Violemment percuté par la moto et par une barrière, le sexagénaire s’est « fait éventrer », rejoue-t-il : hémorragie interne, organes perforés, quatre jours en réanimation au Centre hospitalier d’Avignon et « 1,50 mètre de boyaux en moins », explique-t-il. S’il s’en est sorti, les séquelles sont lourdes : 20 kilos de perdus, un transit intestinal chaotique, et un état psychologique fragile. « Je ne sors plus de ma maison, je suis agriculteur, je ne peux plus travailler », dit-il. Avec des conséquences aussi sur le plan financier.
Un an après, alors que le Sou’Papes festival fait son retour ce week-end, « je ne pense qu’à ça », souffle-t-il, surtout après le coup de massue qu’il a pris, comme les sept autres victimes, le 27 mars dernier avec le classement sans suite pénale de l’accident suite à l’enquête de police pour « infraction insuffisamment caractérisée ». De leur côté, les organisateurs nous avaient affirmé, en décembre : « Nous avons un chargé de sécurité indépendant, nous avons déposé un dossier validé par la préfecture, la commission de sécurité était favorable, nous avons toujours été dans les règles. »
« C’est honteux, ils auraient dû être condamnés à ne plus refaire leur festival », s’emporte Jean-Claude Laville, qui se dit « écœuré ». Surtout que « un an après, rien n’a évolué, ni la santé, ni le moral, ni les affaires, ni les finances, rien ne se passe », poursuit-il, affirmant n’avoir pas touché le moindre euro d’indemnisation à ce stade, et ne pas avoir de nouvelles de l’assurance des organisateurs de l’événement.
Alors même s’il dit « se foutre de l’argent » qui ne lui « rendra pas (ses) boyaux », Jean-Claude Laville veut désormais poursuivre l’affaire en justice, mais cette fois au civil. Avec un espoir, celui de « tourner la page », avance-t-il. Alors ce dimanche, un an jour pour jour après l’accident, Jean-Claude Laville sera loin du Parc expo d’Avignon : « Je serai à Lourdes, où voulez-vous que j’aille d’autre ? »