Lundi matin, lors de la réunion de la majorité du Conseil départemental, le sénateur Denis Bouad a fait une annonce. Même deux. La première a fait l’effet d’une bombe : il ne sera pas candidat à sa succession au Sénat en septembre prochain. Les sénatoriales de 2026 doivent en effet renouveler de nombreux sièges, dont ceux du Gard. Alors que le socialiste pouvait s’appuyer sur une assise plus confortable après les municipales et la victoire de la gauche à Nîmes, il semble s’écarter du jeu politique. Pour mieux y revenir ? C’est sa deuxième prise de parole. Elle concerne les prochaines départementales en 2028. Denis Bouad a alerté les élus : « il y a un danger énorme devant nous ». Un éléphant dans la pièce qui s’appelle le Rassemblement national. De nombreux cantons ont basculé lors des municipales et l’extrême droite n’est plus seulement aux portes du pouvoir départemental : elle les a déjà entrouvertes. Avec six députés à l’Assemblée nationale, un député européen et une première place à Nîmes au premier tour des municipales, le RN s’installe durablement. En embuscade à Alès, victorieux à Beaucaire, Vauvert ou encore Bagnols, il progresse. Sans compter les territoires dans lesquels la droite l’a emporté en mêlant ses voix à celles du RN. Son ambition — la seule aujourd’hui — ressemble à un combat de fin de parcours : lutter contre les extrêmes en proposant un autre chemin, fondé sur un certain réalisme politique. Mais sa colère de lundi matin a-t-elle été prise au sérieux ? Son entourage le laisse entendre depuis 48 heures : il aurait pris cette décision sous le coup de l’émotion, plus que d’une réflexion mûrie. Pas sûr. Si Denis Bouad s’engageait pour un nouveau mandat au Palais du Luxembourg, il en sortirait à plus de 80 ans. Revendiquant un parcours au service de l’intérêt général, il assure ne pas être un « professionnel de la politique ». Se mettre en retrait n’empêchera pas son investissement pour conserver le siège à la gauche — voire en obtenir un second. Peut-être pour Cathy Chaulet, vice-présidente communiste du Conseil départemental du Gard et nouvelle maire de Saint-Privat-de-Champclos, qui pourrait viser la deuxième place sur une liste d’union de la gauche. Une condition jugée indispensable à la victoire par Denis Bouad. Mais qui en tête de liste ? Deux socialistes sont officiellement en lice : Alexandre Pissas, maire de Tresques et président du SDIS, et Fabrice Verdier, président du Pays d’Uzès et premier adjoint du centriste Jean-Luc Chapon. Si l’un ou l’autre n’est pas choisi, une liste dissidente pourrait-elle émerger à gauche ? Les candidatures au Parti socialiste sont ouvertes jusqu’au 11 mai prochain. Dans un contexte potentiellement explosif, Denis Bouad pourrait-il finalement se résoudre à revenir dans la course ? Et si, finalement, une socialiste prenait la tête de liste, comme le prévoit la circulaire nationale du PS en cas de retrait du sénateur sortant ? Elles sont quatre, encartées au PS, en capacité de se présenter. Parmi elles, Françoise Laurent-Perrigot, présidente du Département. Rien ne dit donc que celle qui a remplacé Denis Bouad, il y a six ans ne pourrait pas, à son tour, lui rendre le perchoir départemental. Dans un paysage politique qui se tend, le temps des hésitations devient un luxe.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 06.05.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Sénatoriales : Denis Bouad pourrait renoncer et rebattre les cartes
Denis Bouad au Sénat
- Photo DRLe sénateur socialiste envisage de ne pas se représenter en 2026 et appelle la gauche à l’unité face à un Rassemblement national en progression.
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Abdel Samari