En cette rentrée des classes après les vacances de Pâques, Isabelle Chenou, enseignante et secrétaire départementale adjointe de la Fédération de l'Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle - Force Ouvrière (FNEC-FP-FO), réagit aux annonces du Dasen.
Objectif Gard : Après les annonces du Dasen avant les vacances, comment comptez-vous vous mobiliser ?
Isabelle Chenou : Nous sommes très inquiets. Les conditions de travail des enseignants ne cessent de se dégrader et la situation devient extrêmement difficile dans les classes. La seule réponse apportée reste la multiplication des fermetures de classes, ce qui ne peut qu’aggraver les choses. Ces fermetures entraînent une hausse des effectifs, avec des élèves aux profils variés qui nécessitent une attention particulière. Dans ces conditions, il devient très difficile de répondre aux besoins de chacun, tout en maintenant un suivi individualisé. La situation est de plus en plus complexe, et un nombre croissant d’enseignants se retrouve en grande difficulté.
Avez-vous le sentiment d’avoir été entendus ?
Non. Le dialogue est aujourd’hui impossible. L’an dernier déjà, nous avions rencontré les mêmes blocages. Après avoir sollicité le ministère de l’Éducation nationale, nous avions été renvoyés vers Bercy. Chacun se renvoie la responsabilité. Dans le même temps, les budgets des services publics, et notamment celui de l’éducation, sont régulièrement réduits, tandis que les dépenses liées à l’armement augmentent. Pour nous, cette orientation est incompréhensible et va à l’encontre des besoins du terrain.
La baisse démographique est pourtant une réalité. Est-ce un argument difficile à contester ?
Ce que nous contestons, c’est la réponse qui en est faite. La situation dans les classes reste tendue, avec des besoins toujours plus importants. Une baisse des effectifs aurait pu constituer une opportunité pour améliorer les conditions d’enseignement. La France fait partie des pays de l’OCDE où les classes sont les plus chargées. Cette évolution démographique aurait donc pu permettre un rééquilibrage. Or, la baisse reste limitée — environ deux élèves de moins par école — ce qui ne justifie pas, selon nous, la fermeture de 50, voire 57 classes. Les décisions prises apparaissent disproportionnées.
Qu’attendez-vous désormais ?
Nous demandons au Dasen de revenir sur ces 27 suppressions de postes, que nous jugeons arbitraires. D’autant que des dégradations supplémentaires sont déjà annoncées pour l’an prochain. Dans ces conditions, il devient difficile de travailler sereinement. Nous constatons une hausse des signalements de collègues en détresse. Il est donc essentiel que ces remontées soient entendues et transmises au ministère, afin que des moyens soient alloués à l’école, en adéquation avec les besoins, plutôt que dirigés vers d’autres priorités.