Publié il y a 1 h - Mise à jour le 31.05.2026 - François Desmeures - 2 min  - vu 50 fois

FAIT DU JOUR Dans la station spatiale et à l'école de Robiac germent les mêmes graines

La classe de CE2-CM1-CM2 de Robiac-Rocchessadoule est l'une des 4 500 en France à participer à l'expérience ChlorISS

- François Desmeures

La spationaute Sophie Adenot, qui est actuellement en orbite dans la station spatiale internationale, a lancé un défi scientifique aux élèves de 4 500 écoles : réaliser la même expérience qu'elle dans l'espace, en voyant comment réagissent des graines à la lumière et à la gravité. Sur onze jours, ils doivent observer la germination dans des boîtes en plastique, sans lumière ou avec une lumière atténuée qui ne pénètre pas toujours par le même orifice. Tout en émettant des hypothèses et en les vérifiant. Sophie Adenot livrera ses propres résultats mercredi. 

La classe de CE2-CM1-CM2 de Robiac-Rocchessadoule est l'une des 4 500 en France à participer à l'expérience ChlorISS • François Desmeures

"Maîtresse, on ne va rien y voir si on dessine aussi la buée !" Invités à reproduire en dessin l'expérience installée dans une grande boîte en carton, les élèves de CE2-CM1-CM2 de l'école primaire Ferdinand-Chalmeton se posent des questions. Leur maîtresse, Cécile Coustès, les réoriente vers l'essentiel : les graines. Sa classe participe, avec 4 500 autres en France, à une expérience guidée, à grande distance, par la spationaute Sophie Adenot, à bord de l'ISS (station spatiale internationale) depuis février dernier. 

Les enfants sont chargés de mener la même expérience que celle que l'ingénieure de l'armée de l'air exécute en ce moment en orbite autour de la terre, à travers le programme ChlorISS (lire ici). "C'est pour voir la différence entre la gravité terrestre et dans l'espace", explique un élève sur sollicitation de sa professeure. "On a pris une petite boîte, on a mis de la mousse puis un autre papier de germination. On a mis de l'eau, les graines, on a refermé et on a collé." 

Les boîtes de Petri, où poussent les graines d'arabettes des Dames sauvage • François Desmeures

Ces boîtes de Petri finissent dans une autre boîte, en carton celle-ci, fabriquée en classe. Avec des trous de lumière, qui s'occultent selon que la boîte est posée à l'horizontale - ce qui fut le cas au début de l'expérience - ou à la verticale. Certains trous sont partiellement équipés de filtres bleu ou rouge. Les boîtes sont donc plus ou moins éclairées, selon la lumière du jour ou le positionnement de la boîte. Dans l'espace, "en semi-gravité", précise une élève, Sophie Adenot se sert d'une lumière artificielle pour réaliser la même expérience.

Les enfants constatent ensemble l'évolution de la germination dans les boîtes Petri... • François Desmeures

Les graines sont de l'arabette des Dames sauvages. "Son vrai nom, c'est Arabidopsis thaliana", précise un garçon dans un latin floral parfait. Il est l'heure de "dessiner la plante pour se souvenir de comment elle était avant de tourner la boîte", précise Cécile Coustès. Sans la buée, donc. Et surtout, de vérifier les hypothèses émises la semaine précédente : "Est-ce que les plantes ont poussé dans ce sens pour aller voir la lumière ? Ou bien à cause de la gravité ?"

... avant d'aller en rendre compte par un dessin • François Desmeures

Par leurs dessins, les enfants commencent à confirmer leurs hypothèses. Chaque jour, ils ont envoyé un cliché de l'évolution de leur germination au CNES (Centre national d'études spatiales). "Peut-être que les graines vont toutes germer, espère un garçon. Ou qu'elles vont toutes pousser pareil. Après, on pourra vérifier qu'on a raison."

Les hypothèses formulées en classe • François Desmeures

Mercredi, Sophie Adenot livrera les résultats de sa propre expérience, à plus de 400 kms de la terre. Un choix de jour de la semaine étonnant, alors que ceux qui ont partagé l'expérience à distance avec elle n'auront pas école. Les enfants verront donc son intervention le jeudi. Entretemps, leurs données de croissance et d'évolution de leurs arabettes des Dames sauvages seront aussi envoyées au CNES. Qui confirmera, sans nul doute, une bonne part des hypothèses de la classe rochessadouloise...

François Desmeures

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