Gard
Publié il y a 21 jours - Mise à jour le 19.11.2022 - Coralie Mollaret  - 2 min  - vu 347 fois

EXPRESSO Maires et pompiers : l’heure n’est plus aux remerciements

sapeurs-pompiers

Le financement du SDIS créé des tensions avec les maires 

- Norman Jardin

Dans le Gard, plusieurs maires s’offusquent de la hausse de leurs contributions prévue en 2023 pour financer les pompiers. Au SDIS (service départemental d’incendie et de secours), cette position est qualifiée de "schizophrénique".

"Certains maires sont schizophrènes !, commente l’une de nos sources au SDIS (service départemental d’incendie et de secours). Cet été, ils étaient bien contents d’avoir des pompiers pour lutter contre les incendies. Aujourd’hui, ils ne veulent rien financer ! Le "SDIS discount", ça n’existe pas !". Fin octobre, un CA (conseil d’administration, chargé de gérer les pompiers du Gard) a mis le feu aux poudres : six élus ont voté contre une hausse des contributions communales, lors de la présentation du rapport des charges et des recettes prévisibles pour l’année 2023.

Si ces élus n’ont pas la majorité, leur réaction en a surpris plus ! "Ils ont un peu vite oublié la saison feux de forêt. Aujourd’hui, tous les départements de la façade méditerranéenne connaissent la même situation." Cette année, la saison feux de forêt courant de juin à fin août a vu éclater plus de 1 700 feux dans le département, brûlant 2 000 hectares de surface. À tire de comparaison, c’est bien plus qu’en 2021 avec 892 feux et 267 hectares brûlés. Pour lutter contre ces incendies, il aura fallu 57 000 heures de travail contre 11 000 l’an dernier, et 44 000 en 2019, année du terrible incendie de Générac.

"Le Sdis doit faire des économies"

Plusieurs fois dans l’été, l’intégralité des pompiers gardois a été mobilisée sur le terrain. "S’il s’était passé quelque chose à ce moment-là, nous n’aurions pas pu intervenir", avait alerté le directeur du Sdis, Jean-Michel Langlais. En septembre, une manifestation du syndicat Sud a débouché sur l’embauche de 50 agents d’ici 2028. Présent lors de cette manifestation, l’élu nîmois et conseiller départemental Richard Tibérino a voté contre une hausse des cotisations communales. Sa collègue Valérie Meunier, élue d’Alès, explique : "Nous ne sommes pas contre les pompiers mais nous demandons que le SDIS fasse des économies !".

À Caissargues, le maire Olivier Fabregoul est en colère : "Avec l’explosion de la facture énergétique, les communes doivent faire des économies partout ! Moi, j’en ai marre de subir les augmentations des autres. Ma contribution communale pour les pompiers est déjà passée l’an dernier de 85 000 € à 120 000 € ! Cette histoire menace sérieusement nos projets, comme notre nouvelle école…". En réponse, le SDIS a quelques arguments : "Nous subissons aussi des augmentations avec le point d’indice qui régule les salaires, les vacations et les carburants…". La position des élus irrite aussi le syndicat Sud et son représentant Nicolas Nadal : "Nous sommes excédés par ces doubles discours ! Oui la sécurité a un coût qui ne cesse d’augmenter, de surcroît avec le changement climatique !"

La préfète présente lors du prochain CA

Le prochain conseil d’administration du SDIS, qui devra entériner cette hausse, se tiendra le 7 décembre en présence de la préfète du Gard. Aujourd’hui, le SDIS compte 701 pompiers professionnels, 2 700 volontaires et 150 personnels administratifs et techniques. Le prochain budget 2023 devrait tourner autour des 85 M€, dont 50 M€ financés par le conseil départemental au titre de sa subvention de fonctionnement, et 5 M€ en investissement. À noter que le Département a voté, hier matin, une enveloppe de 3 M€ supplémentaires pour permettre aux pompiers de clôturer l’année.

Coralie Mollaret

Gard

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio

Connectez-vous


Déjà abonné ?
Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n’avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

J'y vais