Éducation
Publié il y a 1 an - Mise à jour le 26.04.2021 - stephanie-marin - 4 min  - vu 509 fois

GARD Philippe Maheu (Dasen) : "On va avoir la possibilité de multiplier le nombre de tests"

Philippe Maheu, Dasen du Gard et Sophie Béjean, rectrice de l'académie de Montpellier. (Photo : ObjectifGard)

Philippe Maheu, le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) du Gard. (Photo : Objectif Gard)

Ce lundi 26 avril, les élèves gardois de maternelle et d'élémentaire reprennent le chemin de l'école. Comment cette rentrée a-t-elle été organisée dans ce contexte de crise sanitaire encore une fois ? Le directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gard (Dasen) répond aux questions d'Objectif Gard.

Objectif Gard : De quelle manière et dans quelles conditions s'organise cette rentrée scolaire ?

Philippe Maheu : Les élèves de maternelle et d'élémentaire font leur rentrée à partir de ce lundi matin. Nous allons mettre en place le système que nous avions auparavant, c'est-à-dire les tests salivaires. La stratégie générale est d'identifier au plus vite les éventuels cas positifs pour fermer une classe, isoler les personnes et donc garder les écoles ouvertes.

Les tests seront-ils systématiques pour chaque élève ?

Jusque-là, seize écoles dans le département étaient identifiées comme des écoles sentinelles avec ces fameux tests salivaires qui nous permettaient de détecter d'éventuels cas positifs. Je dis "écoles sentinelles" parce qu'elles ont été réparties dans tout le département pour à la fois avoir des écoles de dimensions différentes, certaines dans des grandes villes, d'autres en milieu rural. On a couvert l'ensemble du territoire pour avoir régulièrement une photographie de la circulation du virus. À partir de lundi, on va augmenter le nombre d'écoles dites "sentinelles" avec la diffusion de tests salivaires pour beaucoup plus d'enfants. L'objectif est de multiplier par deux notre réseau. Cela se fait en lien avec l'ARS (Agence régionale de santé Occitanie). Ce qui est intéressant, c'est de regarder les endroits dans le département où le virus circule de manière plus accentuée que d'autres. Par exemple, la circulation du virus en ce moment à Alès est un peu plus importante qu'ailleurs. De même que dans le sud du département, du côté de Beaucaire, de Vauvert... On va prendre en compte les derniers indicateurs de circulation du virus que nous fournit chaque semaine l'ARS et à partir de cela nous développerons notre réseau "sentinelle" pour que les écoles testent régulièrement dans ces endroits.

Qui réalise ces tests sur les enfants ?

Avant les vacances de printemps, nous avions travaillé avec l'ARS. Elle nous avait mis en contact avec deux grands laboratoires, Biosud et Bioaxiome, pour l'analyse des prélèvements de nos fameuses seize écoles régulièrement testées. Nous avons également recruté des médiateurs soit 18 équivalents temps plein. Je suis assez content parce que ces médiateurs qu'on appelle LAC (Lutte anti-covid), ont essentiellement été recrutés chez les étudiants. Nous avons pu ainsi offrir un job à nos étudiants qui pour beaucoup d'entre eux sont en difficulté. Nous les avons formé et ils viennent nous aider à accompagner les tout-petits en particulier, pour faire ces prélèvements salivaires. On va là aussi de nouveau mobiliser nos médiateurs pour augmenter le nombre de tests à réaliser dans la semaine.

Et en ce qui concerne les enseignants, le personnel de manière générale ?

Eux vont avoir à leur disposition des autotests. Dès ce lundi, nous allons les distribuer dans toutes les circonscriptions puis dans toutes les écoles. Ce sont des boîtes de cinq autotests et nous en distribuerons autant que nécessaire pour que tous les enseignants puissent s'auto-tester à raison de deux fois par semaine. Pour l'instant, nous avons une première livraison qui va nous permettre de couvrir la totalité des personnels du département puis nous aurons un réapprovisionnement dès la semaine suivante.

Les cantines seront également ouvertes sous les mêmes conditions qu'avant les vacances de printemps ?

Sur la restauration, oui, nous allons garder le même protocole. La classe qui se rend à la restauration se déplace avec son enseignant ou son personnel de la mairie - puisque la restauration est sous la responsabilité de la commune - et donc nous allons faire en sorte que le fameux brassage soit le moins important possible.

Combien de classes ont-elles été fermées avant ces vacances ?

On a fermé presque une centaine de classes dans le département. Mais là, honnêtement, on s'attend à ce qu'il y en ait d'autres régulièrement. C'est pourquoi nous devons tout de suite appliquer la stratégie de l'isolement afin que l'école puisse rester ouverte. C'est bien de tester, mais si on ne prend pas derrière des décisions d'isolement des enfants ou des personnels concernés, ensuite c'est toute l'école qui est contaminée.

Une fois une classe fermée, la continuité pédagogique se met en place. Est-ce vraiment efficace ?

On a continué à travailler pendant le vacances avec toutes les collectivités, les communes, le conseil départemental aussi pour accompagner tous les enfants en fragilité pour des raisons d'équipement absent ou de difficulté à se connecter. Alors, vous le savez, il y a eu de gros accidents dans les lycées et les collèges. Le ministre de l'Éducation nationale et la rectrice, Sophie Béjean, ont travaillé avec la Région et les Départements pour résoudre les problèmes de connexions et être prêts à partir du 3 mai, date de reprise pour les collégiens et lycéens. Dans les lycées, ce sera un enseignement hybride donc une semaine sur deux en présentiel. Pour l'instant, dans le Gard, nos collèges ne sont pas concernés par cette mesure, même si je vous avoue qu'on regarde la situation des Bouches-du-Rhône avec attention parce que ce département est, lui, concerné. Nous, nous allons rouvrir tous nos collèges et ce dès ce lundi 26 avril parce que nous avons anticipé le fait que des enseignants du premier degré qui reprennent leurs cours, peuvent avoir des enfants en âge d'être scolarisés au collège.

On a bien compris l'enjeu de cette rentrée pour l'Éducation nationale. Quel est-il pour les élèves ? 

L'enjeu, c'est de faire en sorte que l'école retrouve le plus possible son fonctionnement dit ordinaire. Évidemment, il y a les classes dites à examens où les élèves sont un peu plus sous pression. Mais pour l'instant, nous gardons une organisation identique à celle prévue, il n'y a pas de disposition particulière. Je pense qu'il faut aussi qu'on montre que l'école n'a pas vocation à s'adapter au détriment des élèves, mais qu'elle peut fonctionner malgré tout, à la condition encore une fois qu'on respecte le protocole sanitaire. Ensuite, on va avoir la possibilité de multiplier de manière très importante le nombre de tests, autotests pour les adultes et les lycéens, tests salivaires pour les plus petits. Et à cela, il faut tout de même rajouter le fait que nous sommes également engagés dans la vaccination des personnels.

Propos recueillis par Stéphanie Marin

Stéphanie Marin

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