Encore une semaine agitée dans le monde, décidément impitoyable, de la politique locale. Après les municipales, place aux intercommunalités — ce troisième tour souvent discret, mais toujours décisif. À Nîmes, le scénario était écrit d’avance : Vincent Bouget a été élu sans suspense. Une victoire nette, malgré quelques défections venues de maires d’autres groupes. Rien de comparable avec la démonstration d’Eddy Valadier à Saint-Gilles. Comme le 15 mars, le maire de la deuxième commune de l’agglomération a fait le plein. Solide. Trop prudent, diront certains, qui lui reprochent de ne pas avoir joué la gagne. Mais Valadier regarde peut-être déjà ailleurs… vers le cinquième étage du Département du Gard. À Arles, en revanche, l’élection à l'Agglo de Patrick de Carolis a tout d’un avertissement. Arrachée de justesse, elle annonce un mandat sous tension, notamment à l’heure des arbitrages budgétaires. Dans ce contexte, un nom circule déjà comme pièce maîtresse : Mandy Graillon. À elle de faire tenir un attelage fragile et de ramener un peu de raison dans un paysage politique fragmenté. Plus à l’est, en Camargue, le paysage bouge. À Beaucaire, la bascule est nette, mais serrée : Nelson Chaudon s’impose à deux voix près. Le soutien décisif de Fourques n’est pas anodin. Derrière ce vote, une attente claire : être mieux considéré et rééquilibrer les relations avec la ville-centre. Reste maintenant à transformer l’essai. Car en politique intercommunale, les promesses se jugent sur la durée. Sur le littoral, le scénario est tout autre. Au Grau-du-Roi, coup de théâtre : Charly Crespe, pourtant nouveau maire, pensait tenir la présidence de Terre de Camargue. Il se la fait finalement ravir, en coulisses, par Thierry Féline, le maire de Saint-Laurent-d’Aigouze. Une manœuvre orchestrée avec méthode par l’opposition graulenne et ses alliés d’Aigues-Mortes. Là encore, deux voix auront suffi et rappelé une règle simple : gagner une ville-centre ne garantit rien. Car l’intercommunalité nécessite un jeu d’équilibres, de compromis et de stratégie. Il ne suffit pas d’être élu, encore faut-il convaincre. Négocier. Composer. Des rapports de force à construire en douceur. Dans certains territoires, l’alignement se fait naturellement. Dans d’autres, il s’arrache. 2026 n’échappe pas à la règle. Et dans sept ans, rien ne dit que le scénario sera bien différent.
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