Il ne se souvient pas du choc, sorte d'amnésie après le terrible accident de la route survenu sur la rocade d'Avignon dans la nuit du 8 au 9 mai dernier. Un homme, âgé de 79 ans, qui traversait sur un passage à piéton a été percuté avant de décéder des suites des blessures. "Il a été projeté à 30 mètres avec un membre arraché", rappelle l'avocat général Dominique Sié qui s'oppose à la demande de remise en liberté du motard qui était sur un puissant deux-roues avant de percuter la victime. Si le représentant du parquet général de Nîmes donne des détails, c'est pour démontrer la vitesse folle à laquelle roulait le conducteur de la moto sur un axe qui est normalement limité à 50 km/h. Un conducteur qui a été projeté lui-même à 17 mètres du point d'impact.
Si le mis en cause demande à la cour d'appel de Nîmes ce mercredi matin d'être libéré par la voix de son conseil, c'est qu'il estime qu'il s'agit d'un "accident", "certes avec des conséquences dramatiques", estime la pénaliste marseillaise qui le défend. Son client a été placé en détention provisoire après les faits et sa mise en examen par le doyen des juges d'instruction d'Avignon, Olivier Mathé. Le mis en cause, âgé de 28 ans, réfute de nombreux éléments évoqués après l'accident. "Je n'ai pas fait un refus d'obtempérer en voulant échapper à la police et je n'ai pas fait de rodéo avant de percuter la victime", affirme-t-il dans le box. Je ne sais plus comment me défendre, j'ai tout le monde contre moi. Toutes mes pensées vont à la victime et à sa famille", explique cet homme qui venait de sortir de prison et qui était sous sursis probatoire au moment de l'accident. Le suspect a effectivement déjà été condamné à trois reprises, notamment pour des violences et une association de malfaiteurs, mais pas pour des délits routiers.
Après le drame, une manifestation dans les rues de la cité des Papes évoquait des "rodéos qui tuent", "avec une récupération politique honteuse", selon l'avocat du conducteur de la moto... "Il est placé en détention alors qu'il n'y a pas d'alcool, pas de stupéfiants. Il n'y a pas de refus d'obtempérer et on ne connaît pas la vitesse réelle du deux-roues au moment du drame", poursuit l'avocate en appui de la demande de remise en liberté de son client.
"Il s'agit de violences extrêmes au moment du choc", reprend l'avocat général en demandant que le conducteur reste en détention. Pour rappel, dans la nuit du 8 au 9 mai 2026, la police est appelée pour des motards qui font des rodéos dans les rues d'Avignon avec des "pilotes" qui refusent de s'arrêter lorsqu'ils croisent des patrouilles de la police nationale.
"Mais lorsqu'il y a les refus d'obtempérer, mon client n'est pas présent, il est à l'autre bout de la ville d'Avignon", certifie le conseil du mis en examen. Des motards qui ont refusé ce soir-là de mettre les pieds à terre. C'est dans un second temps qu'une moto a percuté mortellement le septuagénaire.
La cour d'appel rendra sa décision vendredi matin sur le contrôle judiciaire demandé par le vingtenaire… Lui souhaite retourner chez lui dans une autre commune de Vaucluse pour chercher du travail, a-t-il affirmé devant la chambre de l'instruction de Nîmes...