Après s’être présenté chacun durant une minute, les cinq prétendants ont ensuite tout à tour répondu à huit questions. Ils avaient à chaque fois une minute et 45 secondes pour répondre, pas une seconde de plus. Un éclairage qui a permis de mettre en avant le match dans le match qui se joue entre Vincent Bouget et Franck Proust, les deux favoris à l’élection. Si on a assisté à quelques piques, les candidats n’avaient pas le droit de répondre aux attaques et avaient signé une charte dans ce sens pour rester dans les idées face aux 250 personnes présentes dans l’amphithéâtre.
Franck Proust : « Il faut geler les grandes surfaces »
D’emblée, Franck Proust a tenu à rappeler qu’il était chef d’entreprise et qu’il savait ce que c’était "de payer des charges". Pour le candidat LR, pour gérer de manière globale l’attractivité du territoire, il faut le même élu à la ville-centre et l’Agglo. Pour répondre efficacement aux demandes d’installation en centre-ville, il propose de créer une Maison de l’attractivité et veut travailler sur l’ordonnancement de l’implantation des commerces. "Quand je vois quatre boulangers dans une rue, c’est un non-sens", constate-t-il, annonçant aussi vouloir faire un moratoire sur le commerce de périphérie. « L’offre est suffisante, il faut geler les grandes surfaces et renforcer l’attractivité du centre-ville tout en créant un environnement pour attirer les grandes enseignes. » Concernant la gestion de la compétence tourisme, le président de Nîmes métropole veut la faire passer à l’Agglo afin de créer un seul et même bureau, « il n’y a aucune cohérence à communiquer à part entre Nîmes et la métropole. » Au sujet des zones d’activités économiques et de la difficulté à trouver des nouveaux terrains, « il faut d’abord remplir le foncier existant et se focaliser d’abord sur le marché gare. » Franck Proust veut aussi implanter des écoles de formation aux nouveaux métiers et encourager les incubateurs comme le Bic Innov’up.
« Trop de DSP » pour Vincent Bouget
Pour le candidat de l’union de la Gauche, Vincent Bouget, la priorité est de créer une agence de développement économique comme une porte d’entrée commune pour associer tous les acteurs et un office du commerce et de l’artisanat en centre-ville pour faciliter les installations. Pour montrer que la question économique compte aussi pour la Gauche, s’il est élu maire, il a annoncé « prendre un petit déjeuner tous les 15 jours avec une quinzaine de chefs d’entreprise pendant tout le mandat. » Pour l’actuel conseiller municipal d’opposition, il y a aussi « un changement à faire dans la gouvernance liée aux délégations de service public concernant le musée de la Romanité, l’office de tourisme et les monuments romains. On n’y comprend rien, il y a trop de DSP. Il faut sortir les monuments romains d’une DSP. » Au sujet des zones d’activités économiques, il plaide « pour un observatoire du foncier en s’appuyant sur la SPL Agate qui doit recentrer ses activités » égratignant au passage le président de Nîmes métropole sur Magna Porta, « on se retrouve avec 29 hectares alors que l’on nous promettait la Silicon Valley. » Enfin, il souhaite faire de Nîmes une ville véritablement étudiante en se rapprochant davantage de l’université de Montpellier.
Julien Sanchez veut préempter plus de commerces
N'oubliant pas d’insister sur le fait qu’il a déjà été maire, à Beaucaire, Julien Sanchez a critiqué l’offre de stationnement, notamment sur les jours fériés et en période de soldes, reprochant également « un manque d’animations gratuites ». Selon le candidat RN, il faut créer les conditions pour amener des consommateurs en centre-ville et attirer des commerçants par le biais de la préemption. « La ville compte beaucoup de surfaces qui sont vides. Il faut les sous-louer à des prix attractifs pour favoriser les installations plutôt que de les laisser vides et maitriser ceux qui s’installent pour éviter des nuisances au pied des immeubles », a-t-il proposé. Il fait des halles de Nîmes un sujet urgent et a annoncé, en cas d’élection, « remettre de l’ordre dans les marchés publics afin de les gérer sans conflit d’intérêt ni favoritisme. »
Créer une cité de l’eau pour Julien Plantier
Julien Plantier est le seul à avoir fait le choix de rester debout tout le long de la séquence. L’ancien premier adjoint a clairement opposé le commerce de centre-ville et celui en périphérie. « Il faut arrêter de développer les zones commerciales en périphérie. C’est pourquoi j’ai créé la SAT qui a rassemblé 20 M€ pour recréer du commerce et accompagner des installations », a-t-il déclaré. « Avec 20 millions d’euros, on ne fait pas grand-chose ! », a ensuite taclé Franck Proust concernant son ancien allié. Il a aussi évoqué une proposition phare : créer à Nîmes une cité de l’eau. En lien avec le passé romain de Nemausus, les périodes de sécheresse estivales, mais aussi les inondations que la ville connaît afin d’attirer des start-ups et des entreprises innovantes dans ce domaine. « Nîmes a tous les atouts pour créer un pôle économique autour de l’eau », a-t-il conclu sur ce sujet. Le candidat divers droite a annoncé vouloir être un maire dans la concertation sur l’ensemble des projets structurants, regrettant « une approche très verticale » durant le mandat écoulé.
Jean-Marc Philibert mise sur la toile denim
De son côté, la tête de liste citoyenne Jean-Marc Philibert veut réunir les commerçants au lendemain des élections pour connaître leur sentiment sur l’activité en centre-ville. Concernant le tourisme et face aux chaleurs accablantes de l’été, il veut développer un tourisme en dehors du centre-ville souvent déserté quand il fait 40 degrés, en garrigues, mais aussi en Camargue et travailler davantage sur l’œnotourisme. Concernant l’attractivité économique, le candidat veut mettre le paquet sur la toile de jeans denim. « Il faut l’exporter un peu partout, on peut imaginer que la toile denim occupe les sièges d’avion. » Il souhaite aussi spécialiser la ville dans la déconstruction de trains.
Pour conclure cette soirée, c’est Éric Giraudier, président de la CCI, qui a remercié les candidats de s'être prêté à l’exercice : "Vous avez accepté un format compliqué et vous avez été brillants. C’est tout à votre honneur d’avoir bien voulu être présent pour contribuer à éclairer le choix des chefs d’entreprise." Verdict le 22 mars.