Le coup de fil a été passé, ce lundi, par Denis Bouad à la présidente Françoise Laurent-Perrigot. Le socialiste a annoncé à sa camarade qu’il se mettait « en retrait » du groupe socialiste au Conseil départemental*. Un décision « sans faire d’histoire, simplement je prends mes distances ». La présidente, qui l’a publiquement soutenu en signant une tribune en sa faveur, a pris acte de sa décision. Et à l'une de nos sources d'avancer : « Denis Bouad refuse de rester dans un groupe présidé par Christophe Serre, qui soutient une candidate qui n’est pas socialiste… »
En l’occurrence, « la candidate » est Carole Bergeri, la binôme (sans étiquette) de Christophe Serre sur le canton de Pont-Saint-Esprit. Ex-numéro 2 de la liste de Denis Bouad aux sénatoriales 2020, les relations entre les deux élus se sont rompues lorsque Denis Bouad, lui a annoncé, qu’il réservait la deuxième place à une candidate communiste pour les prochaines sénatoriales, suite à la victoire de la gauche aux municipales nîmoises.
Au Département, dans le groupe de la majorité, Christophe Serre n’est pas le seul à soutenir Carole Bergeri. Selon nos informations, les élus départementaux du Vigan, Martin Delord et Hélène Meunier, sont aussi derrière elle. Enfin, pour ajouter de la complexité à la complexité : un autre élu du groupe est officiellement candidat : Alexandre Pissas, du canton de Bagnols. Investi par les socialistes du Gard, il est désormais dans l’attente de la décision de la direction nationale du PS, qui pourrait, comme en 2020, préférer Denis Bouad.
« Finalement, tout le monde s’en fiche »
Alors, si Françoise Laurent-Perrigot soutient Denis Bouad, elle n’a pas essayé de dissuader Carole Bergeri de retirer sa candidature. « Elle laisse à ses élus leur autonomie… Qu’aurait-il fallu faire ? Couper la tête de Carole Bergeri ? C’est ridicule… », pointe un socialiste. Un autre, proche de Denis Bouad, n'est pas d'accord : « En tant que présidente du Département, elle devrait mettre fin au bordel et réunir autour de la table tous les candidats. D'autant plus qu'il y a un risque RN ! Le problème, c’est que ce n’est pas sa façon de faire. »
Enfin, un troisième observateur remarque : « La mise en retrait de Denis Bouad, on n’en parle pas vraiment… S’il était parti et avait créé un autre groupe avec d’autres élus, la situation politique aurait été différente. Finalement, tout le monde s’en fiche. » Pour l'instant ?
Officiellement, le groupe est intitulé « Républicain, socialiste et écologiste ».