Représenter et rendre réel l'absence. C'est le défi lancé à des étudiantes suédoises, scolarisées à l'école de Mont-Cotton. Après plusieurs mois de préparation intense, les artistes ont pu dévoiler leurs toiles et créations au grand jour. « Les étudiants ont choisi de représenter quelque chose à partir de cette thématique. C’est un dessin de cette sculpture. Cela repose sur l’équilibre entre deux personnes. Il y a un travail autour de la silhouette », explique Helena Schmidt Bourges, en montrant les deux œuvres de Linn Warnby. La professeure et directrice de l'école d'art bagnolaise a été à leurs côtés dès les premiers coups de pinceaux.
« Mon travail artistique est une plongée en profondeur »
Elsa Bäck a accepté de parler de son tableau, pour mieux rentrer dans son univers : « Le bleu représente la couleur du ciel, aussi la fragilité. Les fenêtres sont transparentes. J'ai voulu représenter le vide. C'est une jeune enfant qui joue dans une pièce d'une maison. » Dans sa seconde peinture, on distingue de dos, un garçon, peint en rose, et comme noyé dans l'espace : « Mon travail artistique est une plongée en profondeur dans l'espace vide. Que se cache-t-il sous la surface ? Je creuse, je plonge », analyse-t-elle, dans sa note de synthèse.
Un coeur ouvert, une pomme moisie
Stina Löfström a décidé de son côté d'utiliser un tissu pour représenter son œuvre et une émotion : le brouillard. « L'art est une composition de sentiments du présent, de souvenirs du passé et de rêves futurs. La présence de l'absence est pour moi : être absent du monde extérieur mais présent dans ses pensées », explique-t-elle. Comme pour mieux maîtriser ses émotions, pour se sentir bien dans sa tête. Une artiste en herbe est allée encore plus loin dans l'imaginaire, en représentant un cœur ouvert et une peinture, reliés ensemble par le symbole de l'amour.
Fan de films et adepte de la vidéo, Olivia Törnqvist a réalisé une vidéo sonore, pour exprimer ce qu'elle ressent. Des formes et des images défilent. Celle-ci cherche à entrouvrir les carapaces, à découvrir ce que nous gardons secrets : « Qu'est-ce qu'il y a entre les couches ? Derrière la coquille ? Peut-être qu'il y a des trésors dans les craquelures, des traces, des illusions, des rêves. » Une pomme moisie peut donc rester juteuse… À vous de vous faire votre propre idée.
Ce travail immersif et contemplatif est le fruit de leurs recherches, de leurs inspirations et de leurs talents.
L'exposition « La Présence de l'Absence » est à découvrir jusqu'au samedi 30 mai, de 10h à 19h. Lieu : Centre d'Art rhodanien, à l'espace Saint-Maur. Entrée libre.