Publié il y a 9 mois - Mise à jour le 05.09.2023 - Yannick Pons - 3 min  - vu 1020 fois

FAIT DU SOIR La Camargue au Patrimoine mondial de l'Unesco : un rêve fou ?

Eddie Pons, dessinateur et personnalité nîmoise,  présente son logo

- Yannick Pons

Afin de sauver la Camargue des conséquences du changement climatique, une association camarguaise vise son inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco.

L'oeil de Camargue • Stanislas Blohorn

À l'heure où l'on attend une réponse positive à la candidature de l'inscription de Nîmes au Patrimoine mondial de l'Unesco, une association camarguaise domiciliée à Saint-Gilles, "La Camargue à l'Unesco", lance un appel fédérateur autour du delta du Rhône. La démarche est initiée en direction de l’Unesco afin de sauver la Camargue qui est en danger face au changement climatique.

De la gestion de l’eau douce

Bernard Poujol, le riziculteur qui employait des colonies de canards afin de désherber ses champs, inquiet pour la survie d’un territoire qu’il aime passionnément, a décidé de tirer la sonnette d’alarme. "Une sorte d’inquiétude plane au-dessus de la Camargue. Dans vingt ans, le débit du Rhône aura diminué de 40 % et provoquera des crues importantes", affirme le président de l’association.

Carte de la Camargue de l'Unesco • Capture écran Arte

Ne souhaitant pas attendre que l’État français impose sa vision, l’association pose la question de ce qui doit être fait sur le territoire, par ses acteurs.

Un regard bienveillant

Bernard Poujol dénonce quatre préoccupations majeures liées au dérèglement climatique. Le niveau de salinité des sols notamment sur les vignobles, le bois des Rièges ou sur l’étang du Vaccarès (110g de sel par litre à certains endroits), est préoccupant. Le trait de côte est en danger face à la montée des eaux. Le débit du Rhône va s’effondrer et la pollution industrielle, mais aussi celle qui est liée à l’agriculture et au tourisme, guette la "mangrove provençale". " La Camargue m’a nourri toute ma vie. C'est à mon tour de faire quelque chose pour elle", martèle l’agriculteur à la retraite.

La démarche

L'association s’appuie sur ce qui existe déjà depuis 2002. L'inscription de la Camargue à l’Unesco en tant que zone indicative. Une zone constituée d’éco-acteurs qui ont signé l’engagement de respecter les indications de l’Unesco depuis plus de vingt ans. "On a voulu faire référence aussi aux hommes du territoire, pêcheurs, manadiers, artistes et paysans", explique Bernard Poujol.

La convention Unesco reconnait l’interaction entre l’être humain et la nature, ainsi que le besoin fondamental de préserver l’équilibre entre les deux. La labellisation permettra la mise en place de moyens et l’attribution de ressources financières afin de surmonter les menaces qui pourraient rompre cet équilibre.

Pas de contraintes supplémentaires

La mission est de faire en sorte que tous les acteurs se rencontrent (manadiers, responsables de campings, pêcheurs, agriculteurs, clubs taurins …) afin de définir ensemble les traits de la Camargue de demain. C’est la raison pour laquelle les maires sont en première ligne. "L’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco n’entraînera pas de contraintes supplémentaires pour qui que ce soit et créera des emplois par une augmentation du tourisme sur toute l’année", a lancé Thierry Féline, le maire de Saint-Laurent-d’Aigouze, attentif au projet.

Les maires soutiennent le projet, Thierry Féline en tête. • Yannick Pons

L’objectif de cette action est de poser un regard bienveillant sur le territoire. "On aime cette Camargue, on ne veut pas la perdre et on veut la laisser en bonne santé aux générations futures. Mon père m’emmenait à la chasse au Scamandre quand j’étais enfant", raconte la gardoise Véronique Jullian, ancienne diplomate.

Boule de neige

L’association comprend aujourd’hui six membres, dont un botaniste et un artiste. Stanislas Blohorn filme et photographie la Camargue avec un autre regard, sensible. " Sauver la vie au présent afin de sauver l’avenir. Pendant que l'on réfléchit, la nature souffre", lance l’artiste. L’effet boule de neige est enclenché puisque le comité de soutien de l’association s’étoffe chaque jour autour d’Eddie Pons, illustre dessinateur et penseur nîmois, qui a créé le logo de l’association. Kito de Pavant, Henri Roman (Ricoune), Charlotte de Turckheim et Corinne Lepage ont gonflé les rangs des amoureux du territoire. Ce n’est pas demain que la Camargue sera inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. Mais c’est aujourd’hui que ses acteurs prennent son destin en main.

Logo de l'association "La Camargue à l'Unesco" • Eddie Pons

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