balisage de ce chemin d’importance qui a fait de la cité, au Moyen Âge, une des plus importantes pour la chrétienté.
Ce moment convivial servait à célébrer ensemble le patrimoine, à valoriser le savoir-faire local et à mettre en lumière l'un des plus célèbres itinéraires de pèlerinage traversant la ville.
Un parcours de quelques kilomètres a précédé cette inauguration afin de découvrir le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle au cœur de Saint-Gilles.
Les pèlerins en métal ont été offerts à la commune grâce au savoir-faire des entreprises DG Laser et SDMI situées à Saint-Gilles et à l’implication de nombreux bénévoles de l’association Accueil et traditions Saint-Gilles/Saint-Jacques.
Voici un parcours à vivre pleinement en centre-ville de Saint-Gilles, par les touristes, certes, mais aussi par les riverains ! Ce projet vise également à encourager les Saint-Gillois à lever les yeux et à en apprendre davantage sur leur cité. L’idée est que chacun puisse découvrir ou redécouvrir l’histoire de Saint-Gilles afin de se l’approprier et de la partager avec d’autres.
L’objectif en filigrane est d’encourager la fierté de partager un cadre urbain qu’on aime, qu’on connaît et qu’on respecte.
Au-delà de cette nouvelle signalétique possible grâce aux nombreux travaux de réhabilitation réalisés dans le centre historique, la Ville de Saint-Gilles a par ailleurs entrepris de valoriser son patrimoine remarquable. Ainsi, des projets de médiation culturelle, de soutien au partage des savoirs et de création d’outils d’interprétation ont été menés. Entre 2018 et 2024, c’est ainsi que ces actions ont été réunies sous la bannière « Valorisation et médiation autour du patrimoine ».