La décision a été "mûrement réfléchie. Mais j'ai décidé d'y aller parce que ça me plaît, et parce que je n'ai pas fini tout ce que je voulais faire". Martine Volle-Wild briguera donc, une nouvelle fois, les suffrages des électeurs le 15 mars. Si elle y a aussi "été poussée par les colistiers de 2020", l'un d'entre eux fait exception : son premier adjoint, Jean-René Guers, qui a monté sa propre liste (relire ici). "Rapidement, je me suis aperçue que nous n'avions pas les mêmes visions, ni la même façon de gouverner, explique-t-elle au sujet de cette rupture. Je pense qu'il en a souffert autant que moi. Mais c'était assez délétère, et je ne pouvais pas repartir avec lui."
Sept de ses colistiers retentent l'aventure, huit sont nouveaux, "dont le plus jeune, qui a 18 ans. Je veux mettre mon expérience au service de la jeunesse. J'ai créé le conseil municipal des jeunes et ça m'a ouvert les yeux : il existe un besoin de retrouver le sens du civisme." Dans sa liste, on trouve une surprise de casting, destinée à être 1ᵉʳ adjoint en cas d'élection : Alessandro Cozza, tête de liste au Vigan en 2020, mais qui réside à Avèze. "C'était presque une boutade avec Alessandro, je lui ai dit qu'il serait mieux avec nous à Avèze."
"J'ai participé à l'élaboration du plan local d'urbanisme, ça m'a beaucoup marquée"
La maire se définit comme "une élue de terrain, attachée à la proximité, au collectif et à l'intérêt général. Je viens du médico-social, et je baigne dans cette culture. L'expérience acquise comme maire m'a durcie un peu, ce n'est pas le monde des Bisounours... J'ai été adjointe à l'urbanisme, j'ai participé à l'élaboration du plan local d'urbanisme (PLU), ça m'a beaucoup marquée", rembobine Martine Volle Wild. D'autant que la commune est traversée par deux cours d'eau et une multitude de risques sur lesquels veillent les services de l'État : inondation, ruissellement, feux de forêt et chute de blocs. Et, en contrebas, la RD 999 qui coupe une partie du village.
"Je souhaite continuer les projets qui ne sont pas finalisés, comme l'ouverture entre le village du haut et du bas, expose la candidate à sa réélection, par une liaison piétonne qui n'est pas terminée." Un projet qui rencontre le risque inondation. "On est très impactés et ça ne va pas s'arranger, redoute Martine Volle Wild. Je suis d'ailleurs très en demande du plan intercommunal de sauvegarde" (PIS). Dans une commune où le plan communal de sauvegarde a été activé à deux reprises récemment. Martine Volle-Wild rêve ainsi de prolonger "le chemin communal du village qui amène sur un terrain au plan d'eau. Il appartient à la Tessone, on aimerait faire une passerelle sur le Coudoulous pour rejoindre les terrains de loisirs. Mais le foncier est difficile." La construction serait submersible.
Avec les contraintes qui bloquent la construction, difficile d'envisager un développement du logement, selon la maire sortante. "On a quand même la chance d'avoir des dents creuses, tempère-t-elle. On va jouer là-dessus. On essaie aussi de discuter avec les gens pour qu'ils fassent des divisions parcellaires."
"Le village se repeuple depuis le Covid, constate la maire, ce qui engendre des problèmes de stationnement. Il y a un souci, on y travaille. Il y a des possibilités de parking en plus, mais on veut aussi inciter les gens à avoir des voitures en dehors du village." Côté gestion, Martine Volle-Wild estime que la gestion du réseau d'eau sera l'un des sujets majeurs de la prochaine mandature. "On s'est entendus avec Molières-Cavaillac et Le Vigan pour une mise en commun des moyens humains et matériels, et la facturation. Ce qui nous permet de garder l'eau en régie. D'ailleurs, si d'autres communes de la vallée de l'Arre veulent se rallier, elles sont les bienvenues."
"Je ne veux pas qu'Avèze soit juste un quartier du Vigan"
Au cours du prochain mandat, Martine Volle-Wild espère aussi voir émerger le projet du carrefour de Cairol, sur la RD 999, "que j'attends depuis des décennies. Le carrefour est accidentogène, très mal fait. Si on augmente la taille de la zone d'activités économiques, ça va devenir impossible." Responsable des routes, le Département a fourni un plan qui envisage un double giratoire. "Il faut que la commune aille au charbon sur le sujet", tranche la maire sortante.
Si elle est élue, la maire sortante espère aussi monter dans l'organigramme de la Communauté de communes du Pays viganais, dont elle avait échoué à prendre la présidence, pour cinq voix, face à Régis Bayle, maire d'Arrigas, en 2020. "La communauté de communes, c'est nous ! L'exécutif doit être composé par l'ensemble des communes", pense Martine Volle-Wild. Sur les six années au Pays viganais, elle dresse un constat amer. "Le Vigan décide. Et on suit, ou pas. On attend de voir ce qu'il va se passer dans les autres communes. Mais je ne veux pas qu'Avèze soit juste un quartier du Vigan", dit Martine Volle-Wild, en s'étonnant que la réunion publique de son adversaire, Jean-René Guers, se soit tenue en présence de la maire du Vigan, Sylvie Arnal.
"Au final, la communauté de communes n'a pas fait grand-chose. Il n'y avait pas d'argent, on nous l'a seriné pendant six ans."
"Au final, la communauté de communes n'a pas fait grand-chose. Il n'y avait pas d'argent, on nous l'a seriné pendant six ans." Ancienne vice-présidente, Martine Volle-Wild réfute partiellement, au passage, la mauvaise gestion financière attribuée à Roland Canayer, président avant 2020. Et souhaiterait que le Pays viganais mette en place "une police intercommunale, au moins pour la vallée. Payer un garde-champêtre, ce n'est pas possible pour nous, quand 50 % du budget est déjà pris par les charges de personnel. Et on a besoin de sécurité, les incivilités augmentent."
À la tête d'une liste sans étiquette, Martine Volle-Wild revendique, en souriant, "des valeurs un peu de gauche, quand même". En souhaitant rouvrir un commerce multiservices en cœur de village, elle dit vouloir défendre "la vie du village. Avèze a les atouts, un patrimoine important, une richesse associative. Je suis surprise de voir comment les citoyens sont partie prenante. Il y a aussi des gens jamais contents, mais ça fait partie du quotidien." Un quotidien que la maire sortante espère conserver, le soir du 15 mars.