L’année 2026 s’annonce sous le signe du renouveau pour l’unité locale de la Croix-Rouge. Alors que la nouvelle équipe dirigeante devrait être en place d’ici deux mois, l’association a déjà emménagé dans de nouveaux locaux.
Après la vente par la Ville de l’ancien collège Mistral, et son installation temporaire rue Copernic -- où se situe son Pôle urgences et secourisme -- l'association devait effectivement trouver un nouvel espace pour y implanter son local d'accueil social et de distribution alimentaire. "L’un de nos objectifs avec ce déménagement était de nous rapprocher des zones en difficulté, là où les besoins sont les plus importants", explique Daniel Meyran, président territorial de la Croix-Rouge française des Bouches-du-Rhône et administrateur provisoire à Arles. "Il nous fallait un local plus central et donc plus accessible."
Situé au 15 de la rue Winston-Churchill, dans le quartier de Griffeuille, à proximité du restaurant solidaire et de la Maison des droits, le nouveau local inauguré ce jeudi 16 avril répond parfaitement à ces critères. "Et nous ne nous sommes pas trompés : depuis notre ouverture fin février, nous enregistrons une hausse des demandes d’inscriptions", indique Daniel Meyran. Sur place, deux missions principales rythment le quotidien : l’accueil, l’écoute et l’orientation. "Nous recevons les personnes pour évaluer leurs besoins et déterminer comment les aider. Si nécessaire, nous les orientons vers d’autres structures", précise-t-il. Et l’aide alimentaire, sous forme de colis mensuels ou de colis d’urgence. En 2025, l'antenne arlésienne de la Croix-Rouge a aidé 2 734 foyers, soit plus de 4 300 personnes, et distribué 48 tonnes de nourriture ainsi que 320 colis d'urgence.
L'appel aux bénévoles et aux enseignes alimentaires
Et les besoins sont toujours plus nombreux. Daniel Meyran a d'ailleurs profité de cette inauguration pour lancer deux appels. Le premier aux enseignes alimentaires, commerces et agriculteurs du territoire -- "nous avons besoin de développer les ramasses (récupérer les denrées invendues, NDLR)" -- et le second aux bénévoles. Actuellement, ils sont une vingtaine à animer l’ensemble des actions de la Croix-Rouge arlésienne. "Mais nous sommes souvent, pour ne pas dire toujours, à la recherche de nouvelles bonnes volontés", souligne Daniel Meyran. L'unité locale a notamment besoin de chauffeurs, de logisticiens, de préparateurs de commandes… "Tout citoyen peut donner du sens à son engagement".
Des bénévoles d’autant plus indispensables que les projets ne manquent pas pour cette année. Parmi eux : le lancement, d’ici la fin 2026, de la Croix-Rouge mobilités. "Pour cela, nous devons acquérir un véhicule qui nous permettra de lever les freins liés aux déplacements, notamment en accompagnant des personnes en situation de précarité à des examens de santé." Le chauffeur est déjà trouvé, il ne manque plus que le véhicule.
Autre projet en cours : la recherche d’un local supplémentaire pour ouvrir un bric-à-brac de seconde main (hors textile). Avec la boutique vestimentaire, située dans la galerie d'Auchan à Fourchon, cela porterait à quatre le nombre de locaux de l'association sur le territoire arlésien. C'est dire l'importance de la Croix-Rouge ici. Ce que n'a pas manqué de souligner la 1re adjointe au maire, Mandy Graillon, lors de cette inauguration : "Vous êtes un partenaire important de la ville, sur l'aide sociale comme sur les secours, notamment lors des ferias. Il était important que vous puissiez être bien installés", a-t-elle notamment déclaré, avant de couper le ruban tricolore.
"Garantir une meilleure équité territoriale"
Pionnière il y a quelques années avec son programme de Croix-Rouge mobilités, l’unité locale avait déjà testé ce dispositif, qui consiste à se rendre dans les hameaux et villages éloignés pour y organiser des distributions. "C’est toujours le cas aujourd’hui à Salin, mais nous souhaitons relancer cette Croix-Rouge sur roues. Pour cela, il nous faudrait notamment des camions frigorifiques", détaille Daniel Meyran. Car Arles se distingue des autres communes du département par son étendue : "La commune est immense. Il existe des zones blanches, des territoires entiers où nous n’intervenons pas, faute de moyens. Il est essentiel d’y remédier pour garantir une meilleure équité territoriale."