Il n'en existe que cinq dans toute l'Occitanie, bientôt six. L'Institut Émmanuel d'Alzon et plus précisement son lycée agricole de Vestric-et-Candiac, développe son panel de filière dès septembre 2026. Après avoir lancé une offre sur l'imagerie médicale et une autre sur l'optique, le BTSA Métiers de l'Élevage ouvrira à la rentrée prochaine. Les étudiants gardois n'auront donc plus besoin de se rendre à Maruéjols (Lozère), lieu de formation le plus proche, et pourront s'inscrire dans la continuité de plusieurs bac professionnels (CGEA par exemple). "Nous continuons à nous adapter à la demande des entreprises", explique le directeur général Yvan Lachaud.
Ce BTSA permettra plusieurs types de débouchés, en plus de mettre à l'honneur les trésors de la Camargue. Il formera des professionnels capables de conduire tout un système d'élevage performant, d'accompagner les transitions agroécologiques et d'apporter un appui stratégique et technique aux acteurs du monde agricole. "Ils pourront monter une exploitation, ou travailler en tant que salarié, mais aussi travailler dans la recherche et le développement ou encore intégrer des structures telles que la Chambre d'agriculture", énumère Sandrine David, responsable de la future formation.
Dominique Granier, président de la SAFER Gard, le rappelle : le renouvellement et la formation de personnes est essentiel pour l'avenir de ces métiers. "L'élevage attire et tant mieux. Il faut permettre l'installation d'autres personnes que les descendants d'agriculteurs, et en faire des travailleurs qui durent dans le temps".
Représentant l'enseignement agricole privé en Occitanie, Christel Fugit-Dulout est heureuse de voir fleurir une nouvelle formation du type sur le territoire. "Celui-ci justifie pleinement la présence de ce type de BTSA. Le diplôme prendra tout son sens et permettra de renouveler les générations", promet-elle. L'établissement vise seize personnes pour sa première promotion, et peut aller jusqu'à 32 grand maximum même si ce n'est pas le but recherché.
Pour intégrer cet établissement, qui est réservé à toutes les tranches d'âge, il faut déjà avoir l'envie de travailler, parce que gérer une exploitation est un travail de tous les instants. Il faut également faire preuve de curiosité et de solidarité, vouloir oeuvrer pour les animaux mais aussi les agriculteurs et de préférence disposer d'une formation similaire à la filière. "Un agriculteur s'adapte à son époque ainsi qu'à son milieu, ainsi on aura une relève qui sera techniquement plus qualifié", assure Mathieu Lacan, éleveur bio installé à Vauvert depuis une dizaine d'années, spécialisé dans le boeuf de race angus. Reconverti dans le milieu, il interviendra auprès des futurs élèves pour leur transmettre son expérience de vie.
Informations à savoir :
- 14 semaines de stages réparties sur deux ans (exploitations, entreprise de conseil...)
- Visites, projets tutorés, études de cas, expérimentations professionnelles
- Mises en situation concrètes, en lien avec les espèces supports, les filières et le territoire
- Partenariat fort avec les acteurs agricoles locaux
- Pluri-disciplinarité, agroécologie et élevage en Camargue : préserver les traditions en adaptant ses pratiques