À Nîmes, les prochaines municipales 2026 mettront-elles fin à 25 ans de règne de la droite ? C’est le scénario qui pourrait se dessiner, selon notre sondage Opinion Way, réalisé à un mois des municipales. Cette étude, rappelons-le, ne préjuge en rien des résultats des 15 et 22 mars. Il s’agit d’une photographie de la situation politique actuelle. Alors qu’apprend-on ? Au premier tour, la tête de liste de la gauche unie (hors LFI) Vincent Bouget fait la course en tête. Et de loin, avec 32 % ! L’opposant à la majorité Fournier creuse l’écart avec l’ensemble de ses adversaires. Une performance pour l’enseignant d’histoire-géo, fruit d’un travail de longue haleine.
La dynamique Vincent Bouget confirmée
Patron du Parti communiste pendant dix ans, il a conduit ces six dernières années l’opposition à la ville et à l’Agglo. Besogneux, le Nîmois se présente en premier opposant à la droite. Implanté sur le territoire, il bat le sénateur Laurent Burgoa aux Départementales 2021 et récupère la délégation aux Sports de la collectivité. Plutôt habile pour se faire connaître auprès des associations, sa stature politique lui permet, sans trop de difficultés, de rallier à lui l’ensemble des partis de gauche (PS, écologistes, Parti radical de gauche…). Une prouesse ! Puisque jusque-là, à Nîmes, cette entente n’allait pas de soi. Depuis plus d’un an, Vincent Bouget consulte l’ensemble des Nîmois au travers de sa démarche « Si je vous dis Nîmes ». Une stratégie qui, visiblement, paie dans les chiffres : il est le seul à rassembler l’ensemble des catégories socioprofessionnelles (CSP + ; CSP - et inactifs) ainsi que les diverses tranches d’âge (moins de 40 ans, 40 à 54 ans et 65 ans et plus). Pour l’heure, la stratégie de la droite visant à diaboliser les « socialo-communistes » n’a pas vraiment l’effet escompté.
Pas d’élan pour la liste RN de Julien Sanchez
Derrière Vincent Bouget avec neuf points d’écart, le candidat RN, Julien Sanchez, enregistre 23 %. Le parti à la flamme renoue avec son score de 2014, après une baisse en 2020, en raison de la crise sanitaire, qui a vu les seniors déserter le scrutin. Mais ce proche de Jean-Marie Le Pen, ex-maire de Beaucaire, aujourd’hui député européen, peine à capitaliser sur la croissance nationale de son parti, notamment à Nîmes. Pourquoi ? Est-ce la preuve que les municipales sont une élection locale, dans laquelle les électeurs identifient clairement les enjeux ? Ou que le candidat d’extrême droite qui n’a présenté ni projet, ni liste, n’est pas entré franchement dans la campagne ? Aujourd’hui, d’après notre sondage, Julien Sanchez mobilise ses électeurs traditionnels : les plus de 65 ans ayant voté RN aux législatives et à la présidentielle.
La droite en souffrance
Sortant de 25 ans de règne de Jean-Paul Fournier, la droite arrive cabossée dans ce scrutin, se disputant l’héritage du maire. Adoubé sur le tard par le locataire de la rue Dorée, Franck Proust, candidat Tout Nîmes, récolte 21 % soit deux points de moins que le RN. Malgré son entrée en campagne où se mêlent propositions et empilement des étiquettes politiques (LR, Horizons, Parti radical et UDI), le président de Nîmes métropole est relégué en troisième position. Le principal problème de Franck Proust s’appelle Julien Plantier, ex-premier adjoint et candidat L’Avenir nîmois. Certes, celui-ci arrive derrière Franck Proust avec 14 % des voix, mais sa présence est suffisante pour étouffer toute dynamique du successeur désigné. Rallié à la présidente de Renaissance dans le Gard Valérie Rouverand, Julien Plantier incarne cette aile centriste avec des électeurs ayant voté Emmanuel Macron à la présidentielle et aux législatives. Aujourd’hui, son score passant la barre fatidique des 10 %, Julien Plantier est en capacité de se maintenir au second tour, scellant ainsi la victoire de Vincent Bouget.
LFI : un réservoir qui ne se remplit pas
En cinquième position, la France insoumise capte 7 % de l’électorat. En tenant compte de la marge d’erreur de notre sondage, allant de 1,9 à 4,1 %, le parti de Jean-Luc Mélenchon pourrait se qualifier au second tour. Les électeurs de cette gauche en colère sont âgés de 40 à 54 ans et issus de catégories socioprofessionnelles modestes. Si l’on compare avec notre sondage d’il y a un an, le score de LFI reste le même. En clair : la tête de liste écologique et solidaire, Pascal Depretz, a du mal à capitaliser sur le score de Jean-Luc Mélenchon, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle 2022. À l’instar du RN, ce dernier n’a pas présenté de liste, ni de projet. Enfin, la liste citoyenne Vivons Nîmes de Jean-Marc Philibert arrive sixième avec 3 %.
*Échantillon de 615 Nîmois inscrits sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 932 personnes représentatif de la population nîmoise âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de quartier de résidence. Les résultats doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 1,9 à 4,1 points au plus.
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