Publié il y a 2 h - Mise à jour le 12.02.2026 - Stéphanie Marin - 3 min  - vu 81 fois

TARASCON Fibre Excellence Provence : des "avancées" à Bercy, mais l’inquiétude reste vive

L'usine Fibre Excellence est implantée à Tarascon depuis 1951. 

- S.Ma

L'intersyndicale sera de nouveau reçue par le Comité interministériel de restructuration industrielleI le 26 février 2026 à Bercy, afin de poursuivre les discussions et d'obtenir des engagements concrets.

Reçue ce mercredi 11 février à Bercy par le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), l’intersyndicale CGT, FO et CFDT des sites Fibre Excellence de Tarascon et de Saint-Gaudens évoque un "moment charnière" pour l’avenir du groupe. Selon les représentants syndicaux, le CIRI finalise un business plan, lequel devrait être présenté à l’actionnaire ainsi qu’aux responsables politiques dans les prochains jours, avant un arbitrage politique et ministériel, la semaine prochaine. "Nous avons toutefois rappelé notre inquiétude face à des délais qui se resserrent. Pour le CIRI, en fonction des avancées des négociations dans les prochains jours, ces délais pourraient être repoussés si le business plan est jugé viable et assure la pérennité du groupe en France. Dans ce cas, l'activité pourrait reprendre normalement", indique l’intersyndicale.

>> À relire : TARASCON. L'usine Fibre Excellence Provence menacée de fermeture : 200 personnes mobilisées ce mardi

"On attend beaucoup de l’arbitrage politique", souligne Laurent Quinto, délégué syndical CGT, Fibre Excellence Provence. "Il y a des déçus, mais cela ne fait qu’un mois et demi que nous sommes en négociations, nous avons été reçus cinq fois par le CIRI. Ceux qui pensaient qu’en un mois on allait sauver le groupe…" Pour rappel, la menace d’une fermeture plane toujours sur les deux usines de production de pâte à papiers du groupe Fibre Excellence, avec des échéances critiques évoquées autour de la mi-mars.

Sur la question du bois, centrale dans l’équation économique, "il est acté qu’il n’y aura pas de baisse des prix". En revanche, des discussions sont engagées pour sécuriser les volumes. Le CIRI a demandé à l’Office national des forêts (ONF) de garantir l’approvisionnement en bois. Une réunion doit prochainement se tenir entre l’ONF et le groupe Fibre Excellence. Par ailleurs, les assureurs des fournisseurs – dont Groupama – ont été rencontrés afin de les rassurer sur les paiements et les inciter à poursuivre les livraisons. "L’idée est de rassurer les indépendants en leur garantissant le paiement du bois livré sur les sites", précise Laurent Quinto.

Autre point clé : le prix de rachat de l’électricité. Des "avancées significatives" auraient eu lieu et un tarif serait en cours de négociation. Deux pistes sont sur la table : une évolution par voie législative, jugée plus longue, ou la résiliation des contrats CRE suivie d’un appel à projets pour un nouveau contrat. Les discussions se poursuivent avec le ministère de l’Énergie et EDF. "Le problème, c’est le délai. On nous parle d’avancées, mais rien ne sera instantané", reconnaît Frédéric Sanchez (CFDT), qui insiste sur la nécessité d’"un minimum de ressources" pour tenir dans l’intervalle. Concernant Tarascon, EDF doit par ailleurs soutenir le site via une avance de fonds destinée au raccordement des évaporateurs, conformément à un arbitrage ministériel. Sur les quotas CO₂, la réintégration annoncée est jugée « plutôt positive » pour Saint-Gaudens.

9 millions d’euros injectés

Le groupe France Fibre Excellence a mis à disposition des entités une enveloppe de 9 millions d’euros. Une précision apportée par les syndicats après des informations parues dans la presse : il ne s’agit pas d’un nouvel actionnaire, mais bien d’un apport interne au groupe France. Pour autant, les représentants du personnel relativisent. "C’est une goutte d’eau par rapport à la problématique", estime un syndicaliste. Cette somme ne suffira pas à elle seule à sécuriser l’avenir des sites.

Sur le terrain, l’inquiétude reste forte. "Les salariés sont très angoissés, très stressés", témoigne Frédéric Sanchez, délégué syndical CFDT, Fibre Excellence Provence. "La question, c’est combien de temps on va pouvoir tenir." Des tentatives de recrutement externe viendraient déjà fragiliser les équipes, dans un contexte d’incertitude prolongée.

L’intersyndicale sera de nouveau reçue à Bercy le 26 février pour poursuivre les discussions et obtenir, espère-t-elle, des engagements concrets. D’ici là, tous les regards sont tournés vers l’arbitrage interministériel annoncé la semaine prochaine. "Rien n’est encore acquis, car l’enjeu est national et complexe", rappellent les syndicats, qui assurent vouloir "rester mobilisés et continuer à lutter pour la sauvegarde des emplois". L’avenir de près de 700 emplois directs – 270 à Tarascon – et d’environ 10 000 emplois indirects de la filière bois se joue dans les semaines à venir.

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Stéphanie Marin

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