Publié il y a 1 h - Mise à jour le 19.03.2026 - Stéphanie Marin - 3 min  - vu 50 fois

GARD L'obésité pédiatrique : un nouveau programme lancé à Bouillargues

À Bouillargues, un nouveau programme pilote a été lancé, le lundi 23 février, pour aider les enfants et adolescents âgés de 3 à 18 ans, en situation de surpoids, d’obésité ou de prise de poids rapide. Le Programme d'obésité pédiatrique (POP), porté par la CPTS de Costières en Camargue, les deux Maisons de santé pluriprofessionnelles de Bouillargues et le Dispositif d'appui à la coordination (DAC) 30, se veut à la fois individualisé et collectif, mêlant suivi médical, diététique et soutien psychologique.

"On veut aider les enfants à parler de leur corps, de leur alimentation, mais aussi de leurs émotions, pour qu’ils puissent grandir plus sereinement", explique Laura Jarry, chargée de projet au sein de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Costières en Camargue. POP - en parallèle du dispositif Mission : retrouve ton cap de la CPAM - s’adresse aux enfants et adolescents de 3 à 18 ans en situation de surpoids, d’obésité ou de prise de poids rapide, sur prescription médicale. Le parcours débute par un bilan réalisé par le médecin généraliste ou le pédiatre des deux Maisons de santé pluriprofessionnelles de Bouillargues dans un premier temps, avant de diriger le jeune patient vers la référente diététicienne du programme, Amandine Ricou-Ribes. Selon la complexité de la situation, trois parcours sont proposés comprenant séances diététiques et psychologiques. " L’idée, c’est de combiner le suivi individuel et collectif. Certains enfants s’épanouissent mieux en groupe : ça leur montre qu’ils ne sont pas seuls", précise Audrey Chazal, référente pour la prise en charge de l'obésité pédiatrique au sein du DAC 30, qui a participé à la mise en place d'un dispositif similaire du côté d'Alès il y a une dizaine d'années.

L’approche est globale et aborde plusieurs enjeux liés à l’alimentation et au mode de vie : la sédentarité croissante, la précarité alimentaire. "On constate que sur notre territoire, beaucoup de familles vivent dans des quartiers prioritaires et que le surpoids y est très fréquent. Le gras et le sucré sont souvent les aliments les moins chers, donc c’est un vrai enjeu de santé publique", rapporte Audrey Chazal. Toutefois, il ne s'agit pas seulement de compter les calories. "On parle aussi de relations à la nourriture et d’émotions", "en prenant en compte parfois l’histoire familiale et sociale", explique la diététicienne. "L'alimentation fait partie des régulateurs émotionnels, que ce soit dans le positif ou le négatif. Petit à petit, on perd les sensations alimentaires, on ne sait plus trop quand on a faim et le corps lui-même n'arrive plus à gérer sa façon de stocker la nourriture", poursuit-elle. "Et puis, on a constaté que dans certaines familles, le surpoids fait partie de l’identité familiale, indique-t-elle. Dans ces cas-là, la prise de conscience ne vient souvent que plus tard, au collège, quand l’enfant ressent un impact physique ou social."

Une relation excessive ou compulsive à la nourriture peut parfois être le signe de traumatismes, comme des violences sexuelles ou familiales. "Transformer son corps peut être aussi une façon de se protéger", analyse Audrey Chazal. Si on soupçonne des violences, on adapte le suivi et on travaille en concertation avec les psychologues et les médecins, via des réunions de concertation pluridisciplinaires." Selon les données disponibles, environ 30 % des enfants en obésité présentent des antécédents de violences sexuelles, un chiffre qui montre l’importance d’un suivi bienveillant et sécurisé.

Le POP prépare également le terrain pour le programme Éducation thérapeutique du patient (ETP) T'es Cap et l’activité physique adaptée par la CPAM. La CPTS de Costières en Camargue et ses partenaires proposent ainsi une approche innovante et complète pour soutenir les enfants et leurs familles face à l’obésité, tout en sensibilisant les professionnels de santé à la complexité des parcours et aux réalités socio-économiques du territoire. Un autre projet est en réflexion : le programme « Garde la forme » à Saint-Gilles, qui combinera kinésithérapie, des séances de balnéothérapie et de diététique pour adultes et enfants, afin de créer une continuité dans la prévention et le suivi. 

Affiche CPTS de Costières en Camargue

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Stéphanie Marin

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