Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 07.06.2024 - Louis Valat - 4 min  - vu 627 fois

FAIT DU SOIR Sylvain André appelle la France à reconnaître l’État de Palestine

Sylvain André, maire de Cendras.

- Photo François Desmeures

Premier magistrat cendrasien depuis janvier 2017 et président de l'Association des maires ruraux du Gard, Sylvain André, lance un appel à la France, spécifiquement à son président, Emmanuel Macron. Il sollicite, à titre personnel, la reconnaissance de l'État de Palestine.

Un véritable mouvement de reconnaissance opère. Dans une tribune publiée cette semaine par nos confrères de Libération, 235 personnalités publiques et artistes ont exhorté le président de la République, Emmanuel Macron, à reconnaître la Palestine, comme un État. Quelques jours auparavant, dans les colonnes de L'Humanité, plus de 500 personnalités avaient signé un appel similaire en faveur de cette même reconnaissance. Ces derniers jours, les initiatives appelant l'État français à agir en ce sens se multiplient. Alors que l'Espagne, l'Irlande, la Norvège, et plus récemment la Slovénie, depuis le 4 juin, ont officiellement reconnu la Palestine comme un État, soit par définition une autorité souveraine s'exerçant sur un peuple et un territoire déterminés, Sylvain André, maire de la commune de Cendras dans le Gard, dénonce l'inaction du gouvernement français et du président Emmanuel Macron sur cette question.

Sylvain André. • Photo DR

Un cri du cœur pour "un début de solution de paix"

Sur le bassin alésien, la mobilisation locale ne cesse de croître avec la présence régulière de certains élus de Gauche lors des manifestations demandant un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza depuis octobre. Jean-Michel Suau, élu d'opposition communiste à la mairie d'Alès, est une figure familière des rues du centre-ville, participant fidèlement à chaque rassemblement du samedi. Toutefois, peu de personnalités sur le plan local affichent un soutien aussi indéfectible à la Palestine, contrairement aux tribunes relayées par les journaux nationaux, et reconnaissent celle-ci comme un État à part entière.

"Il faut véritablement que la France se bouge sur ces questions-là. Un geste fort qui aurait beaucoup de symbolique politique c'est la question de la reconnaissance de l'État palestinien. C'est urgent."

Sylvain André, maire de Cendras

Maire de Cendras depuis 2017, Sylvain André, également élu communautaire, aussi président des maires ruraux du Gard, lance un appel, qu'il juge nécessaire et espère voir déclencher une vague de soutien. Il enjoint tous les élus ainsi que l'ensemble des citoyens à se joindre à lui pour la reconnaissance de la Palestine pour, à terme, faire entendre ces volontés à Emmanuel Macron. À rappeler, selon plusieurs sources médiatiques, que le président français aurait exprimé à la fin du mois de mai son souhait que le président de l'Autorité palestinienne mette en œuvre des réformes nécessaires, dans la perspective de la reconnaissance de l'État de Palestine.

Les manifestations à Alès sont organisées par le Collectif de solidarité pour la Palestine. • Photo Louis Valat

"La situation aujourd'hui est horrible, c'est un véritable massacre, j'utiliserai même le terme de génocide dans la bande de Gaza, alerte Sylvain André. Il y a quelques discours bien pensant qui disent que cela n'est pas bien, mais il n'y a pas assez d'actes politiques forts pour exiger la paix et l'arrêt des bombardements sur la bande et notamment à Rafah." Tout en précisant, par crainte d'être mal interprété ou étiqueté : "Je condamne évidemment avec la plus grande fermeté l'attaque du 7 octobre du Hamas, qui est également inacceptable. En revanche, rien ne justifie la riposte qui entraîne un massacre de la population civile. Chaque vie humaine a la même valeur, il n'y a pas de citoyens de seconde classe dans notre monde. Pour moi, chaque vie compte."

"J'ai surtout le sentiment qu'il y a des vies humaines qui comptent plus que d'autres.  Une vie est une vie, nous sommes tous citoyens du monde et ce que nous sommes en train de vivre est le côté sombre de l'humanité."

Sylvain André, maire de Cendras

Selon l'édile quadragénaire de la commune de Cendras, la France, en tant que grande puissance internationale, est écoutée et entendue dans la région du monde concernée par le conflit actuel. Il estime que le pays a le poids nécessaire pour reconnaître l'État de Palestine. Pour Sylvain André, cette reconnaissance pourrait marquer un début de solution pour la paix dans la région du Proche-Orient. 

"J'y suis allé, je l'ai vu de mes propres yeux"

L'engagement de Sylvain André, maire de Cendras depuis plus de sept ans, en faveur de la reconnaissance de l'État de Palestine ne découle pas simplement du récent conflit entre Israël et le Hamas. Sa conviction profonde pour une solution à deux États remonte à plusieurs années. En 2014, l'élu gardois a même visité un camp de réfugiés palestiniens. Il raconte : "Il y a l'armée israéelienne partout, sans forcément parler de Gaza, mais en Cisjordanie, à Ramallah (capitale administrative de l'Autorité palestinienne, NDLR). Dans la nuit, ils (les membres de l'armée israélienne, NDLR) ont fait une incursion, avec l'aide des militaires, pour rentrer dans l'appartement d'à côté, ils ont tout cassé pour prendre un enfant d'une douzaine d'année et dire à sa mère "je vous le rends, si vous dites au grand-frère de se rendre". J'ai vu tout ça, cela fait des années que ça dure." 

"J'ai la boule au ventre quand j'en parle. J'ai vu la dignité de ces gens qui veulent juste vivre en paix, dans un État libre."

Sylvain André, maire de Cendras

Ces réalités indignent Sylvain André, maire de la ville, dont le voyage en Palestine a profondément marqué. Il se rappelle avec émotion l'enterrement de deux jeunes de 16 ans, tués alors qu'ils manifestaient pour la libération des otages israéliens retenus par le Hamas et les prisonniers politiques palestiniens, un acte qui a suscité son indignation et lui a laissé un profond sentiment de tristesse. Pour toutes ces raisons évoquées, il est impératif selon le maire de la commune gardoise d'exiger des sanctions internationales contre les dirigeants israéliens et la libération des otages palestiniens, ainsi que la fin des blocus qui les affament depuis des années. "Les Palestiniens sont humiliés, il faut une pression internationale pour exiger la paix", martèle-t-il. L'édile se défend également, vigoureusement, contre les accusations de racisme ou d'antisémitisme qui découlent régulièrement de ses prises de position, affirmant qu'il est avant tout un citoyen du monde. "Si c'était la situation inverse, je ferais de même. Mais le peuple opprimé aujourd'hui est celui des Palestiniens", explique-t-il.

Louis Valat

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